En bref
En 1994, MSF a lancé un programme VIH à l'hôpital de Kampong Cham. En 2011, ce projet a été réorienté sur la tuberculose. Dès lors, MSF a considérablement étendu ses activités de prise en charge des cas de tuberculose pédiatrique et résistante et de co-infection par le VIH et la tuberculose.
Depuis février 2010, MSF travaille dans les prisons CC1, CC2 et PJ de Phnom Penh afin d'y améliorer le dépistage de la tuberculose et du VIH et d’y délivrer des soins et traitements adaptés aux conditions de détention.
Dépenses 2011 : 1 416 564 €
Financements : 100 % privés
Équipe : 11 internationaux et 73 nationaux
Contexte
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le taux de prévalence de la tuberculose au Cambodge compte parmi les 22 plus élevés au monde. Dans ce pays, c’est donc un problème de santé publique majeur.
Cette infection opportuniste se propage par voie aérienne (toux, éternuements). Or, au sein des populations cambodgiennes défavorisées, de nombreuses personnes présentent un système immunitaire fragilisé par la malnutrition et/ou le VIH. Les mauvaises conditions de vie et d'hygiène sont également des facteurs importants de propagation de la maladie.
Dans les prisons cambodgiennes, les conditions d'incarcération sont déplorables (surpopulation, ventilation insuffisante, etc.) et l'accès aux soins médicaux très limité. Le risque de contamination y est donc élevé. L'insuffisance des dépistages, traitements et pratiques de contrôle de l'infection au sein des prisons, ainsi que le manque de suivi une fois que les détenus infectés sont libérés ont sensiblement accru les taux d'infection au sein de la population carcérale. La prévalence de la tuberculose chez les détenus cambodgiens est 6 fois supérieure à celle de la population générale ; le taux d'infection par le VIH est quant à lui jusqu'à 9 fois supérieur.
Projets
Kampong Cham
Dans la province de Kampong Cham, l'éducation communautaire, le traitement direct participatif et le suivi des patients atteints de tuberculose sont au cœur de la stratégie MSF .
En plus de codiriger le service tuberculose de l'hôpital de Kampong Cham et après avoir introduit une machine de diagnostic rapide, MSF travaille avec les médecins du ministère de la Santé pour identifier les cas de tuberculose au sein d'autres services de l'hôpital et en particulier en pédiatrie (du fait du dépistage difficile chez les enfants). Depuis janvier 2011, les équipes MSF ont mené plus de 6 000 consultations dans le service tuberculose de l'hôpital de Kampong Cham. Plus de 600 nouveaux patients ont été placés sous traitement.
Depuis 2011, des éducateurs MSF informent les patients récemment diagnostiqués sur leur maladie et recherchent ceux et celles avec lesquels ils ont été en contact. Ils incitent ensuite ces personnes à risque à se faire dépister gratuitement. Il s’agit le plus souvent de membres de la famille, en particulier les enfants, mais également de collègues, amis ou famille étendue.
En plus des nombreuses consultations de suivi médical et des visites au domicile des malades atteints de tuberculose résistante, une ligne téléphonique permet aux patients de contacter les équipes médicales en cas d'urgence.
Dans le cadre des activités d'éducation et de proximité communautaires, deux fois par mois, un médecin et un éducateur MSF participent à un programme radio éducatif sur la tuberculose et organisent régulièrement des actions de sensibilisation. Toutes ces activités ont pour objectif d’améliorer la compréhension de la maladie, de son traitement et de réduire la stigmatisation des malades.
Prisons CC1, CC2 et PJ à Phnom Penh
En 2011, MSF a mis en œuvre un programme tuberculose et VIH/sida pour les détenus des prisons CC1, CC2 et PJ de Phnom Penh.
Une zone de quarantaine a été établie dans une des prisons pour que les malades soient séparés de leurs codétenus et prévenir ainsi la propagation de la tuberculose.
MSF a intégré le dépistage actif de la tuberculose dans les activités des postes de santé des prisons. Entre février 2010 et juillet 2011, plus de 3 600 détenus ont été dépistés.
Lorsqu'un prisonnier est diagnostiqué tuberculeux et/ou séropositif, MSF lui fournit soins et traitement pendant sa détention et lui facilite l'accès aux médicaments et au suivi médical après sa libération ou son transfert dans une autre prison.
Depuis 2010, environ 200 prisonniers ont reçu un traitement contre la tuberculose dont 164 à la suite d’un dépistage ; actuellement 32 sont sous traitement dans le cadre du programme MSF et 94 détenus bénéficient d’un traitement antirétroviral contre le VIH.
En 2011, en plus de continuer à prendre en charge les prisonniers infectés par le VIH et/ou la tuberculose, MSF élargit ses activités pour répondre aux problèmes médicaux des détenus. Des dispensaires mobiles offrent désormais des consultations quotidiennes dans les prisons (100 consultations par mois en moyenne).












