En bref

Dépenses 2014 : 5 948 000 €
Financement institutionnels : 1 176 000 € (dont 813 000 € d'EXHO (Union Européenne) et 363 000 € du Gouvernement de Suède)
Equipe : 32 internationaux et 170 nationaux
Autres sections MSF présentes : section hollandaise et section suisse

Dossier Urgence Sahel

Dossier Urgence Sahel

Ce dossier rassemble les articles, vidéos, publications concernant la crise nutritionnelle frappant la région du Sahel.

Contexte

La population tchadienne reste l’une des plus pauvres de la planète. Le pays se classe 184ème sur 186 pays dans le classement IDH 2013.On compte au Tchad moins d’un professionnel de santé qualifié pour 1 500 habitants, moins d’un médecin pour 23 000 personnes (norme OMS : 1/10 000).

Aussi, les taux de mortalité infanto-juvénile et maternelle demeurent très élevés. Selon l’EDST II (étude démographique et de santé Tchad, 2004, réalisé par l’INSEED), le Tchad a une mortalité infantile de 102 pour mille, une mortalité infanto-juvénile de 191 pour mille et une forte mortalité maternelle de 1 099 pour cent mille naissances vivantes.

Ces déficits structurels et internes au Tchad s’ajoutent à l’impact des conflits  présents dans les pays limitrophes avec des potentiels déplacements de populations, relevant les risques épidémiques à un niveau important (choléra, rougeole, fièvre jaune, méningite notamment).

MSF est l’un des principaux acteurs d’urgence au Tchad. De nombreuses organisations humanitaires internationales sont présentes au Tchad mais la majorité œuvre sur des projets de long terme et les réponses apportées aux problématiques humanitaires d’urgence sont rares.

Projets

MOISSALA

Le paludisme est la première cause de mortalité des enfants de moins de 5 ans dans les districts de Moissala et de Bouna dans la province de Mandoul au sud du pays. Le Ministère de la Santé Publique (MSP) est soutenu par le Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme en matière d’approvisionnement en  médicaments. On constate cependant de nombreux problèmes de ruptures (difficultés logistiques/ détournements) et un manque de capacité au niveau du MSP (manque de personnel, structures pas adaptées) pour prendre en charge les enfants durant le pic saisonnier (de juin à septembre). Depuis août 2010, MSF gère un programme de prévention et de prise en charge des cas de paludisme chez l’enfant dans ces districts.Les cas simples sont identifiés et traités soit par des agents de santé communautaires soit dans les centres de santé (CdS). Les cas sévères sont référés vers l’hôpital de Moïssala où MSF gère une unité spécialisée dans la prise en charge des cas de paludisme graves durant la haute saison épidémiologique.

Depuis 2012, MSF a introduit la Chimio-Prophylaxie Saisonnière (CPS) dans les zones les plus isolées afin de réduire le nombre et la gravité des cas de paludisme. Nous contribuons également à améliorer la couverture vaccinale des enfants et des femmes enceintes en soutenant le Programme Elargi de Vaccination (PEV). MSF apporte un support au MSP en termes d’identification, de confirmation et de prise en charge des cas de méningite. Dans le détail, les activités se déclinent en trois volets :

  • Activités Externes : support au MSP dans le cadre de la prise en charge des cas de paludisme simple chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes dans les 19 Centres de Santé (Cds) du district de Moïssala, référence des cas sévères vers le service pédiatrique de l’hôpital de district de Moïssala. Renfort RH de juin à novembre afin de faire face à l’importante charge de travail durant le pic.Appui au personnel MSP des districts de Moïssala et Bouna (24 CdS) dans le cadre de la surveillance méningite et du PEV (routine + rattrapage), sensibilisation, formation, primes.
  • CPS (Chimio-prophylaxie saisonnière) : Activité préventive sur 13 Zones de Responsabilités (ZR) des districts de Moïssala et Bouna pour les enfants de 3 mois à 5 ans pendant les 4 mois du pic de paludisme de juillet à octobre.
  • Hospitalisation :Support au MSP dans le cadre de la prise en charge des cas de paludisme sévère chez les enfants de moins de 15 ans et ouverture d’une unité spécialisée de 80 lits pendant le pic saisonnier.
     

En 2014, les activités de prévention et de prise en charge des cas de paludisme se sont poursuivies dans les districts de Bouna et Moissala. MSF a maintenu son support au PEV et au dépistage et traitement des cas de méningite. Plus de 68 000 cas de paludisme ont été traités en ambulatoire et près de 2 000 admis en hospitalisation. En parallèle, lors des activités CPS plus 68 442 traitements ont été distribués lors de la première distribution, 76 327 lors de la seconde, 80 868 lors de la troisième et 85 756 lors de la quatrième et dernière distribution.

REPONSE AUX URGENCES – PUTCH (POOL D'URGENCE TCHAD)

La récurrence des épidémies (méningite, rougeole choléra), la fragilité périodique de la sécurité alimentaire dans beaucoup de régions du Tchad ainsi que l’instabilité relative des pays voisins (RCA / Soudan) qui ont entraîné d’importants mouvements de réfugiés dans le passé, sont les trois raisons principales d’existence et d’intervention pour le pool d’urgence au Tchad. Le système de santé n’a pour le moment pas les moyens adaptés (nombre et compétence du personnel, médicament et matériel médical) pour faire face aux urgences. De plus, le système de surveillance épidémiologique, même s’il couvre une grande partie du territoire, reste de qualité inégale d’un district à l’autre. Depuis plusieurs années, cette équipe pluridisciplinaire (médical/ logistique) suit de près la situation dans le pays, mène des missions exploratoires pour évaluer les besoins et répond aux urgences identifiées.

En 2014, le PUTCH a notamment mené le démarrage de la réponse d’urgence dans le sud pour les réfugiés en provenance de RCA avec, dès le mois de janvier, des missions exploratoires et l’ouverture de l’intervention à  Bitoye, puis a Gore et Sido à partir de février. Rapidement Bitoye, Gore et Sido sont devenus des projets indépendants du PUTCH. Après le lancement des projets d’aide aux réfugiés centrafricains dans le sud du Tchad, le PUTCH a également continué d’apporter son soutien aux équipes de Gore pour la campagne de riposte rougeole chez les moins de 10 ans au mois d’août dans le district frontalier avec la RCA. Les équipes du PUTCH ont aussi organisé le deuxième passage de la CPS à Gore après la fermeture de l’activité.

Fin mars et en avril, le PUTCH a également répondu à une épidémie de rougeoledans le district de Mandelia, région du Chari Baguirmi. En effet, au 31 janvier 2014, 19 districts du Tchad ont été déclarés en épidémie, une riposte contre la rougeole a été apportée dans 15 districts au mois de février 2014. Au mois de mars, 10 nouveaux districts entrent en épidémie et le MSP demande alors le soutien de ses partenaires. C’est dans ce cadre que MSF intervient dans le district sanitaire de Mandelia. L’objectif est de contrôler l’épidémie de rougeole  à travers une campagne de riposte pour les enfants de 6 mois à 10 ans avec un soutien aux structures de santé dans la prise en charge des cas et la surveillance épidémiologique. Plus de 62 000 enfants de moins de 10 ans ont ainsi été vaccinés entre le 17 avril et le 1er mai.

REPONSE POUR LES REFUGIES EN PROVENANCE DE RCA

Avec l’accroissement des violences en RCA, de nombreux réfugiés centrafricains sont venus chercher refuge dans le sud du Tchad au premier trimestre 2014. Suite à plusieurs missions exploratoires, des projets ont été ouverts le long de la frontière. L’un à Bitoye (janvier-avril), un autre a Gore (février-octobre) et un troisième a Sido à partir de février et jusqu'à début 2015. Sido est l’un des principaux lieux d’entrée et de rassemblement pour les réfugiés qui sont encore aujourd’hui estimés à 20 000 personnes dans la zone.

A Bitoye,3686 patients ont été consultés en OPD, de février à mars, dont 1154 enfants de moins de 5 ans (soit 31,3% des consultations). Le paludisme et les infections respiratoires étaient les pathologies les plus rencontrées.Plus de 2200 enfants de 6 semaines à 59 mois ont été vaccinés contre la poliomyélite, 4500 enfants de 6 mois à 15 ans contre la rougeole, et 6300 personnes de 1 à 29 ans contre la méningite avec le vaccin méningo A conjugué.Un dépistage de la malnutrition était associé à la vaccination. 2085 enfants de 6 mois à 59 mois ont été évalués dont 1.2% était malnutris sévères.

A Goré, MSF a délivré des consultations médicales dans deux zones de responsabilité (Bethel et Komba). A Bethel les consultations ont duré de mai à août 2014. Près de 3000 patients y ont été consultés dont 58,6% étaient des enfants de moins de 5 ans. 915 enfants ont été évalués pour leur état nutritionnel, dont 3.1% avec une malnutrition aiguë sévère. Les pathologies dominantes étaient le paludisme avec 64,5%. A Komba, 600 patients ont été vus en consultations, dont 60,8% étaient les enfants de moins de 5 ans. 1,7% de malnutrition aiguë sévère a été dépistée sur 300 enfants de moins de 5 ans évalués. Le paludisme avec 86% des cas a été la principale pathologie en consultation.Les activités en hospitalistaion, elles, ont duré d’avril à août 2014. Près de 200 patients ont été hospitalisés. Le paludisme était la pathologie la plus fréquente avec près de 38% des cas. Parallèlement, 6965 enfants de 6 mois à 10 ans ont également été vaccinés contre la rougeole, et 19 302 personnes de 1 à 29 ans ont été vaccinées contre la méningite avec le  vaccin méningo A conjugué.1333 enfants ont reçu la CPS lors du premier passage et 1380 lors du deuxième passage.

A Sido, les équipes ont effectué plus de 30 600 consultations de février a décembre. Le paludisme est la pathologie qui est revenue le plus souvent en consultation avec 38% des cas. 18 321 personnes de 1 an à 29 ans ont été vaccinées contre la méningite avec le vaccin méningo A conjugué. 14 672 enfants de 6 mois à 15 vaccinés contre la rougeole et 8731 enfants de 0 à 15 ans ont été vaccinés contre la poliomyélite. Un seul passage CPS a été fait fin octobre. 4746 enfants ont alors reçu la CPS. Il n’y a pas eu d’autres passages compte tenu de la fin de la période du pic de paludisme. Parallèlement, 857 patients ont été admis en hospitalisation à Sido de février à décembre 2014.  Le paludisme avec plus de 40% des cas, était la pathologie la plus rencontrée. Venaient ensuite les infections respiratoires (10,8%), les infections urinaires (5,6%) et les infections néonatales (5,3%).

 

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Depuis les attaques de Boko Haram en janvier 2015 dans la ville de Baga et ses environs, au nord-est du Nigeria, plus de 18 000 réfugiés nigérians ont cherché abri au Tchad, dans la région du lac Tchad.

Posted by Médecins Sans Frontières on mardi 19 mai 2015