Contexte

Contexte général

Après deux ans d’impasse politique sur le désaccord du résultat de l’élection générale nationale de 2013, un accord CPP-CNRP avait mis fin en juillet 2014 au boycott par l’opposition des discussions à l’Assemblée nationale. Toutefois, la réconciliation politique et le dialogue entre CPP et CNRP aura été de courte durée. Depuis le milieu de l’année 2015, la faiblesse des mécanismes destinés à entretenir une confiance politique présage d’une dégradation sensible du contexte. Les attaques personnelles et la profonde méfiance entre les dirigeants des deux parties conduisent régulièrement à des situations de tension notoire.

Les restrictions arbitraires sur la liberté d’expression s’accentuent. En dépit de vives protestations, de critiques nationales et internationales, la loi controversée sur les Associations non gouvernementales (LANGO) a été adoptée en août 2015.

Plusieurs militants CNRP, dont un sénateur ont été inculpés et emprisonnés sur accusation vietnamienne d’empiètement des frontières. Le chef du CNRP, accusé à plusieurs reprises par le gouvernement, y compris sur cette question de la frontière, a été contraint à l’exil afin d’éviter une arrestation.

Les citoyens cambodgiens se disent conscients de leurs droits et devoirs dans un système démocratique. Les électeurs âgés de moins de 30 ans représentent près de 60% de la population du Cambodge et prétendent souhaiter ne pas laisser dérailler un processus démocratique de développement du pays à long terme. Un tel facteur démographique oblige les dirigeants politiques à transformer leur leadership et leur stratégie de communication. L’approche de l’élection générale de 2018 sera de toute évidence source de tensions croissantes entre les forces du CPP et du CNRP dans les deux années à venir.

Contexte de santé publique

La tuberculose (TB) : en 10 ans, une réduction significative de 45 % de la prévalence de la TB (cas bactériologiques confirmés) a été observée. Malgré cette diminution, le Cambodge a toujours la seconde plus forte prévalence dans le monde, derrière l’Afrique du Sud (764 vs. 857/100 000).

Le pays reçoit une aide financière de l’USAID, du Fonds mondial et d’autres donateurs multilatéraux et bilatéraux, tels que les agences de coopération internationale australienne, japonaise et allemande. Il existe également un pool d’environ 10 ONG qui soutiennent les activités de lutte contre la TB dans le pays.

Les prix exorbitants des traitements de l’hépatite C (HCV) ainsi que l’absence de compétences locales en la matière, conduisent à une méconnaissance de la situation de cette maladie au Cambodge. Certaines études laissent toutefois supposer une prévalence au sein de la population générale (plus de 15 millions d’habitants), de l’ordre de 2%, plus précisément 5 à 10 % au sein des personnes vivant avec le VIH soit 3 à 5000 personnes co-infectées. Les groupes tels que les usagers de drogues, homosexuels et travailleurs sexuels sont sujets à un fort risque d’infection, jusqu’à plus de 70% pour les usagers de drogues.

Projets

La décision prise fin 2014 de transmission au ministère de la Santé du projet TB dans la province de Kampong Cham a été mise en œuvre en 2015 et nos activités dans ce secteur se sont achevées en octobre. Au cours de cette même année la détection active de cas de TB dans la province de Tboung Khhmoun débutée en 2014 s’est poursuivie avec une seconde et une troisième phase de screening massif des personnes âgées de plus de 55 ans. La participation de la population cible ayant atteint 79% au cours de l’ultime phase. Cette activité a permis la détection et le traitement de 382 patients atteints de TB.

Avec l’arrivée sur le marché des nouvelles molécules pour le traitement de l’hépatite C, le ministère de la Santé du Cambodge ainsi que le Centre National de traitement du VIH soutiennent activement la perspective de développement d’un programme national de traitement de l’hépatite C. La section française de MSF a par conséquent soumis une proposition de projet consistant à réduire la morbidité et la mortalité des personnes infectées par le virus HCV au Cambodge. Ce programme, qui devrait démarrer au second trimestre 2016, consiste à tester et à traiter les principales cohortes VIH de la ville de Phnom Penh, soit environ 1000 traitements au sein de 12 000 patients VIH, tout en développant un accès aux soins des personnes mono-infectées suspectées dans les principaux hôpitaux de Phnom Penh. La détection au sein des populations à risque et la décentralisation du programme dans les Provinces plus particulièrement touchées sont programmées dans une seconde phase.