En bref
Au Nord-Kivu, MSF travaille à l’hôpital général de référence (HGR) de Rutshuru. Du fait d’incidents sécuritaires récurrents dans la zone de Birambizo nous avons dû fermer ce projet en avril 2012.
Dans la province du Katanga, MSF aide les déplacés par le conflit.
Depuis fin 2010, nous luttons aussi contre le choléra dans la ville de Kalemie.
Pendant la période électorale, fin 2011, MSF a pris en charge des blessés dans les provinces du Nord-Kivu et du Katanga.
Sur l’ensemble du pays, nos équipes ont répondu à des épidémies de rougeole, de paludisme et à des cas ponctuels de choléra.
Dépenses 2011 : 15 103 019 €
Financements : 100 % privés
Équipe : 70 internationaux et 496 nationaux
Autres sections présentes : sections belge, hollandaise, espagnole et suisse de MSF
Carte des activités MSF
RAPPORT D'ACTIVITES 2010
WEB SERIE "ALEX & FRED"
Alex et Fred sont deux médecins lyonnais qui partent pour la première fois avec MSF. En 13 épisodes, ils nous racontent leur mission à Rutshuru, en RDC.
Contexte
Dans l’est de la RDC, le contexte reste instable : changements d'alliances entre groupes armés, incessantes opérations militaires, banditisme et violence. Les attaques contre les civils et les ONG sont nombreuses. Viols, assassinats, enlèvements sont le quotidien de millions de personnes. L'instabilité pousse les gens à fuir et limite notre capacité à fournir des soins vitaux et gratuits. En quelques mois, la section française de MSF a subi 7 braquages, dans la région de Rutshuru, ainsi que deux enlèvements. Les autres sections MSF sont elles aussi régulièrement victimes de braquages, d’intrusions et parfois même de blessures par balles.
Alors que les besoins médicaux restent importants dans tout le pays, le manque d’investissements dans le système sanitaire se traduit par une pénurie d'infrastructures et de personnel médical compétent.
Fin 2011 a été marqué par les élections présidentielles et législatives. Le président sortant, Joseph Kabila, a été réélu mais les divisions au sein des groupes armés et les tensions intercommunautaires ont été exacerbées. En février 2012, nombre de militaires ex-CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) désertent les Forces Armées de la RDC (FARDC) pour former un nouveau groupe armé. Fin avril, les combats reprennent dans le Nord-Kivu entrainant le déplacement de milliers de personnes.
La province du Katanga connait des épidémies de choléra, rougeole et paludisme qui flambent de manière récurrente. Malgré les défaillances du système de santé et les besoins persistants dans cette région, on remarque un dysfonctionnement de l’aide au nord et un désengagement de la communauté humanitaire dans le sud.
Projets
Nord Kivu, Rutshuru – hôpital de référence (HGR)
Depuis 2005, MSF travaille avec le ministère de la Santé au sein de l’hôpital général de référence (HGR) comportant 280 lits, où elle gère les urgences médicales et chirurgicales. En 2011, plus de 14 400 patients ont été hospitalisés ; près de 41% étaient des enfants souffrant à 90% de paludisme ou de malnutrition. Plus de 5 500 interventions chirurgicales et près de 4 000 accouchements, dont 37% par césarienne, ont été effectués. Près de 600 patients séropositifs étaient pris en charge par MSF, dont 428 sous antirétroviraux. MSF a également offert une prise en charge médicale et psychologique ainsi qu’un soutien juridique, à 690 victimes de violences sexuelles. Au cours de l’année 2011, MSF a progressivement effectué une passation de responsabilité du service de maternité, mais en y maintenant des donations (médicaments et consommables) et un soutien financier. Nos ambulances couvrent les zones de Binza, Rutshuru, Birambizo, Rwanguba pour le transfert des cas graves vers Rutshuru. Depuis décembre 2010, des dispensaires mobiles ont été mis en place. Fin avril 2012, la recrudescence de la violence et des incidents sécuritaires contraignent MSF à réduire ses équipes de Rutshuru tout en maintenant ses activités à l’hôpital.
Nord Kivu, Nyanzale
Depuis 2006, MSF gère, avec le ministère de la Santé, un centre de référence (146 lits) à Nyanzale et dédié à la prise en charge des urgences médicales et nutritionnelles, ainsi qu’à l’accompagnement des victimes de violence. Suite à des incidents sécuritaires et à l’évacuation d’une partie des équipes en janvier 2011, MSF a redéfini son projet dans la zone. En 2011, le centre de santé continue de fonctionner sous l’égide du ministère de la Santé et la gratuité des soins est assurée grâce au soutien médical, financier et logistique de MSF. 36 786 consultations externes ont été menées ; 1 826 patients ont été admis en nutrition ; 1 970 à la maternité ; 1 337 hospitalisations en pédiatrie et médecine interne ; 427 cas de violences sexuelles pris en charge.
Compte tenu des besoins médicaux, une équipe se repositionne sur la zone pour appuyer deux autres structures (Kibirizi et Kabizo) en pédiatrie (consultations internes et externes), pour la prise en charge des victimes de violences sexuelles et le transfert des urgences vitales vers les centres ou hôpitaux de référence, dont Rutshuru. Suite aux incidents sécuritaires récurrents dans la zone, dont le kidnapping de deux MSF près de Nyanzalé, MSF décide de fermer le programme de la zone de Birambizo (Nyanzalé, Kibirizi et Kabizo) en avril 2012.
Katanga, Kalemie : réponse globale contre le choléra
En 2010, MSF lance un projet à long terme autour du choléra endémo-épidémique dans la ville de Kalemie. Nos équipes renforcent la surveillance épidémiologique et la prise en charge des patients au sein de l’HGR de Kalemie (plus de 1 450 patients). Les modalités de la 2ème phase du projet sont en cours (hygiène/assainissement de l’eau et vaccination).
Réponse aux urgences
- Nord-Kivu, Butembo
Début 2012, MSF est intervenue à Kinyandoni, Tongo et Marengara pour la prise en charge de cas de paludisme et de choléra.
- Katanga – Déplacements de populations
Avec l’arrivée près de Kalémie, de plus de 25 000 nouveaux déplacés (fuyant les zones de violence de part et d’autre de la frontière entre le Katanga et le Sud-Kivu), MSF décide d’intervenir – en décembre 2010 – dans 5 camps (soins, accès à l’eau et aide alimentaire). En septembre 2011, cette intervention est étendue à 2 autres camps du nord de la ville (Mutoa et Tabac-Congo). En 2011, MSF a mené plus de 25 500 consultations ambulatoires, plus de 570 hospitalisations et distribué 600 tonnes de biens alimentaires. Un centre d’hospitalisation est aussi mis en place à Tabac-Congo. Début 2012, plus de 70 % des patients hospitalisés souffrent des paludismes sévères nécessitant des transfusions. Après que Gédéon, le chef maï-maï, se soit échappé de la prison de Lubumbashi, près de 40 000 personnes ont fui les affrontements dans « le triangle de la mort » (Mitwaba, Malemba Nkulu, Pweto). En avril 2012, MSF évalue la situation en vue d’une intervention au Katanga.
- Elections 2011
A l’approche des élections présidentielles et législatives fin 2011, la situation sécuritaire dans le pays est tendue et les risques d’affrontements réels. Nos équipes se positionnent à l’HGR de Goma, à Beni, ainsi qu’à l’hôpital de Rutshuru et ses alentours, dans le Nord-Kivu. Dans le Katanga, MSF place une équipe à l’hôpital de Sendwe, à Lubumbashi.
- Epidémie de rougeole
Depuis la fin 2010, la RDC est touchée par une épidémie de rougeole. Rapidement, MSF intervient dans les provinces du Katanga et du Maniema. En août 2011, plus de 106 000 cas ont été recensés et plus de 1 100 personnes sont décédées, dont une majorité d’enfants. En septembre 2011, les activités d’urgence prennent fin. En 10 mois, toutes sections confondues, MSF a vacciné 3 millions d’enfants de moins de 15 ans et soigné environs 66 000 patients rougeoleux.
- Epidémie de paludisme
Le pic saisonnier de paludisme a débuté en septembre 2011 mais, depuis le mois de novembre, le nombre de cas a doublé et dépasse nettement le seuil habituel dans plusieurs districts du Katanga. Début janvier 2012, 11 zones sont toujours au-delà du seuil OMS. MSF intervient à Kabalo où elle soutient le service pédiatrique de l’hôpital général de la ville et prévoit d’aider 2 centres de santé à assurer la prise en charge des patients. Les équipes soignent environ 500 cas graves de paludisme par mois ; 60% ont besoin d’une transfusion. Le taux de mortalité reste très faible. L’intervention prend fin en avril 2012. Une augmentation significative des cas est rapportée par nos équipes de Rutshuru et Nyanzale ainsi que dans la zone de Tongo, au Nord-Kivu.
Blog du terrain : David en RDC
David Lauter est chirurgien généraliste près de Seattle aux Etats-Unis où il exerce depuis 20 ans. Il a trois enfants adolescents et trois chats. Les premiers vivent avec lui la moitié du temps alors que ces derniers sont résidents à temps plein.
Après une première expérience avec MSF en République centrafricaine, David effectue sa deuxième mission. Il sera basé à Rutshuru en République démocratique du Congo pendant cinq semaines.















