Contexte

Si, aujourd’hui, la Côte d’Ivoire connaît une relative stabilité socio-politique, des incidents ponctuels et potentiellement violents sont à craindre à l’approche des prochaines élections présidentielles, fin 2015. Par ailleurs, le contexte régional est aussi tendu (Ebola, présidentielles en Guinée et au Burkina-Faso, instabilité au nord Mali).

Le système de santé reste fragile et désorganisé. Les rapports médecins par habitants et infirmiers/sages‐femmes par habitants sont parmi les plus faibles d’Afrique, il en va de même pour le nombre de lits d’hôpital par habitants. Le paludisme est la principale cause de mortalité chez les moins de 5 ans et la principale cause de consultation et d’hospitalisation. La santé materno-infantile est une priorité. Le taux de prévalence du VIH reste un des plus forts d’Afrique de l’Ouest. Des épidémies ont régulièrement lieu (méningite, rougeole, choléra).

Projets

PROJET DE SANTE MATERNO-INFANTILE DE KATIOLA

De nombreuses femmes de la région du Hambol, au centre du pays, accouchent à domicile. Si le taux de mortalité maternelle reste encore inconnu, de nombreux éléments laissent à penser qu’il est élevé. Une enquête de mortalité rétrospective Epicentre est planifiée pour 2015. Les urgences obstétriques et néonatales étaient jusque-là peu prises en charge, le niveau de qualification des soignants est insuffisant et le manque de matériel et de médicaments est fréquent dans la région.

Le Centre Hospitalier Régional (CHR) de Katiola - niveau 2 et 90 lits (20 en hospitalisation, 3 en soins intensifs et 10 en néonatalogie) - est la structure de référence pour les 98 000 femmes en âge de procréer de la région du Hambol. En partenariat avec le ministère de la Santé, le projet MSF y a ouvert en juillet 2014. Notre objectif : améliorer la santé des femmes et des nouveaux nés de la région et prendre en charge les urgences gynéco-obstétricales et néonatales. MSF renforce le CHR (ressources et plateau technique) afin d’en faire un centre de Soins Obstétriques Néonataux d’Urgence Compliqués (SONUC). Cette action est complétée en périphérie par un travail de mise à niveau et d’accompagnement des centres de Soins Obstétriques Néonataux d’Urgence Basiques (SONUB), afin d’améliorer la prise en charge des accouchements simples et les références. Enfin, des approches communautaires sont développées (travail avec les matrones, évaluation sur la faisabilité de cliniques mobiles, etc.).

Depuis l’ouverture du projet, l’ensemble des services de l’hôpital a connu une augmentation du taux de fréquentation. De juillet à décembre 2014, 390 urgences obstétricales ou grossesses et accouchements compliqués ont été pris en charge ; 1009 accouchements dont 101 césariennes ont été pratiqués ; et 954 naissances vivantes ont eu lieu.

PROJET DE PREPARATION DE LA RIPOSTE A EBOLA

Avec l’apparition d’Ebola en Guinée voisine, le pays a connu une première phase d’alerte en avril 2014. Début septembre, face aux risques d’extension de l’épidémie, une demande officielle de soutien est adressée par le gouvernement à MSF, ainsi qu’à d’autres partenaires et bailleurs.

Mi-septembre, une mission exploratoire MSF est menée dans l’Ouest et un accord conclu en octobre avec le ministère de la Santé. Notre stratégie est de fournir une assistance technique visant à renforcer les capacités du gouvernement et des partenaires présents en s’appuyant sur le système existant (relais communautaires, système de surveillance épidémiologique, moyens de supervision, moyens techniques des partenaires etc.)

A Abidjan, la capitale, MSF installe un Centre de traitement Ebola (CTE) dans le quartier de Yopougon et assure des formations, notamment sur la gestion des alertes et le triage des patients. A l’Ouest, une intervention est initiée dans le Tonkpi, un soutien est fourni pour la mise en place d’un CTE à  Man et des formations sont assurées pour les personnels de Man, Biankouma et Zouan-Hounien. Enfin, un protocole de surveillance communautaire est développé par Epicentre.

A ce jour, il n’y a pas de cas recensés dans le pays. Tant que la situation épidémiologique (existence de cas dans les districts frontaliers des pays en épidémie) le nécessitera, MSF continuera son assistance technique au gouvernement et aux différents partenaires. En 2015, un système de surveillance communautaire active sera mis en place.  Les formations de personnels se poursuivront. Un projet pilote de système d’alerte via smartphone sera mis en place dans 2 districts. MSF participera également aux forums de réflexion sur la stratégie long terme de prévention/prise en charge de l’Ebola en Côte d’Ivoire.