En bref
Les besoins de la population en Corée du Nord sont immenses mais notre expérience dans ce pays nous a montré que l'aide ne parvenait pas aux plus démunis. Après avoir dénoncé la captation de l'aide par la dictature nord-coréenne, MSF a quitté le pays en 1998.
Toutefois, MSF s'est efforcée de porter assistance aux réfugiés nord-coréens en Chine (abris et soins médicaux) jusqu'en avril 2006, en Corée du Sud (aide psychologique).
Contexte
Terreur politique et pénurie alimentaire composent le quotidien de la population nord-coréenne. Les salaires ne sont pas payés, les prix flambent et la majorité de la population ne bénéficie pas du système public de distribution de nourriture.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que 6,5 millions de Nord-Coréens (sur une population officiellement estimée à 22 millions) souffrent de la faim. Il est très difficile, voire impossible, de contrôler la distribution de l'aide alimentaire, le régime de Pyongyang n'autorisant que quelques visites totalement encadrées.
En 2004, nous avons mené une mission exploratoire suite à la catastrophe ferroviaire de Ryongchong qui a confirmé qu'il n'existe pas d'espace humanitaire indépendant dans ce pays.
Malgré les risques, des milliers de Nord-Coréens tentent de fuir leur pays. Si les Nord-Coréens sont encore nombreux à franchir la frontière avec la Chine, très peu parviennent à aller plus loin. La répression en Chine est sévère avec des rapatriements forcés réguliers.
Cependant, malgré ces contraintes politiques, un espace de travail, sélectif et fragile, pour porter assistance aux réfugiés nord-coréens existe à la frontière.
Sur toute l'année 2005, ce sont près de 1 500 nouveaux réfugiés qui sont parvenus en Corée du Sud au terme d'un long et dangereux périple.
Projets
Soutien psychologique au réfugiés nord-coréens en Corée du Sud
Environ 6 500 réfugiés nord-coréens vivent en Corée du Sud, majoritairement à Séoul. Les autorités sud-coréennes leur fournissent une aide matérielle. Néanmoins, beaucoup éprouvent d'importantes difficultés à s'adapter à leur nouvelle vie (traumatismes psychologiques liés à leur vie en Corée du Nord, à la répression, aux privations, à l'exil, à la séparation de leur famille). Parce que ces traumatismes n'étaient pas pris charge, nous avions ouvert un programme de soins psychologiques en août 2003.
Depuis janvier 2005, nous nous rendions régulièrement à Hanawon, l'un des « centres d'adaptation » où transitent les réfugiés nord-coréens pendant 3 mois à leur arrivée. MSF était la seule organisation internationale présente et active dans ce centre gouvernemental de transit. En 2005, nos deux psychologues ont soigné plus de 200 patients. Près des deux tiers sont des femmes, alors qu'elles ne représentent qu'un tiers des réfugiés Nord-Coréens. Moins de 20% de nos patients vivent avec leur famille en Corée du Sud.
Le ministère de la Santé sud-coréen a depuis développé une offre d'accès aux soins psychologiques à destination des réfugiés. Notre programme n'avait donc plus lieu d'être. Le 6 avril 2005, une journée scientifique sur les soins de santé mentale aux réfugiés a été organisée. L'occasion de partager trois années d'expérience et d'échanger avec des professionnels sud-coréens de la santé mentale sur les approches thérapeutiques. Début avril, nous avons fermé notre programme de prise en charge des réfugiés nord-coréens à Séoul.
Assistance à la frontière chinoise
Malgré la politique répressive menée par les autorités chinoises contre les réfugiés nord-coréens, MSF a pu se rendre régulièrement à la frontière, afin d'apporter une assistance matérielle et médicale aux réfugiés nord-coréens.
Assistance en Corée du Nord
Le contexte qui prévaut toujours dans ce pays et les conditions imposées par le régime au déploiement de l'aide humanitaire étant toujours incompatibles avec nos principes d'action, il est toujours impossible pour nous d'être directement présents en Corée du Nord.