Projets

PROJET RUTSHURU

L’année 2016 constitue la première année du désengagement de MSF de l’hôpital de Rushturu avec la mise en place d’un accord sur le plan de développement de l’hôpital pour une gestion Ministère/MSF fonctionnelle au sein de la structure. Ce plan de développement hospitalier met l’accent sur le renforcement des formations des compétences des personnels affectés par le Ministère avec des formations décentralisées et compagnonnage. C’est aussi l’avancement du projet réhabilitation/construction de l’hôpital avec un accord de co-financement du Ministère de la Santé qui reste à honorer. L’approvisionnement en antirétroviraux et antipaludéens se fait indépendamment de MSF.

La passation de la responsabilité des services a laissé la place à un projet d’aménagement de l’hôpital de Rushturu. Sa destruction, sa reconstruction puis la réhabilitation de plusieurs bâtiments ainsi que l’aménagement de zones communes et de zones pour les accompagnants et la réhabilitation intégrale du système d’eau et d’assainissement de l’hôpital sont prévus. La construction de la nouvelle néonatalogie a été finalisée en mars 2016 et le service transféré dans les nouveaux locaux le mois suivant. La globalité de la structure sera  livrée fin 2017. 

DIAPORAMA Viols en RDC : un mal qui se répand parmi les civils

Depuis les années 90, la région du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, vit des guerres successives. Les groupes armés pratiquent pillages et viols des populations de manière systématique. Désormais, les violences sexuelles ne sont plus seulement le fait de combattants. A l’hôpital de Rutshuru, l’une des rares structures sanitaires encore sur pied dans la région, on soigne des enfants, des femmes et des hommes violés par un père, un oncle ou une voisine. L’hôpital est soutenu depuis dix ans par Médecins sans frontières, un record pour l’ONG, qui s’interroge aujourd’hui sur la pertinence de rester dans la région. Reportage de Valérie Rohart, Gwen Dubourthoumieu et Adrien Pagotto.


A retrouver sur le site du Monde.fr


PROJET GOMA

Ce projet a été ouvert fin août 2015 suite à une exploration menée dans différentes régions de la RDC. La prévalence officielle en RDC est de 1,2% en 2014, avec un très faible accès aux soins pour les populations touchées. La gratuité des soins est affichée par la loi mais les consultations demeurent payantes, ainsi que les examens biologiques. Depuis septembre 2016, le Test & Treat devait être mis en place, ce qui n’est pas le cas dans les faits.

 Le projet VIH dans la ville de Goma vient appuyer le ministère de la Santé. Cinq structures de santé sont identifiées pour avoir intégré les activités VIH.

Les équipes de MSF n’agissent pas directement mais assurent un appui organisationnel, technique et financier avec une compensation de la gratuité des soins apportés aux structures appuyées. Le projet n’a pas pour but de se substituer au système en place, mais d’amener un changement de pratiques en douceur afin d’améliorer et pérenniser la prise en charge des patients atteints du VIH. En 2016, 17 877 dépistages ont été réalisés dans les structures soutenues et 14 279 consultations réalisées. 

PROJET KALÉMIE

La ville de Kalémie est particulièrement affectée par le choléra. MSF s’est inscrite dans un projet multisectoriel préventif depuis 2011. L’approche prend en compte la réhabilitation partielle du réseau d’eau, la vaccination contre le choléra et pour les zones à fort taux d’attaque mais non couverte par l’adduction d’eau, la construction de filtres à sable communautaires ou la distribution de filtres intra-domiciliaires. Un soutien au centre de traitement des maladies diarrhéiques (CTMD) pour la prise en charge des cas complète le dispositif.

Après avoir connu quelques retards, la gestion de l’ensemble des dispositifs mis en place a été remise aux autorités compétentes au cours de l’année 2016.

Les équipes de MSF ont quitté Kalémie en mars de la même année, avant d’y retourner en juin pour un support à la prise en charge du choléra. L’augmentation des cas fait suite à une panne de la centrale électrique provoquant une coupure d’eau généralisée dans la ville. 

RIPOSTE ROUGEOLE KATANGA

La Tanganyika est une province de l’ex-Katanga. Depuis 2013, un conflit perdure entre ethnies Pygmées et Bantous amenant des déplacements fréquents de population. Au moment de l'intervention, environ 30 000 déplacés étaient soit accueillis chez l'habitant, soit regroupés dans des camps.

Les épidémies de rougeole y sont récurrentes. La dernière, en 2015, a principalement touché le Haut-Lomami. Malgré une vaccination des enfants de moins de 5 ans de la zone de santé de Nyunzu en juillet 2015 par le Ministère de la Santé et UNICEF, des cas de rougeole sont notifiés en 2016. Entre janvier et octobre, 1114 cas sont comptabilisés, pour 40 décès.

De nouveaux cas de rougeole apparaissent fin septembre.. Dans les premières semaines de l’intervention de MSF-Hollande et Suisse, 86% des cas qui se présentent n’ont pas été vaccinés, 77% des enfants ont moins de 5 ans et près de 50% sont déplacés. Les équipes de MSF-Hollande et MSF-Suisse interviennent avant de demander à OCP de prendre le relai en novembre.

Par ailleurs, Première Urgence internationale (PUI) intervient dans la zone de santé pour prodiguer les soins de santé primaire par un soutien aux différentes structures de santé.

Pour contenir l’épidémie, MSF France établit des cibles de vaccination : 89 000 enfants âgés de 6 mois à 10 ans de la zone de santé sur 7 semaines. Un centre de traitement de la rougeole de 18 lits a été ouvert. 

BASE ARRIERE DE LUBUMBASHI

Lubumbashi est la ville natale de l’ancien gouverneur du Katanga, candidat aux élections présidentielles. La ville est considérée comme potentiellement exposée à des soulèvements dans le contexte de la fin de mandat du président Kabila. Un renfort des forces armées a été observé au cours de l’année 2016 et les tentatives de manifestations ont été dispersées ou interdites par les autorités.

Coordination de la mission Katanga jusqu'à début 2015, Lubumbashi est restructurée en base arrière afin de poursuivre l'approvisionnement du projet Kalémie et la réponse à l'épidémie de rougeole.  Lubumbashi est aussi le point de transit du fret et des expatriés. La base de Lubumbashi abrite un stock mis à disposition afin de répondre aux urgences épidémiques (rougeole, choléra, nutrition - capacités de diagnostique fièvre hémorragique, méningite) et aux déplacements de population.

Résultat de 2016

Mars-avril : épidémie de choléra à Lubumbashi. MSF a principalement déployé un support logistique pour la prise en charge des patients.

Juillet-octobre : Notification de cas de fièvres jaunes liés à la situation en Angola. En août, la province de Lualaba a été déclarée en épidémie. Dans le but de renforcer la surveillance épidémiologique de la fièvre jaune, le Ministère de la Santé appuyé par Epicentre et MSF-France a mis en place un système d’alerte communautaire précoce par SMS.

Sur une période de 3 mois, 80 alertes ont été notifiées, une confirmée comme étant de la fièvre jaune. Le Ministère de la Santé a décidé d’étendre à l’ensemble de la province la campagne de vaccination (764 000 personnes ciblées pour la vaccination).

Décembre : Un plan de contingence a été conçu dans la ville en privilégiant la prise en charge d’afflux de blessés. MSF a participé au plan qui assure au soutien à huit structures de santé et un hôpital, incluant la formation des personnels sur le triage et la stabilisation des patients, la gratuité des soins, le déploiement d’un kit 150 blessés, la présence d’un chirurgien et d’un infirmier MSF à l’hôpital de Sendwe.

En décembre 2016, 34 blessés y ont été pris en charge, résultat d’émeutes dans la ville.  

BASE ARRIERE DE GOMA

Depuis la réunification des missions Katanga et Nord Kivu en une mission RDC, Goma est restructurée en base arrière avec la présence d’une partie plus importante de la coordination pays. La base arrière de Goma assure le soutien du projet VIH et l’approvisionnement du projet de Rutshuru ainsi que l’accueil des expatriés sur la région. C’est aussi la base de la cellule de crise en charge du suivi des familles de nos collègues kidnappés.

La base de Goma dispose d’un stock destiné à la réponse d’urgence en cas d’épidémie et aux déplacements de population. Un plan de contingence a aussi été développé pour Goma au regard du contexte pré-électoral. Mais il n’a pas suscité son déploiement.

Trois de nos collègues sont toujours retenus prisonniers par le groupe rebelle ADF depuis juillet 2013. Une cellule de crise permanente met tout en œuvre pour tenter d’obtenir leur libération.