Contexte

La Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) a perdu quatre points sur l’indice de développement humain du PNUD 2012 (156ème sur 186 pays). Un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté et 40 % sont analphabètes. La dynamique de la violence et de l’insécurité est favorisée par les luttes intertribales, souvent liées aux ressources naturelles.

Les maladies transmissibles demeurent les problèmes de santé publique les plus importants ; le paludisme, la tuberculose (TB), les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires aiguës sont les principales causes de morbidité et de mortalité.

La tuberculose est la deuxième cause de mortalité en PNG. Elle fait partie des cinq maladies principales en termes d’admission à l’hôpital et sa prévalence dans le pays est de 541 pour 100 000, avec des poches où ce taux peut doubler voire tripler.

En raison d’une importante augmentation des cas de tuberculose multi-résistante, un dispositif d’intervention d’urgence a été créé en août 2014. Trois des vingt-deux provinces du pays entrent dans le champ de cet état d’urgence sanitaire : l’Ouest, le Golfe et le district de la Capitale nationale.

Projets

PROJET TUBERULOSE DANS LA PROVINCE DU GOLFE

La province du Golfe est située sur la côté sud de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les difficultés d’accès aux services sanitaires constituent un des grands défis à relever dans cette province. Elles sont dues en partie aux contraintes géographiques, mais aussi au manque de ressources humaines compétentes et au mauvais état des structures médicales.

Malgré les difficultés, MSF a mis en place, en collaboration avec le ministère de la santé, des activités dans l’hôpital général de Kerema et dans un centre de santé. En 2015, 369 cas de TB réactive aux médicaments et 15 cas de TB résistante aux médicaments ont été détectés, dont 25 % avaient moins de quinze ans.

Les croyances traditionnelles et les contraintes géographiques rendent complexe le suivi des  patients.  MSF  a mis en place un réseau d’agents d’appui au traitement qui suivent les patients vivant dans des territoires isolés et développent des activités de sensibilisation pour informer la population sur la tuberculose.

En 2016, un deuxième centre de santé va accroître les capacités de dépistage et de suivi des cas de tuberculose. L’hôpital général de Kerema va se doter d’un nouveau service ambulatoire et d’un nouveau service d’hospitalisation, afin de mieux accueillir les patients et d’améliorer l’environnement de travail de l’équipe médicale

PROJET TUBERULOSE DANS LE DISTRICT DE LA CAPITALE NATIONALE

Le district de la Capitale nationale (NCD) compte 364 000 habitants. Par leur mode de vie en communautés, les personnes sont en contact étroit ce qui augmente le risque d’infection par la tuberculose. Le taux de chômage est élevé et la criminalité et la violence font partie du quotidien. L’alcoolisme est également un problème.

Le poids de la tuberculose est important dans le NCD avec 6 000 cas signalés par an (une des plus fortes incidences observées dans le monde), soit 25% des cas du pays. Malgré la gravité de la situation, les capacités de dépistage restent faibles et les délais pour obtenir les résultats sont généralement longs. En conséquence, des patients sont perdus de vue et environ 19% des cas doivent être à nouveau traités à cause de résistance à la rifampicine. Le nombre de nouveaux cas représente 2,7%. La plupart des structures sanitaires sont en mauvais état et le programme pour les traitements de deuxième ligne est centralisé.

Dans ce contexte, MSF  a  lancé,  en  collaboration  avec les autorités sanitaires de la province, un programme décentralisé de prise en charge de la tuberculose s’appuyant sur des centres de santé périphériques afin d’améliorer le dépistage, le traitement et le suivi des patients.

Depuis mars 2015, l’équipe du NCD a renforcé les activités habituelles de l’hôpital de Gerehu et mis en place un réseau de suivi à l’échelle de la province. Après de longues négociations, un protocole d’accord a finalement été signé entre MSF et les services sanitaires de la province de la Capitale nationale.

Le projet démarrera en 2016 avec une première phase de stabilisation des activités dans l’hôpital de Gerehu, suivie d’une phase d’extension du soutien aux autres centres de santé du district en fonction de l’origine des patients