En bref

Quand le conflit éclate, MSF achemine à Benghazi médicaments et matériel médical pour soutenir les structures médicales de l'est du pays. A Misrata, MSF déploie des activités à partir de fin avril. Dans l'hôpital Abbad, une équipe fait de la chirurgie de reprise et assure une formation sur la chirurgie de guerre. Puis dans l'hôpital Kasr Ahmad, MSF traite les urgences chirurgicales avant d'assurer aussi les urgences médicales. Enfin à Benghazi, l'accent est mis sur les soins de santé mentale, au travers de formations et de débriefings, et sur les soins aux femmes enceintes.

Dépenses 2011 : 1 670 000 euros
Financements : 100 % privés
Equipes : 25 internationaux et 90 nationaux

Contexte

Dans la foulée des révolutions en Tunisie et en Egypte, des émeutes éclatent le 15 février à Benghazi, qui se transforment rapidement en insurrection contre les forces gouvernementales. Les insurgés demandent le départ du colonel Kadhafi au pouvoir depuis 41 ans tandis que des cadres du régime (diplomates, militaires et ministres) font défection.

Face à l'insurrection armée qui s'étend dans l'est de la Libye, les troupes loyalistes partent à l'assaut des villes rebelles. Des milliers de travailleurs migrants et des Libyens se réfugient en Tunisie et s'installent dans des camps. Quand les forces pro-Kadhafi menacent de prendre le contrôle de la ville de Benghazi, leur offensive est stoppée à l'issue d'un vote par les Nations Unies, le 17 mars, d'une résolution créant une zone d'exclusion aérienne et autorisant toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils.

Une coalition internationale placée sous le commandement de l'OTAN lance des frappes aériennes. Et plusieurs pays reconnaissent le Conseil national de transition, la nouvelle autorité mise en place à Benghazi. Au fil des offensives et contre-offensives menées par les deux camps, la ligne de front se déplace dans l'est, entre Ajdabyia et Brega.

En revanche, la ville de Misrata, la principale poche rebelle de l'Ouest de la Libye dont les rebelles avaient pris le contrôle au début de la crise, se trouve assiégée près de trois mois. Fin mai, la ligne de front s'éloigne du centre de Misrata mais le port reste une cible des forces loyalistes.

Projets

Donations de médicaments et de matériel médical à Benghazi

La première équipe MSF arrive le 24 février à Benghazi, dans la seule zone de Libye accessible. Les hôpitaux fonctionnent normalement. Quelque 1000 blessés ont été pris en charge durant les attaques de la ville. En revanche, il manque des médicaments et du matériel médical. MSF va en acheminer 50 tonnes, via l'Egypte. Et la nouvelle autorité en charge de la santé dans cette ville insurgée les fait parvenir dans les hôpitaux et centres de santé des villes de l'Est en fonction des besoins.

Soins de santé mentale et formations à Benghazi

Fin mai, une psychologue débute des formations pour les psychologues libyens travaillant dans un hôpital pédiatrique et des infirmières de la maternité pour les aider à détecter et prendre en charge les patients souffrant de pathologies graves causées par la guerre. Des débriefings sont organisés pour le personnel médical présent dans les hôpitaux lors des attaques de la ville. Et des formations sont dispensées au personnel donnant des consultations sur des sites de déplacés à Benghazi et dans trois structures médicales entre Benghazi et Ajdabiya.

Suivi médical des femmes enceintes

A partir de fin mai, MSF assure un soutien pour les consultations destinées aux femmes enceintes, résidentes et déplacées à Magroun, Sultan et Al Baydan.

Soins de santé secondaires à Misrata

L'équipe MSF arrive le 18 avril dans la ville assiégée de Misrata. En collaboration avec les équipes chirurgicales libyennes peu formées à la chirurgie de guerre, une équipe MSF (dont un chirurgien généraliste et un chirurgien orthopédiste) fait, à partir de fin avril, essentiellement de la chirurgie de reprise et des greffes sur d'anciens blessés dans l'hôpital d'Abbad.

Deux salles d'opération sont installées dans l'hôpital Kasr Ahmed où MSF prend en charge, à partir du 21 mai, les urgences chirurgicales. Lors d'un regain de violences, elle reçoit des blessés référés par l'hôpital Al Hikma, le grand centre de traumatologie de Misrata. Parallèlement, la capacité de l'hôpital de Kasr Ahmed est portée de 12 à 35 lits afin d'offrir un accès aux soins  dans cette zone un peu plus sécurisée où se sont réfugiés les trois-quarts de la population.

Dans ces deux  hôpitaux, MSF organise des formations à la chirurgie de guerre et aux soins infirmiers, car la plupart des infirmiers, des étrangers qui avaient fui la Libye, ont été remplacés par des volontaires, étudiants en médecine ou laborantins.

Postes médicaux avancés près de la ligne de front

Fin mai, MSF met en place un programme de soutien à des postes médicaux avancés, en charge de stabiliser des blessés avant référence sur les hôpitaux de la ville.