En bref

L’action de MSF au Tchad s’articule autour de deux axes. Le programme en cours à Moïssala, dans le sud du pays, vise à réduire la mortalité liée au paludisme et à renforcer les activités de vaccination. En parallèle, les équipes de MSF continuent de suivre de près la situation sanitaire dans le pays et de répondre aux urgences si nécessaire. MSF est ainsi intervenue auprès des réfugiés du Darfour à Tissi et Goz Beida. Début 2014, MSF a également débuté une opération pour apporter une assistance aux réfugiés centrafricains dans le sud du pays. 

MSF est présente au Tchad depuis 1984.

Dépenses 2013 : 3 699 000 €
Financement : 9 % de fonds institutionnels et 91 % de fonds privés
Equipe : 20 expatriés et 127 locaux
Autres sections MSF présentes : sections suisse et hollandaise

Dossier Urgence Sahel

Dossier Urgence Sahel

Ce dossier rassemble les articles, vidéos, publications concernant la crise nutritionnelle frappant la région du Sahel.

Contexte

On compte au Tchad moins d’un professionnel de santé qualifié pour 1 500 habitants et moins d’un médecin pour 23 000 personnes (alors que les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sont de 1 médecin pour 10 000 habitants). Les taux de mortalité infanto-juvénile et maternelle demeurent très élevés. Selon l’EDST II (Deuxième Enquête Démographique et de Santé), le Tchad a une mortalité infantile de 102 ‰, une mortalité infanto-juvénile de 191 ‰, et une forte mortalité maternelle s’élevant 1 099 décès pour cent mille naissances vivantes.

MSF est l’un des principaux acteurs d’urgence au Tchad. De nombreuses organisations humanitaires sont présentes dans le pays (autour de 40 à N’Djamena, la capitale) mais beaucoup œuvrent dans une vision de long terme et les réponses apportées aux problématiques humanitaires d’urgence sont rares.

Le paludisme représente la première cause de morbidité parmi la population et la première cause de décès pour les enfants. Malnutrition mais aussi rougeole, méningite, poliomyélite et coqueluche continuent également de sévir dans le pays.

Malgré une relative stabilité interne, tant sur le plan politique que militaire, le Tchad continue d’être tributaire de la situation sécuritaire dans les pays voisins, et est affecté par le conflit en République centrafricaine, par l’instabilité dans le nord du Nigeria et au Darfour voisin, ou encore par l’instabilité en Libye. En 2014, le pays de nouveau face à un large afflux de réfugiés en provenance de la République centrafricaine.

Projets

Prévention et prise en charge du paludisme à Moïssala

Ouvert en août 2010, le programme de Moïssala vise à lutter contre le paludisme, principale cause de morbidité et de mortalité dans la région, et à renforcer les activités de vaccination de routine. Quand l’accès à des traitements efficaces n’est que rarement assuré et que les villages se trouvent parfois à plusieurs heures de marche du centre de santé le plus proche, il est essentiel d’amener des soins performants au plus près des patients et de dépister précocement les cas de paludisme pour éviter les complications.

Pendant la période de haute transmission de la maladie, quand le nombre de cas peut être multiplié par dix, MSF déploie plusieurs dizaines d’« agents palu » dans les villages : des personnels non-médicaux, formés par MSF à l’utilisation des tests de diagnostic rapide (TDR) et à l’administration des traitements à base d’artémisinine. Plus de 33 000 enfants ont ainsi été soignés en 2013.

MSF a également soutenu dix-huit centres de santé du district, en assurant la gratuité des soins pour le paludisme, pour les enfants et les femmes enceintes. Les cas sévères ont été transférés vers une unité d’hospitalisation au sein de l’hôpital de Moïssala, dont la capacité atteint plus de 80 lits pendant le pic annuel. 2 526 enfants y ont été hospitalisés en 2013.

Enfin, ce programme innovant comprend également des mesures préventives (la chimio-prévention du paludisme saisonnier, CPS). En 2012, MSF a introduit - en collaboration avec le ministère tchadien de la Santé - un traitement antipaludéen à but préventif, pendant la période de pic de juillet à octobre, à destination des enfants de 3 mois à 5 ans. Les équipes ont rapidement enregistré une baisse de 78 % de cas de paludisme simple et de 67 % de cas présentant des formes sévères de la maladie. En 2013, MSF compte étendre ce programme préventif à 33 000 enfants. Afin de lutter contre les autres pathologies de la jeune enfance, MSF participe également  au renforcement des capacités de gestion des activités de vaccination de routine des districts de Moissala et Bouna.

Réponse aux Urgences

  • Afflux de réfugiés soudanais et de rapatriés tchadiens à Tissi dans l’est du pays
     

De violents combats entre plusieurs communautés du Darfour ont provoqué le déplacement de plus de 50 000 personnes selon le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies, le plus important mouvement de populations observé dans cette région depuis 2006. MSF s’est rendue auprès d’eux à la fin du mois de mars 2013 pour évaluer leurs besoins médicaux, et a démarré fin avril une intervention d’urgence. L’équipe a notamment assuré la prise en charge médicale et pédiatrique des femmes et des enfants, l’installation d’une unité d’observation et d’un système de référencement des cas nécessitant une hospitalisation, la distribution de biens de première nécessité (moustiquaires, savons, jerricans et couvertures), le forage de puits et le rattrapage vaccinal contre la rougeole. Au total, 4 149 consultations ont été organisées, 67 personnes référées vers un hôpital et 599 enfants ont été vaccinés contre la rougeole.

  • Assistance aux refugiés et rapatriés de République centrafricaine
     

Depuis fin décembre 2013, le Tchad a vu affluer plus de 97 600 personnes fuyant les violences en République centrafricaine. En mai 2014, plus de 58 000 d’entre elles se trouvaient dans le sud du Tchad où MSF a lancé des opérations d’urgence à Mbitoye, Goré et Sido. En février, sur le site de transit de Mbitoye, MSF a mené une campagne de vaccination contre la rougeole (4 572 enfants vaccinés), la méningite (6 332 enfants et adultes) et la polio (2 204 enfants) et donné près de 90 consultations par jour jusque fin mars lorsque la plupart des réfugiés ont été réinstallés sur d’autres sites. A Gore, MSF a ouvert à la mi-avril un hôpital de 10 lits et fait en avril une campagne de vaccination contre la méningite (19 302 personnes de moins de 29 ans). MSF a aussi construit 70 latrines et 70 douches sur le site de Danamadja où sont transférés les réfugiés de Goré et y installe des réservoirs à eau.

A Sido, un site regroupant près de 19 000 personnes, MSF intervient depuis le 10 février dans un centre de santé et dans un hôpital de 10 lits. Une campagne de vaccination a été organisée en mars contre la rougeole (14 643 enfants), la méningite (18 269 enfants et adultes) et la polio (8 731 enfants).

MSF a en outre distribué des biens de première nécessité sur ces sites d’intervention à 3 647 familles et continue à distribuer des bâches en plastique aux nouveaux arrivants. Mais les besoins restaient très importants, en termes de nourriture, d’abris et de latrines.

Au total, sur les 3 sites de Mbitoye, Goré et Sido, 12 724 consultations médicales ont été données entre février et mai 2014.