En bref

KATANGA

Personnel international : 7
Personnel national : 95
Nombre de projets : 1 régulier + 1 veille contextuelle et épidémiologique pour répondre aux urgences
Budget 2014 : 4 079 954 € / Budget 2015 : 2 046 050 €
Financements institutionnels 2014 : 250 000 € par AA (gouvernement allemand, jusqu’en juin 2015). 190 962 € par DANIDA
Autres centres opérationnels MSF présents au Katanga : MSF Hollande

NORD-KIVU

Personnel international : 32
Personnel national : 258
Nombre de projets : 1
Budget 2014 : 6 739 724 € / Budget 2015 : 7 655 793 €
Financements institutionnels 2014 : 0 €
Autres centres opérationnels MSF présents au Nord-Kivu : MSF Hollande et MSF Belgique

MSF est présente dans le pays depuis 1981.

WEB SéRIE "ALEX & FRED"

Alex et Fred en RDC


Alex et Fred
sont deux médecins lyonnais qui partent pour la première fois avec MSF. En 13 épisodes, ils nous racontent leur mission à Rutshuru, en RDC.

Contexte

Depuis 2011, le Katanga – province grande comme l’Espagne et comptant près de 10 millions d’habitants – est en proie aux affrontements entre Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et le groupe maï-maï indépendantiste « Bakata Katanga », ainsi qu’aux tensions entre communautés Luba et Twa. Ces affrontements engendrent des exactions à l’encontre des populations et des déplacements continus. Fin 2014, près de 600 000 personnes seraient ainsi déplacées dans la province. Le « triangle de la mort » (Pweto, Manono, Mitwaba), situé au centre-est de la province, cristallise les luttes entre groupes armés notamment pour le contrôle des ressources naturelles (cobalt, cuivre, zinc, argent, germanium et uranium).
L’insécurité et les difficultés d’accès rendent  le déploiement de l’aide humanitaire difficile, voire impossible sur certaines zones du territoire. Les difficultés d’accès aux soins sont chroniques. Les structures de Santé reçoivent très peu de subventions. Le personnel qualifié est insuffisant (1 médecin pour 10 000 habitants), très inégalement réparti (354 médecins pour 15 zones urbaines contre 226 médecins pour 52 zones rurales) et seuls 30% des effectifs sont payés. La chaîne d’approvisionnement en médicaments, matériel médical et  vaccins est défaillante. Les centrales de distribution ne fonctionnent pas ou bien avec des moyens logistiques (véhicules, carburant, ordinateurs) très limités. Les chaînes de froid sont souvent interrompues, voire inexistantes dans les structures périphériques. Les pathologies les plus fréquemment rencontrées sont liées au manque d’assainissement et d’accès à l’eau potable. Les maladies contagieuses évitables par la vaccination sont aussi fréquentes.

Le Nord Kivu reste au cœur d’enjeux politiques, économiques, ethniques et fonciers complexes que ce soit au niveau local, national ou régional. Les accords et engagements pris auprès des différents groupes ayant accepté de rendre les armes ne sont que très rarement suivis d’effets. La résolution des conflits au Nord Kivu reste, aujourd’hui encore, plus qu’incertaine. En 2014, Le contexte politique et sécuritaire s’est fortement dégradé  dans les territoires de Beni et du Lubero où l’opération « Sokola » contre les Allied Democratic Forces (ADF) a débuté en janvier. En fin d’année, la situation reste précaire et confuse. Entre octobre et  novembre 2014, près de 200 personnes ont été tuées et plusieurs dizaines d’autres blessées par des hommes armés dans des villages situés au nord de Beni. L’opération Sokola a été relancée en fin d’année dans toute la région du grand nord et avec le soutien de la brigade d’intervention de la MONUSCO. Un autre front menace dans le petit nord entre les FARDC (avec le soutien de la MONUSCO) et les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) qui ont refusé de rejoindre le processus de désarmement volontaire. Les élections à venir - régionale en 2015 et présidentielle en 2016 - représentent un risque de remobilisation des nombreux groupes armés et de regain de conflit.

Projets

KATANGA - PROJET DE KALEMIE (contrôle du choléra)

La ville de Kalémie est une zone endémique du choléra en RDC. 120 000 personnes vivent réparties dans quatre aires de santé de la ville (Kituku, Undugu, HGR et Kataki) où le taux d’attaque est élevé. Depuis 2011, MSF gère un projet multisectoriel préventif : réhabilitation partielle du réseau d’eau ; vaccination dans les zones à fort taux d’attaque ; construction de filtres à sable communautaires ou distribution de filtres intra-domiciliaire. Enfin, un soutien au Centre de Traitement des Maladies Diarrhéiques (CTMD) pour la prise en charge des cas complète le dispositif.

En 2014, 700 patients ont été admis dans le CTMD, dont 20 cas de dysenterie, avec un pic épidémique en juillet-août. La surveillance épidémiologique a été renforcée. En juillet 2014, 51 455 personnes résidant dans les deux aires de santé présentant les plus forts taux d’attaque ont été vaccinées. Des enquêtes d’efficacité vaccinale et d’immunogénicité sont en cours. Toujours en juillet, 2 619 filtres intra domiciliaires ont été distribués à 2 648 familles. Cette distribution a été effectuée dans quatre avenues du quartier de Kataki. L’utilisation et l’appropriation de ces filtres par les familles sera évalué tout au long de l’année. 7 105 mètres de tuyaux ont été posés afin de relier la station d’eau au réservoir en cours de construction. En attendant, une première connexion a été faite sur l’ancien réseau et l’approvisionnement en eau de l’aire de santé de Kituku a pu être établi. Une étude sur le réseau d’adduction secondaire est en cours d’élaboration afin d’identifier- en concertation avec la population bénéficiaire- la meilleure méthode de distribution : 8 sites ont été pré-identifiés et restent à confirmer. Enfin, 8 filtres à sable (sur les 16 prévus) ont déjà été construits sur les zones où il y a eu le plus de cas de choléra entre 2010 et 2014.

KATANGA - PROJET DE KABALO (réponse à une épidémie du paludisme)

Le territoire de Kabalo est situé dans le district du Tanganyika, au centre-nord de la province du Katanga. De 2012 à juin 2014, MSF y a répondu à une épidémie de paludisme : prise en charge des cas simples dans 9 centres de santé et des cas plus sévères et/ou compliqués à l’hôpital général de référence (HGR) de Kabalo. Nos activités se concentraient particulièrement sur les enfants âgés de moins de 5 ans. De janvier à juin 2014, 36 187 patients âgés de moins de 5 ans ont été pris en charge en ambulatoire et 1 754 enfants ont été hospitalisés ; 853 patients ont été transfusés, dont 807 étaient âgés de moins de 5 ans. Sur la même période, 1 601 enfants malnutris ont été pris en charge, parmi eux 779 cas compliqués ont dû être hospitalisés.

La fermeture de ce projet répond à une volonté de redéfinition de nos interventions sur le paludisme en contexte endémique. Une approche plus intégrée combinant mesures de prévention et mesures curative reste à définir.

KATANGA - PROJET DE KONGOLO (réponse à une augmentation des cas de paludisme et de la mortalité)

Le paludisme est endémique à Kongolo. Des pics épidémiques ont également lieu lors de la saison de pluie. Entre mars et juin 2014, MSF a répondu en urgence à une forte augmentation du nombre de cas et de la mortalité communautaire. Nous avons travaillé dans 6 centres de santé de référence (prise en charge des cas de paludisme simple et autres pathologies comme les infections respiratoires aigües, les parasitoses et les maladies diarrhéiques). Les cas plus sévères et/ou compliqués ont été pris en charge dans le service pédiatrique (50 lits) de l’hôpital général de référence (HGR) de Kongolo. Afin de désengorger ce service, une prise en charge décentralisée des cas de paludisme sévère avec de l’artésunate injectable a aussi été mise en place dans un centre de santé de référence.

Entre mars et juin 2014, 12 313 patients âgés de moins de 5 ans ont été pris en charge, en ambulatoire, pour un paludisme simple ; 1 894 enfants ont été hospitalisés, dont 1 350 pour  cause de paludisme sévère ou compliqué ; 753 patients ont été transfusés dont 703 étaient âgés de moins de 5 ans ; Enfin, 74 enfants sévèrement malnutris ont été reçus en consultation pédiatrique.

KATANGA - REPONSE AUX URGENCES A LUBUMBASHI (prise en charge cas compliqués de rougeole ; hygiène et assainissement)

Rougeole. Suite à une importante augmentation du nombre de cas sur la ville de Lubumbashi, MSF pris en charge 333 patients au sein de deux structures de soins.

Choléra. Début 2014, MSF a logistiquement répondu à une épidémie (récurrente) de choléra : assainissement au chlore des habitations de 2 775 familles ; Distribution de 7 litres d’eau par personne et par jour pendant 60 jours pour environ 2 406 personnes ; Réhabilitation de quatre puits dans la zone épicentre de l’épidémie ; Activités d’hygiène et d’assainissement communautaires dans la zone de santé de Kampemba (380 000 habitants).

NORD-KIVU - PROJET DE RUTSHURU

L’hôpital Général de Référence (HGR) de Rutshuru, soutenu depuis 2005 par MSF, est l’unique accès aux soins secondaires de ce territoire régulièrement coupé du reste de la région lors des conflits.

L’épidémie de paludisme déclarée en novembre 2013 n’a jamais connu de fin. A Rutshuru, le nombre de cas est resté élevé tout au long de l’année 2014 : 293 patients reçus chaque semaine aux urgences de l’HGR ; dont 61% avaient moins de 5 ans ; parmi eux, 80% ont dû être hospitalisés en pédiatrie (service souvent saturé, 0.6% de taux de létalité). Un pic d’admissions en pédiatrie a eu lieu en octobre et novembre avec plus de 350 admissions par semaine en pédiatrie ; 76% des cas présentaient une anémie sévère nécessitant une transfusion. Entre juillet et décembre, le service de soins intensifs a accueilli 306 patients souffrant de paludisme sévère, dont 52% avaient moins de 5 ans (52 enfants et 25% de taux de létalité rien que pour le mois d’octobre).

Plus généralement, en 2014, à l’HGR, 419 victimes de violences sexuelles ont été prises en charge ; 30 993 patients ont été reçus aux urgences ; 28 836 patients ont été admis dont 3 349 en chirurgie, 1 308 en soins intensifs et 13 923 en pédiatrie ; 8 272 actes chirurgicaux et 4 564 accouchements ont été pratiqués ; Et 360 cas de choléra ont été pris en charge.

En 2015, MSF continuera à offrir un accès aux soins de qualité à la population de Rutshuru, à répondre aux urgences et à participer activement à la surveillance épidémiologique de la zone. Cette année s’annonce comme une année de transition et de redéfinition de notre mode de fonctionnement : introduction de commissions de travail conjointes ministère de la Santé/MSF par département, redéfinition de l’accord de collaboration avec les autorités, du circuit du patient, réhabilitation et réorganisation de l’hôpital par pôle de soins. MSF s’engage pour les 5 prochaines années à accompagner l’HGR dans ce processus avant d’amorcer un désengagement, si le contexte le permet.

NORD-KIVU - PROJET DE MUGUNGA 3

En avril 2004, la fermeture des camps de déplacés autour de Goma a été annoncée pour la fin de l’année. Le gouvernement, ainsi que certaines agences humanitaires, ont défini le processus de retour des déplacés vers leurs zones d’origine. Cependant, ce processus était loin de refléter une volonté spontanée de retour de la part des déplacés.

Depuis fin 2012, MSF travaille dans le camp de Mugunga 3 où nous avions installé une structure temporaire afin de fournir un accès aux soins gratuits des populations avec possibilité de référence vers des structures hospitalières et d’assurer une surveillance épidémiologique dans le camp.

En juin 2014, la situation sécuritaire s’est stabilisée et les déplacés ont amorcé un retour vers leurs zones d’origine. La décision a alors été prise de fermer le projet en juillet 2014.

De janvier à juillet 2014, 21 113 consultations ont été dispensées ; 1 045 patients ont été référés ; 4 968 poses de pansements effectuées ; Et 212 victimes de violences sexuelles prises en charge.

NORD-KIVU - REPONSE AUX URGENCES

MSF se tient prête à répondre à toute possible dégradation de la situation (conflit ou épidémies). Les réponses aux urgences se font généralement en soutien des centres de santé existants (ressources humaines, logistiques, intrants). Le réseau d’alerte est basé sur les contacts réguliers avec les médecins chef de zone et/ou infirmiers des centres de santé qui assurent la veille épidémiologique. 

  • Décembre 2013 - mai 2014 : intervention dans la zone de santé de Birambizo, centre de santé de Kabizo, projet nutrition et support pédiatrie. 
  • Janvier - avril 2014 : alerte nutritionnelle et choléra dans la zone de santé de Kabizo, intervention depuis le centre de santé de référence de la zone. 3 795 consultations dispensées ; 426 enfants admis en pédiatrie (dont 143 en Unité Nutritionnelle de Traitement) ; Et 602 enfants admis dans le programme général de nutrition.
  • Juillet 2014 : appui pour la prise en charge de cas de choléra à Kibirizi, zone de santé de Birambizo : formation du personnel soignant (définition des cas, le protocole de prise en charge et la mise en place du circuit approprié pour la prise en charge des malades). 58 patients traités durant le temps d’intervention.

     

Blog David en RDC

Blog du terrain : David en RDC

David LauterDavid Lauter est chirurgien généraliste près de Seattle aux Etats-Unis où il exerce depuis 20 ans. Il a trois enfants adolescents et trois chats. Les premiers vivent avec lui la moitié du temps alors que ces derniers sont résidents à temps plein.

Après une première expérience avec MSF en République centrafricaine, David effectue sa deuxième mission. Il sera basé à Rutshuru en République démocratique du Congo pendant cinq semaines.

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