En bref

Depuis l'arrivée massive des réfugiés de République démocratique du Congo (RDC) fin 2009 dans la région de la Likouala, en République du Congo (ou Congo-Brazzaville), MSF a travaillé le long du fleuve Oubangui, de Mougoumba au sud de la République Centrafricaine (projet fermé en août 2010), jusqu'à Impfondo (fermé à la fin de 2010) en République du Congo.

MSF est toutefois toujours présente à Bétou, dans la région de la Likouala, au nord-est du pays. Les équipes prennent en charge médicalement les réfugiés et résidents et fournissent un meilleur accès à l'eau potable. Fin 2010, une importante épidémie de polio a amené MSF à intervenir à Pointe-Noire, au sud-ouest du pays.

Dépenses 2010 : 5 681 000 €
Financements : 83 % privés et 17% institutionnels
Équipe : 37  internationaux et 288 nationaux

Contexte

Fin octobre 2009, suite à de violents affrontements dans la région de l'Equateur en RDC, autour de la ville de Dongo, située le long du fleuve Oubangui, frontière des deux Congos, des milliers de personnes ont fui pour trouver refuge dans les pays voisins. Le dernier recensement du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR) estimait la population réfugiée à près de 115 000 personnes, vivant au Congo-Brazzaville, installée sur plusieurs centaines de kilomètres le long du fleuve. En quelques mois, la population de la Likouala a ainsi doublé.

Un accord tripartite a été signé en juin 2010 pour un retour des réfugiés vers leur région d'origine qui débuterait en avril 2011. Mais de nombreux refugiés refusent de retourner chez eux, estimant ne pas avoir de garanties suffisantes quant à leur sécurité, les futures élections présidentielles en RDC venant renforcer cette inquiétude.

Projets

Bétou : auprès des réfugiés de la Likouala

A l'arrivée de MSF en novembre 2009, seul l'hôpital de Bétou et un poste de santé sur trois du district étaient fonctionnels. MSF a renforcé les capacités de prise en charge de l'hôpital - construit en 2003 par MSF - en ouvrant de nouveaux services (gynécologie-obstétrique, nutrition, laboratoire...) et en réorganisant ceux existants (urgence, consultations externes, médecine, pédiatrie, chirurgie). 340 patients sont hospitalisés chaque mois en moyenne, dont près d'un tiers en pédiatrie et un autre tiers en maternité. Les principales raisons de consultations externes (3 000 par mois et surtout infantiles) sont les infections respiratoires aiguës, le paludisme ou les diarrhées.

Afin d'assurer un accès aux soins aux populations installées le long du fleuve (réfugiés et résidents), MSF organise des consultations mobiles à partir de 6 postes de santé fixes. Dans chaque site, MSF propose des consultations générales, des suivis de grossesses et une prise en charge de la malnutrition sévère. Les équipes médicales parcourent le fleuve sur les axes nord et sud de la ville de Bétou et pratiquent près de 10 000 consultations en moyenne chaque mois. Les cas les plus urgents (soit 85 patients par mois) sont transférés par bateau à l'hôpital de Bétou.

Impfondo : Sud de la Likouala

De janvier à octobre 2010, MSF est intervenue sur le district d'Impfondo, via des cliniques mobiles, puis dans des centres de santé fixes et enfin en soutien aux services urgences, maternité, chirurgie, pédiatrie et médecine de l'hôpital général d'Impfondo. En juillet 2010, MSF se repositionne sur l'axe sud d'Impfondo et ouvre une unité d'hospitalisation de 20 lits à Bolembé (60 km au Sud d'Impfondo). Jugeant la situation sanitaire moins préoccupante que celle du district de Bétou, MSF se retire fin 2010 dans cette partie de la Likouala.

Pointe-Noire : urgence polio

Début novembre 2010, une épidémie de poliomyélite sévit au sud-ouest du pays, principalement dans la ville de Pointe-Noire. Au total, les autorités ont enregistré 542 cas dont 220 décès. A la demande du ministère de la Santé, MSF intervient début décembre dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital Adolphe Cissé à Pointe-Noire. Plusieurs dizaines de malades continuent d'y être admis chaque jour même si le plus fort de l'épidémie est passé.

Les équipes médicales prennent en charge les symptômes de la poliomyélite (détresse respiratoire, rétraction musculaire...) et mettent en place des soins de kinésithérapie indispensables pour limiter les séquelles et diminuer l'atteinte des réduire les paralysies prédominantes des membres inférieurs et supérieurs. Deux sites de soins de kinésithérapie sont ouverts en ambulatoire afin de faire revenir les patients sortis trop tôt de l'hôpital. Plus de 140 patients seront suivis pendant plusieurs semaines. Début mars 2011, le programme prend fin et les activités de kinésithérapie et d'appareillage sont transférées à l'association Handicap International.

Dans le cadre de la vaccination d'urgence de toute la population du Congo-Brazzaville, MSF a prêté main-forte au ministère de la Santé en supervisant et apportant un soutien logistique pour la vaccination contre la poliomyélite de plus de 90 000 habitants dans la Likouala.