En bref

Après la fermeture du projet de Dogdoré en juillet 2010, marquant notre départ de l'est du pays, nos activités se sont réorientées autour de deux axes.

D'un côté, un projet de prise en charge du paludisme, comprenant un volet de recherche opérationnelle, a ouvert à Moïssala, dans le sud du pays, en juillet 2010.

De l'autre, nos équipes ont répondu, tout au long de l'année 2010 et au cours des premiers mois de 2011, à différentes urgences : méningite, rougeole, choléra et malnutrition.

Dépenses 2010 : 7 926 000
Financements
: 88 % privés, 12 % institutionnels
Équipe : 33 internationaux et 251 nationaux
Autres sections présentes :  MSF Suisse et MSF Hollande

Contexte

Touché en 2010 par une crise alimentaire et nutritionnelle, mais aussi par des épidémies de méningite, rougeole et choléra et d'importantes inondations, le pays continue de faire face à des besoins médicaux importants. Les faibles densités de population et l'état défaillant des infrastructures dans certaines régions compliquent davantage la mise en œuvre des activités de secours. De plus, en mai 2011, plus de 40 000 migrants tchadiens et réfugiés, fuyant les combats en cours en Libye, affluent dans le Nord du pays.

Sur le plan politique, l'accord de paix entre Tchad et Soudan signé en févier 2010 marque, entre autres, la fin du soutien des deux pays à leurs rebellions respectives. Cet accord a également mené à la création d'une force mixte tchado-soudanaise en charge de la sécurisation des zones frontalières entre les deux pays et au départ du contingent militaire de la MINURCAT (Mission des Nations Unies en RCA et au Tchad), fin 2010. Malgré ces évolutions, la situation sécuritaire demeure précaire dans l'Est. Actes de banditisme, braquages, prises d'otages restent fréquents, réduisant aussi l'accès pour les acteurs de l'aide aux quelques 225 000 réfugiés soudanais et aux 171 000 déplacés tchadiens toujours présents dans la région.

Au printemps 2011, les élections législatives et présidentielles, boycottées par les principaux partis d'opposition, confortent le pouvoir du président Idriss Itno Déby, qui entame son quatrième mandat présidentiel, et de son parti qui dispose d'une large majorité parlementaire.

Projets

Fermeture du projet de Dogdoré

En juillet 2006, MSF est intervenue à Dogdoré, dans l'Est du pays, pour fournir des consultations externes, des soins hospitaliers, un soutien à la maternité et la prise en charge de la malnutrition infantile aux quelques 27 000 déplacés et 4 000 résidents de la ville.

L'augmentation, au cours des dernières années, des actes de violence dans la région, et l'impossibilité de maintenir la présence d'une équipe médicale internationale ou nationale à Dogdoré, a mené en juillet 2010 à la décision de fermer le projet. Les activités de consultations externes et d'hospitalisation ont été assurées jusqu'à la fin de l'année 2010 par les autorités sanitaires tchadiennes, avec l'appui de MSF.

Au cours des 6 premiers mois de l'année, plus de 12 000 consultations ont été réalisées et 430 patients ont bénéficié de soins hospitaliers dans le projet.


Projet de prise en charge et recherche opérationnelle sur le paludisme à Moïssala

Le paludisme est endémique dans le district de Moïssala, au Sud du pays. Et entre juin et novembre, le nombre de cas peut être multiplié par 5. Dans ce district de 233 000 habitants, les soins de santé sont payants, et les traitements à base d'artémisinine ne sont pas disponibles.

En juillet 2010, MSF a démarré une intervention, avec le double objectif d'assurer l'accès à un traitement efficace pour les patients et d'explorer des modes opératoires capables de réduire le nombre de cas sévères de la maladie.

Pour cela, à la prise en charge ambulatoire et hospitalière dans 5 centres de santé du district et dans l'hôpital de la ville de Moïssala s'associent le dépistage et le traitement précoce des cas de paludisme par du personnel non-médical formé par MSF, dans 3 autres aires de santé.

Au cours des six premiers mois du projet, plus de 35 000 cas de paludisme ont été soignés, dont un tiers par du personnel non-médical. A l'hôpital de Moïssala, où MSF a mis en place une unité de traitement de 50 lits, plus de 1 300 hospitalisations ont également été effectuées.
En 2011, l'administration d'un traitement préventif intermittent aux enfants en base âge est à l'étude, afin de réduire l'incidence de la maladie chez cette population vulnérable.

Réponse aux urgences

  • Epidémies de méningite

Le Tchad est régulièrement touché par des épidémies de méningite, qui se déclarent entre décembre et juin, en particulier dans le Sud du pays. En mars 2010, lors d'une épidémie dans les régions du Logoné Oriental et du Tandjile, MSF a vacciné plus de 220 000 personnes et pris en charge près de 1 300 cas.

En 2011, une nouvelle épidémie s'est déclarée dans les régions du Logoné Oriental et du Mandoul. MSF est à nouveau intervenue pour aider le système de santé à soigner les cas, et a organisé une campagne de vaccination qui a permis d'immuniser près de 500 000 personnes contre la maladie.

  • Rougeole et malnutrition

Fin mars 2010, une épidémie de rougeole s'est déclarée dans la capitale, N'Djamena. MSF est intervenue pour prendre en charge plus de 1 000 cas, dont 400 en hospitalisation. Une campagne de vaccination à destination de près de 300 000 enfants a également été organisée.

Cette intervention a également permis de dépister un nombre important de cas de malnutrition. En 2010 le pays a en effet été touché, comme les autres pays de la région, par une crise alimentaire et nutritionnelle importante. Une enquête réalisée par Epicentre au mois d'août à N'Djamena estimait à 13% le taux de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de 5 ans, dont plus de 3% de cas sévères. Des évaluations menées dans d'autres régions de l'ouest ont également mis en avant des taux de malnutrition aiguë sévère allant jusqu'à 10%. MSF a mis en place 7 programmes nutritionnels à N'Djamena et dans les régions du Batha, du Guéra et du Chari Baguirmi. Entre mars et novembre, près de 13 000 enfants ont pu être soignés, dont plus de 1 000 en hospitalisation.

Début 2011, une nouvelle campagne de vaccination contre la rougeole a été organisée dans les régions du Logoné Oriental et du Mandoul. Près de 400 000 enfants ont pu être vaccinés.

  • Choléra

A deux reprises, fin 2010 et début 2011, les équipes sont intervenues pour répondre à une flambée de cas de choléra dans l'ouest du pays. Entre novembre et janvier 2010, 1 295 cas, dont plus de 800 sévères, ont été traités dans 3 hôpitaux de la ville de N'Djamena, ainsi qu'à Bongor et Mandelia.

En 2011, des cas ont été rapportés dès les premiers mois de l'année. En avril, MSF est intervenue à nouveau dans deux hôpitaux de N'Djamena. Au cours des 3 premières semaines d'activité, plus de 700 cas ont été soignés.