En bref

Depuis mars 2012, MSF offre des soins médicaux aux réfugiés maliens dans la province de l’Oudalan (district sanitaire de Gorom-Gorom). Du fait de l’instabilité persistante dans le Nord du Mali, ces populations ne peuvent toujours pas rentrer chez elles. 

Or, hormis MSF, on ne compte aucun autre acteur médical humanitaire dans cette zone où, faute de moyens, les structures de santé locales ne peuvent prendre en charge gratuitement les réfugiés. 

MSF est présente au Burkina Faso depuis 1995.

Dépenses 2013 : 892 000 €
Financements : 100% de fonds privés 
Équipe : 8 internationaux et 53 nationaux

Dossier Urgence Sahel

Dossier Urgence Sahel

Ce dossier rassemble les articles, vidéos, publications concernant la crise nutritionnelle frappant la région du Sahel.

Contexte

Au Burkina Faso, le climat social et politique reste tendu (coût de la vie, manifestations populaires, revendications des partis d’opposition etc.). L’instabilité dans le Nord du Mali, la menace terroriste au Niger et les élections présidentielles à venir dans plusieurs pays de la région peuvent occasionner des troubles. Le banditisme, qui jusqu’à présent touchait essentiellement l’Est du territoire, gagne désormais les provinces sahéliennes du pays où le risque de kidnapping d’occidentaux persiste. 

Sur le plan sanitaire, si la prévalence de la malnutrition aigue diminue, le Burkina Faso reste confronté à d’autres problématiques : risques épidémiques (méningite, rougeole, dengue, choléra) ; 4,5 millions de cas de paludisme enregistrés chaque année, dont  la moitié concerne les moins de 5 ans ; menaces d’inondations et de déplacements de populations. Or, la plupart des ONG présentes au Burkina mènent des projets de  développement et n’ont pas les capacités, financières et opérationnelles, pour répondre aux urgences. 

Depuis février 2012, le Burkina Faso a accueilli plusieurs vagues de réfugiés maliens (selon le Haut Comissariat aux Réfugiés des Nations Unies, ils seraient 43 000 à la fin 2013). Au départ, ces populations étaient regroupées dans des camps proches de la frontière malienne, dans la province de l’Oudalan. Début 2013, du fait de la détérioration de la sécurité dans la zone sahélienne, les autorités ont décidé de relocaliser les camps où MSF intervenait (Ferrerio Dibissi et Ngatourou-niénié), vers les camps de Goudébo et Mentao situés plus à l’intérieur des terres.

Projets

Soins pour les réfugiés maliens dans la province de l’Oudalan 

Initié en mars 2012, le projet MSF dans l’Oudalan a maintenu 3 axes d’activité principaux en 2013 : un volet curatif (soins primaires et aux femmes, prise en charge nutritionnelle) ; un volet préventif (vaccination, consultations anténatales, information/éducation/sensibilisation) ; et les références des patients vers les structures hospitalières de Gorom-Gorom ou de Dori.

Mi-juillet 2013, suite à la relocalisation des camps de réfugiés, MSF a réajusté ses activités. Nous avons arrêté notre soutien au centre de santé de Gandafabou et avons initié une intervention dans le centre médical de l’aire de santé de Déou (pour les 2 000 réfugiés du camp de Déou, qui n’avaient pas accès à des soins gratuits, et les 17 000 résidents répartis sur 7 villages). Désormais, nous offrons des soins primaires et hospitaliers pour les 8 000 réfugiés des camps non-consolidés de la province de l’Oudalan (Dibissi : 4 000 personnes ; Déou : 2 000 personnes ; hors camps : 2 000 personnes), ainsi que pour les 3 600 enfants résidents de moins de 5 ans de l’aire sanitaire de Déou. 

Depuis avril 2013, deux fois par semaine, MSF mène des dispensaires mobiles dans le camp spontané de Dibissi. Les 6 200 habitants de l'aire sanitaire de Gandafabou bénéficient aussi de ces consultations (soins primaires, soutien à la vaccination et références de patients vers l'hôpital de Dori). 

En 2013, au total, 17 448 consultation ont été dispensées (27,4% pour des réfugiés et 43,3% pour des enfants résidents de moins de 5 ans), plus de 6 800 concernaient des cas de paludisme ; 341 patients ont été hospitalisés au centre médical de Déou (43,6% avaient moins de 5 ans) ; 82 patients ont été référés vers les structures hospitalières de Gorom-Gorom ou de Dori ; 1 335  consultations anténatales, 63 postnatales et 227 accouchements ont été menés ; 1 538 dépistages de la malnutrition ont été effectués, (entre janvier et juin, 73 enfants malnutris ont été admis dans notre programme nutritionnel ; 48 souffraient de malnutrition aiguë sévère, parmi eux 14 ont été hospitalisés) ; et 956 enfants ont été vaccinés (BCG, rougeole, polio, tétanos). 

En 2014, MSF continuera à améliorer l’offre de soins primaires, de qualité et gratuits, pour les réfugiés maliens de l’Oudalan, ainsi que pour les enfants de moins de 5 ans de l’aire sanitaire de Déou ; assurera une surveillance sanitaire dans les camps ; et continuera à répondre aux urgences (épidémies, afflux de populations etc.)