En bref

Durant la dernière décennie, nos équipes ont travaillé auprès des migrants illégaux birmans, à travers un programme de soins de la tuberculose et du sida dans le camp de Maela, à Maesot.

De juillet 2005 à mai 2009, nous avons également apporté une assistance médicale et sanitaire aux réfugiés Hmongs originaires du Laos dans la région de Petchabun, au nord du pays.

Les activités de MSF en Thaïlande ont pris fin cette année, après presque 30 ans de présence dans le pays.

MSF était présente en Thaïlande depuis 1981.

Dépenses 2009 : 1 182 579 €
Financements : 80 % privés, 20% institutionnels
Équipe : 5 internationaux et 55 nationaux
Autre section MSF présente : MSF Belgique

 

Contexte

Durant plusieurs décennies, la Thaïlande a attiré beaucoup de migrants économiques et demandeurs d'asile fuyant la pauvreté ou les problèmes politiques des pays avoisinants.

Depuis 1981, date à laquelle MSF a débuté ses activités en Thaïlande dans des camps de réfugiés cambodgiens, MSF n'a cessé d'apporter une aide médicale aux groupes minoritaires ethniques.

En 2001, le pays a présenté un plan de couverture médicale universelle incluant les migrants ayant un permis de travail en Thaïlande, mais ce plan ne couvrait pas les sans-papiers. Ces derniers constituent pourtant plus des trois-quarts de la population immigrée et n'ont donc pas les moyens de se payer leur traitement.

MSF a travaillé pour aider ces migrants à se faire soigner, avant de transmettre ses activités aux autorités thaïlandaises.

Projets

Petchabun - Aide aux réfugiés hmongs du Laos

La prise en charge des réfugiés hmongs laotiens avait débuté en urgence en juillet 2005, à Huai Nam Khao, village de la province de Petchabun, dans le nord du pays. Deux ans plus tard, les réfugiés ont été installés dans un nouveau camp. Mais considérant les Hmongs comme des migrants illégaux, le gouvernement thaïlandais a toujours affirmé sa volonté de rapatrier tous les Hmongs au Laos avant la fin 2009, sans contrôle d'une organisation extérieure. A partir de 2008, ce processus de rapatriement s'est accéléré, l'armée thaïlandaise faisant de plus en plus pression sur les populations hmongs, afin qu'elles renoncent à leur demande de statut de réfugiés et qu'elles retournent au Laos sur la base du « volontariat ».

La multiplication des entraves a empêché MSF de fournir à la population du camp une assistance humanitaire indépendante. Nous avons donc décidé de mettre un terme à nos activités fin mai 2009. Lors de notre départ, nous avons dénoncé publiquement les méthodes utilisées par les autorités thaïlandaises et demandé une dernière fois aux gouvernements thaïlandais et laotien de suspendre le processus de rapatriement forcé jusqu'à ce qu'une organisation internationale indépendante puisse vérifier le caractère volontaire des retours et la sécurité des rapatriés à plus long terme.

A la fin de l'année 2009, comme prévu par le gouvernement, les 4 000 Hmongs qui restaient dans le camp ont été renvoyés au Laos sans qu'aucune organisation internationale n'ait pu intervenir dans ce processus de rapatriement.

Maesot - Prise en charge de la tuberculose chez les migrants

Depuis décembre 1999, MSF soignait les migrants birmans atteints de tuberculose et du sida venus travailler dans la province thaïlandaise de Tak. L'accès aux soins des migrants illégaux concernant ces deux pathologies s'est nettement amélioré durant ces trois dernières années. En effet, depuis 2007, le programme national de prise en charge du VIH a été étendu aux migrants, et celui contre la tuberculose a été mis en place à Maesot en 2010. Nous avons donc transféré nos activités de soins à plusieurs partenaires au cours de l'année 2010.

Au total, entre 2000 et 2009, MSF a mis plus de 4 600 patients sous traitement anti-tuberculose. 213 patients ont été mis sous traitement antirétroviral depuis le début du programme, en juillet 2005.

50 patients ont accepté d'être suivis par la section hollandaise de MSF à Rangoon, en Birmanie. Les autres ont reçu un an de traitement d'avance, en attendant d'être pris en charge par les autorités thaïlandaises.