Contexte

Avec 176 millions d’habitants et un taux de croissance annuel de 2,4%, le Nigeria se place au 159 ème rang (sur un total de 177 pays) de l’indice de développement humain du PNUD. L’espérance de vie n’est que de 55 ans (données OMS 2012) et un enfant nigérian sur cinq meurt avant l’âge de 5 ans.

Les attaques menées par le groupe de l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest (ex-Boko Haram) dans le nord-est du pays sont à l’origine de plusieurs milliers de décès et de plusieurs millions de déplacés. Le conflit dure, les attaques de civils se poursuivent, les déplacés, en majorité des femmes et des enfants, rejoignent Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno, ou les rives du lac Tchad.

Faibles indicateurs de santé ; épidémies récurrentes de choléra, rougeole, méningite et Ebola en 2014 ; conflits au nord-est générant des déplacements massifs de population dans la zone ; forte mortalité maternelle… Les besoins humanitaires sont importants.

Projets

PROJET DE L'ETAT DE BORNO

Si l’insurrection menée par les ex-Boko Haram dans le nord du pays dure depuis plus de six ans, la situation s’est encore aggravée au cours des trois dernières années. Maiduguri, capitale de l’Etat, demeure sous la menace permanente d’attaques et d’attentats suicide.

En 2014, le nombre de personnes déplacées dans l’Etat de Borno a fortement augmenté pour exploser en 2015. Avec désormais plus d’un million de déplacés, dont 10% vivent dans des camps et 90% au sein des communautés qui les accueillent, Maiduguri est particulièrement concernée par cette crise. En raison de la très forte augmentation de la population, les services existants (santé, eau potable et assainissement), souvent inadaptés et peu fonctionnels, ont été davantage sollicités, sans parler des problèmes d’approvisionnement alimentaire ou encore des possibilités d’emploi. Les besoins sont très importants, tant dans les camps que dans les quartiers de la ville.

En 2015, nous avons développé nos activités médicales et entrepris une importante intervention eau/hygiène/assainissement sur neuf camps de déplacés situés dans la zone de Maiduguri. Nous avons continué à travailler dans deux centres de santé (consultations, nutrition, maternité) et dans un hôpital de 105 lits (en pédiatrique essentiellement). Fin 2015, une salle d’urgence et un programme chirurgical ont été ouverts dans un hôpital du ministère de la santé afin de prendre en charge des urgences massives, notamment suite à des attaques. Nous avons maintenu une surveillance épidémique dans 15 camps et travaillé sur l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans ces mêmes camps.

PROJET DE JAHUN - ETAT DE JIGAWA

L’Etat de Jigawa a l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés du pays (certaines estimations font état d’un rapport de 2 000 décès pour 100 000 naissances vivantes). L’espérance de vie se situe entre 50 et 55 ans et le taux de fécondité y est d’environ 6,2 enfants par femme en âge de procréer (un chiffre plus élevé que la moyenne nationale).

L’objectif du projet de Jahun est de dispenser des soins de qualité en maternité et en chirurgie des fistules, à l’hôpital de Jahun, pour les 424 709 habitants de Jahun et des zones de gouvernement local (subdivisions administratives). Avec une augmentation de l’activité (17%) par rapport à la même période l’année dernière, le projet continue à dispenser des services d’obstétrique d’urgence. En 2015, 60 à 70 % des admissions étaient des cas de grossesses à risque ou des accouchements compliqués.

PROJET DE PORT-HARCOURT - ETAT DE RIVERS

L’Etat de Rivers est un contexte violent et instable. En juin 2015, MSF a ouvert à Port Harcourt un dispensaire offrant des soins médicaux et psychologiques aux victimes de violence sexuelle. Afin d’obtenir des résultats dans l’amélioration de l’accès aux soins, l’approche de MSF est d’assurer que ces services soient disponibles et accessibles (mais aussi gratuits, confidentiels et conviviaux) et travaille aussi sur la sensibilisation et la communication afin de réduire la stigmatisation, d'augmenter la prise de conscience et d'informer les victimes potentielles de cette offre de soins. Enfin, MSF travaille en collaboration étroite avec différents acteurs (publics ou non) afin d'amplifier et d'améliorer la coordination des réponses aux violences sexuelles dans l’Etat de Rivers.

EQUIPE D’URGENCE

Urgence dans l’Etat de Borno, épidémie de choléra à Maiduguri, violences électorales à Port Harcourt : l'équipe d’urgence a été très active en 2015. En outre, une formation à la prise en charge d’urgences de masse a été organisée pour le personnel de Ministère de la Santé et le personnel MSF de l’Etat de Borno. L’objectif de cette équipe : rester en alerte afin d’apporter une réponse rapide à toute population dans le besoin (épidémie, déplacement, catastrophe naturelle, violences etc.) et continuer à offrir un soutien aux projets classiques ou d’urgence si nécessaire.