En bref

Dépenses 2014 : 1 857 000 €
Financement : 100 % fonds privés
Equipe : 12 internationaux et 31 nationaux
Autres sections MSF présentes : section hollandaise

Contexte

La Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) a obtenu son indépendance en 1975 et dénombre 7,3 millions d’habitants. 87.5%  vivent dans des zones rurales et 364 000 personnes habitent la capitale, Port Moresby (ce qui représente environ 5% de la population totale). La population du pays est jeune : 38,2% ont moins de 15 ans et 2,58% ont plus de 65 ans.

La forte croissance économique a créé de grosses inégalités et selon l’indice de développement humain du PNUD en 2012,  la PNG a perdu 4 places pour descendre au 156ème rang (sur un total de 186). Un tiers de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté et 40% sont analphabètes.La dynamique de la violence et de l’insécurité est favorisée par les luttes inter-tribales locales, généralement à propos de ressources. Le pays est culturellement l’un des plus variés au monde avec pas moins de  848 idiomes parlés.

Le  “Système Wantok” ou Wantokisme  est un système traditionnel de régulation dans le pays. Il se définit par une forte solidarité entre les individus d’une même tribu ou clan. Le système tend à s’imposer à l’organisation officielle.

L’Australie entretient avec la PNG  des liens économiques, historiques et politiques forts,  dont un accord selon lequel la PNG doit recueillir les demandeurs d’asile qui tentent de rejoindre l’Australie en bateau (dans un nouveau centre de rétention permanent sur l’île de Manus).

La tuberculose (TB) fait partie des 5 premières maladies nécessitant une hospitalisation. La prévalence dans le pays est de 541/100 000 en moyenne avec des poches où ce taux peut doubler ou tripler. En raison de la forte augmentation des cas de TB résistante, un dispositif national destiné à gérer l’urgence a été créé en août 2014. Trois des vingt-deux provinces que compte le pays tombent sous le coup de cet état d’urgence en santé publique : Province Ouest, Province du Golfe et District de la Capitale Nationale.

Projets

PROJET TUBERCULOSE A KEREMA

MSF a ouvert un projet à Kerema, Province du Golfe, en Mai 2014. Une des difficultés de cette province est l’accès aux services de santé en raison des contraintes géographiques. Le but du projet consiste à mettre en œuvre un programme tuberculose durable et réplicable en collaboration étroite avec les autorités sanitaires. La première phase a consisté à préparer un environnement correct pour le lancement des activités médicales en installant une véritable salle de consultation pour les cas suspects, et en améliorant les conditions de travail dans le laboratoire et l’adduction d’eau potable à l’Hôpital général de Kerema. La seconde phase consiste à décentraliser les activités de façon à permettre aux populations qui vivent dans les zones éloignées de la province d’être diagnostiquées et de bénéficier d’un traitement.

La province du Golfe présente un fort taux de patients « perdus de vue » pour lesquels le traitement n’est pas suivi, et dispose de faibles ressources en laboratoires pour le diagnostic de la TB. On estime l’incidence de la TB à 1075-1450/100 000 pour la ville de Kerema.

PROJET TUBERCULOSE DANS LE DISTRICT DE LA CAPITALE NATIONALE

La présence de la TB dans le district est très élevée : 6 000 cas annuels (une des incidences les plus élevées au monde), ce qui représente 25% des cas de l’ensemble du pays. Malgré cela, les capacités de dépistage sont maigres et les délais pour obtenir les résultats sont longs. Il en résulte des pertes de patients et le développement de résistances. La résistance à la rifampicine est estimée à 4,5% des nouveaux cas et 24% des cas à nouveaux traités.

La plupart des établissements de soins sont en mauvais état et le programme TB pour les traitements de deuxième ligne est centralisé à l’Hôpital Général de Port Moresby, ce qui rend l’accès difficile pour les patients et les oblige à attendre longtemps avant d’être admis.

C’est dans ce contexte qu'en mars 2015 MSF a lancé, en collaboration avec les autorités sanitaires de la province, un programme décentralisé de prise en charge de la TB s'appuyant sur des centres de santé périphériques de façon à améliorer le dépistage, le traitement et le suivi des patients TB.