En bref

L’action de MSF au Tchad s’articule autour de deux axes. Le programme en cours à Moïssala, dans le sud du pays, vise à réduire la mortalité liée au paludisme et à renforcer les activités de vaccination.

Par ailleurs, MSF continue de répondre aux urgences. En 2012, les équipes ont ainsi répondu à une épidémie de méningite dans le sud du Tchad, puis à une crise nutritionnelle dans le centre du pays et à des inondations à Maro.

Début 2013, MSF est également intervenu pour vacciner une partie de la population du District de Goz Beida contre une épidémie de fièvre jaune et en soutien aux populations ayant fui le Soudan pour se réfugier dans l’est du pays.

Dépenses 2012 : 4 346 000 €
Financement : 16 % de fonds institutionnels et 84 % de fonds privés
Equipe :19 expatriés et 192 locaux
Autres sections MSF présentes : sections suisse et hollandaise

Dossier Urgence Sahel

Dossier Urgence Sahel

Ce dossier rassemble les articles, vidéos, publications concernant la crise nutritionnelle frappant la région du Sahel.

Contexte

Au Tchad, le paludisme représente la première cause de morbidité parmi la population et la première cause de décès pour les enfants. Malnutrition mais aussi rougeole, méningite, poliomyélite et coqueluche continuent également de sévir dans le pays.

Malgré une relative stabilité interne, tant sur le plan politique que militaire, le Tchad continue d’être tributaire de la situation sécuritaire dans les pays voisins, affectée par le renversement de pouvoir en République centrafricaine (RCA), par l’instabilité au nord du Nigeria et au Darfour voisin ou encore par la chute du régime de Kadhafi en Libye.

En 2013, la menace pourrait également résulter de la participation du Tchad à l’intervention militaire française menée au Mali, en raison de la présence de groupes islamistes armés, très actifs dans le nord du Nigeria.

En ce début d’année 2013, c’est surtout à l’est que la situation se détériore rapidement, avec l’afflux en quelques semaines de plus de 50 000 personnes ayant fui les combats opposant plusieurs communautés du Darfour et l’intensification des affrontements entre groupes rebelles et forces gouvernementales.

Projets

Paludisme

Ouvert en août 2010, le programme de Moïssala vise à lutter contre le paludisme, principale cause de morbidité et de mortalité dans la région, et à renforcer les activités de vaccination de routine. Quand l’accès à des traitements efficaces n’est que rarement assuré et que les villages se trouvent parfois à plusieurs heures de marche du centre de santé le plus proche, il est essentiel d’amener des soins performants au plus près des patients et de dépister précocement les cas de paludisme pour éviter les complications.

Pendant la période de haute transmission de la maladie, quand le nombre de cas peut être multiplié par dix, MSF déploie plusieurs dizaines d’« agents palu » dans les villages : des personnels non-médicaux, formés par MSF à l’utilisation des tests de diagnostic rapide (TDR) et à l’administration des traitements à base d’artémisinine. Plus de 38 000 enfants ont ainsi été soignés en 2012.

MSF a soutenu également huit centres de santé du district, en assurant la gratuité des soins pour le paludisme, pour les enfants et les femmes enceintes. Les cas sévères ont été transférés vers une unité d’hospitalisation au sein de l’hôpital de Moïssala, dont la capacité atteint plus de 80 lits pendant le pic annuel. 2 100 enfants y ont été hospitalisés en 2012.

Enfin, le programme s’étoffe avec des mesures préventives (la chimio prévention du paludisme saisonnier : CPS). En 2012, MSF a introduit - en collaboration avec le ministère tchadien de la Santé - un traitement antipaludéen à but préventif, pendant la période de pic de juillet à octobre, à destination de 10 000 enfants de moins de 5 ans. Six semaines après le début du programme, les équipes ont enregistré une baisse de 78 % de cas de paludisme simple et de 67 % de cas présentant des formes sévères de la maladie. En 2013, MSF compte étendre ce programme préventif à 13 aires de santé, soit environ 41 000 enfants. Afin de lutter contre les autres pathologies de la jeune enfance, MSF participe également en 2013 au renforcement des capacités de gestion des activités de vaccination de routine des districts de Moissala et Bouna, et dans le district de Bouna.

Urgences

  • Epidémie de Méningite

En avril 2012, MSF a répondu à une épidémie de méningite survenue dans la région du Mandoul (Moissala, Bedjondo) en appui au ministère tchadien de la Santé publique, en développant plusieurs volets : le renforcement de la surveillance épidémiologique ; la prise en charge de plus de 650 patients ; la vaccination de quelque 180 000 personnes âgées de 1 an à 29 ans avec le vaccin MeningoA conjugué.

  • Crise nutritionnelle

A Yao, dans la région du Batha, où des taux de malnutrition aiguë allant jusqu’à 20 % ont été relevés, MSF a mené de mars à septembre 2012 un projet nutritionnel d’urgence. 1 549 enfants malnutris aigus sévères ont été admis en ambulatoire et 258 enfants avec complications au CNTH (Centre Nutritionnel Thérapeutique Hospitalisé), un résultat bien supérieur à celui de la dernière intervention de la section française de MSF dans le Fittri en 2010 (661 enfants de moins de 5 ans).

  • Inondations dans le camp de Maro, dans le sud du pays

Près de 20 000 réfugiés en provenance de Centrafrique (RCA) vivent depuis plusieurs années dans le camp de Maro, dans la région du Moyen-Chari. En octobre 2012, de très fortes pluies ont inondé le camp et les réfugiés ont dû être relocalisés. MSF leur a apporté une assistance médicale et logistique jusqu’en février 2013 : 8 000 consultations médicales, construction de 100 latrines, distribution d’eau potable, de couvertures, de moustiquaires, de jerrycans et de savons à près de 4 000 familles.

  • Epidémie de fièvre jaune

Fin février 2013, une épidémie de fièvre jaune a éclaté au Darfour de l’autre côté de la frontière, amenant quelques cas positifs et surtout un risque élevé d’épidémie à l’est du Tchad. Les équipes de MSF sont intervenues en urgence pour vacciner une partie de la population du District de Goz Beida, soit environ 180 000 personnes du 22 février au 5 mars 2013, et 274 consultations externes ont pu être réalisées en même temps que la vaccination.

  • Afflux de réfugiés soudanais et de rapatriés tchadiens à Tissi dans l’est du pays

De violents combats entre plusieurs communautés du Darfour ont provoqué le déplacement de plus de 50 000 personnes selon le HCR, le plus important mouvement de populations observé dans cette région depuis 2006. MSF s’est rendu auprès d’eux à la fin du mois de mars 2013 pour évaluer leurs besoins médicaux, et a démarré fin avril une intervention d’urgence. L’équipe assure notamment la prise en charge médicale et pédiatrique des femmes et des enfants, l’installation d’une unité d’observation et d’un système de référencement des cas nécessitant une hospitalisation, la distribution de biens de première nécessité (moustiquaires, savons, jerricans et couvertures), le forages de puits et le rattrapage vaccinal contre la rougeole.