En bref
Au Burkina Faso, l'un des pays les plus pauvres du monde, la malnutrition est un problème persistant. Depuis 2007, Médecins Sans Frontières dirige un programme de lutte contre la malnutrition des enfants de moins de cinq ans dans deux régions au nord du pays.
L'un des principaux objectifs des programmes de Yako, dans la province de Passore, et de Titao, dans la province de Loroum, est d'offrir un traitement décentralisé de la malnutrition, c'est-à-dire d'apporter des soins au plus près des villages où vivent les patients.
Dépenses 2010 : 3 095 000 €
Financements : 64 % privés, 36 % institutionnels (ECHO, European Community Humanitarian aid Office)
Équipe : 15 internationaux et 209 nationaux
Contexte
La malnutrition est un problème récurrent au Burkina Faso. La grande majorité des 18 millions d'habitants du pays dépend de l'agriculture de subsistance pour survivre. De surcroît, la malnutrition devient particulièrement sévère pendant la « période de soudure », qui dure généralement de juillet à septembre, entre les deux principales récoltes annuelles.
En juillet 2010, des ambassades étrangères ont signalé la possibilité d'un risque accru des activités d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) au nord du Burkina Faso. Suite à cet avertissement, MSF a revu ses procédures de sécurité à Titao, mais ses programmes n'ont pas été affectés jusqu'à présent.
En février 2011, des protestations étudiantes ont éclaté dans la capitale. Dans les semaines qui ont suivi, d'autres manifestations se sont déroulées, émanant de groupes divers et pour des raisons variées. Les plus importantes ont été celles de la garde présidentielle qui a brûlé des bâtiments gouvernementaux pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail. Des couvre-feux ont été instaurés à Ouagadougou, la capitale, et les règles de sécurité y ont également été revues.
Projets
Dans les provinces de Passore et de Loroum, MSF dirige 16 centres de dépistage et de traitement de la malnutrition situés dans des postes de santé locaux. Un test simple y est utilisé qui consiste à mesurer la circonférence de leur bras pour déterminer s'ils souffrent de malnutrition, et le cas échéant, la sévérité de leur état. Le test MUAC (Mid Upper Arm Circumference) est beaucoup plus simple que la mesure du rapport poids/taille utilisée précédemment. Une formation minimale suffit et aucun calcul n'est nécessaire. Le risque d'erreur est donc réduit.
Les accompagnants des enfants diagnostiqués reçoivent des aliments thérapeutiques prêts à l'emploi (ATPE) pour une semaine, puis quittent le centre pour rentrer chez eux. Ces ATPE sont des pâtes à base d'arachide contenant tous les micronutriments, calories, protéines et vitamines dont un enfant à besoin pour se rétablir. Ce traitement de la malnutrition en « ambulatoire » - à domicile - dispensé par les parents ou les accompagnants, permet ainsi de ne pas peser sur les activités des familles à domicile ou dans les champs. Les enfants se rendent à la clinique toutes les semaines pour des visites de contrôle et reçoivent un stock hebdomadaire d'ATPE. En moyenne, 4 semaines de ce traitement suffisent pour un rétablissement complet.
Si l'enfant présente d'autres complications médicales, il est admis à l'un des deux hôpitaux fonctionnant 24 heures sur 24. S'il ne présente aucune autre complication, l'enfant reçoit des aliments thérapeutiques prêts à l'emploi.
Outre la malnutrition, le paludisme, les diarrhées et les infections respiratoires sont des pathologies courantes. Toutes ces maladies sont soignées en même temps que la malnutrition. En 2010, MSF a intensifié ses efforts pour soigner le paludisme, très courant au Burkina Faso. En raison du fort taux d'incidence de cette maladie, le soutien apporté aux centres de santé pour traiter le paludisme a bénéficié cette année à l'ensemble de la population. Entre août et décembre 2010, 74.300 cas de paludisme ont été traités, en plus d'environ 780 cas pédiatriques graves.
En 2010, MSF a également augmenté la capacité de l'hôpital de jour et de nuit de Titao de 70 lits. L'hôpital, qui compte aujourd'hui 150 lits, était surchargé pendant les précédents pics de malnutrition. Un plus grand nombre d'enfants et leurs accompagnants pourront ainsi accéder aux soins complets offerts par MSF.
Enfin, cinq centres de dépistage et de traitement ont été fermés à Yako suite à la décision, fin 2009, de remettre le programme aux agents de santé locaux, ainsi qu'à d'autres organisations.
Au total, en 2010, 11.742 enfants ont été traités dans le cadre de ce programme qui enregistre un taux de réussite d'environ 90 %. Depuis le début de ces activités en 2007, 50.940 enfants au total ont été soignés.





