En bref
MSF revient en Côte d'Ivoire fin novembre 2010 et démarre ses activités dans l'Ouest, région toujours instable. Un dispensaire est installé à Duekoué dans un site de déplacés et dans le quartier de Cocoma.
Quand les combats s'intensifient à Abidjan, MSF rouvre l'hôpital d'Abobo Sud où affluent les blessés.
Après la chute de Gbabgo, l'hôpital est surchargé. MSF intervient alors dans d'autres hôpitaux d'Abidjan et, dans l'Ouest, ouvre l'hôpital de Duekoué et de Guiglo tandis que des équipes mobiles rayonnent autour de ces deux villes.
Dépenses 2011 (jusqu'à mi-mai) : 4 900 000 €
Financements : 100 % privés
Autres sections MSF : MSF Belgique et MSF Suisse
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Après avoir participé à la tournée du film Living in Emergency dans leurs univeristés respectives, Sandrine et Thibaut partent en Côte d'Ivoire pour visiter une mission MSF.
Découvrez leurs impressions et partagez avec eux le quotidien de la mission sur leur blog "Partagez une aventure MSF".
Vidéo
Contexte
Le 28 novembre 2010 se tient le second tour de l'élection présidentielle, un scrutin qui avait été reporté cinq années de suite. Laurent Gbagbo, élu chef de l'Etat en 2000 affronte Alassane Ouattara, qui avait été exclu du dernier scrutin au motif d'une nationalité « douteuse ».
Le 2 décembre, la Commission électorale annonce la victoire de Ouattara avec 53% des voix. Mais Gbagbo conteste ce résultat. Il fait valoir la décision du Conseil Constitutionnel le proclamant vainqueur. Et reste inflexible face aux Nations Unies et à la communauté internationale qui reconnaissent Ouattara comme le président élu. Des violences éclatent à Abidjan et dans l'Ouest.
L'impasse politique débouche sur un conflit armé. Le 28 mars 2011, les forces loyales à Ouattara lancent une offensive générale. L'ultime bataille est livrée à Abidjan mais il faudra l'intervention des casques bleus des Nations Unies et des militaires français de la force Licorne pour déloger Laurent Gbagbo du palais présidentiel, le 11 avril.
Cette crise post-électorale a eu une incidence directe sur la population. Beaucoup ont fui les zones de conflit, des milliers de personnes se réfugiant jusqu'au Liberia. L'économie a été paralysée ainsi que le système de santé. Les hôpitaux n'ont plus été approvisionnés en médicaments et matériel médical. Et la plupart du personnel de santé n'était plus à son poste en raison de l'insécurité.
Quand la situation se stabilise à Abidjan, des tensions persistent dans l'Ouest. Craignant de nouvelles violences, des milliers de personnes restent dans des sites de déplacés ou se cachent en brousse.
Projets
Urgences chirurgicales et médicales dans le quartier d'Abobo à Abidjan
Début 2011, des affrontements violents éclatent à Abobo. Le 28 février, MSF rouvre l'hôpital d'Abobo sud qui n'était plus fonctionnel. L'équipe prend en charge les blessés dont le nombre s'accroît rapidement, la ligne de front se trouvant à proximité. Du 28 mars au 9 avril, l'équipe est bloquée sans possibilité d'approvisionnement ni de relève. Après la chute du régime Gbagbo, une relative sécurité revient. Des blessés par balle arrivent encore tandis que les urgences médicales affluent. La capacité de l'hôpital est portée à 130 lits. Mais l'hôpital est débordé avec 50 accouchements en moyenne par jour et 300 à 350 consultations données en priorité aux enfants et aux femmes enceintes. Et près de 1000 interventions chirurgicales sont réalisées en 3 mois, dont 36% (265) liées à des actes de violence.
Pour désengorger l'hôpital, MSF étend ses activités dans l'hôpital d'Anyama et d'Abobo Nord. MSF aide aussi des centres de santé du quartier d'Abobo en fournissant des médicaments, car le système d'approvisionnement reste très perturbé, et en versant des indemnités au personnel.
Soins secondaires à l'hôpital de Duekoué et de Guiglo
Début janvier, MSF intervient dans l'hôpital de Duekoué. Elle réhabilite le bloc opératoire et soigne des blessés jusqu'en février quand le personnel médical revient à son poste. Fin avril, une équipe MSF est de retour pour prendre en charge les urgences chirurgicales, la maternité et la pédiatrie. De janvier à mai, 231 interventions chirurgicales y sont réalisées.
A Guiglo, MSF intervient fin février dans le petit hôpital de Nikla qui dispose de 20 lits pour prendre en charge la maternité et les urgences pédiatriques.
Soins de santé primaire à Duekoué, Guiglo et dans les environs
Suite à des violences inter-ethniques début janvier, des habitants se réfugient à la Mission catholique à Duekoué. MSF ouvre un dispensaire dans ce camp de fortune situé en ville, dont la population va grossir au fil des vagues de violences jusqu'à 27 000 personnes début avril. Près de 20 000 consultations sont réalisées de janvier à mai. Puis MSF ouvre un centre de santé dans le quartier de Cocoma pour des populations marginalisées. Une équipe mobile dispense aussi des soins de santé primaire au Nord-Est de Duekoué. Elle doit arrêter début mars quand les forces pro-Ouattara mènent une offensive. Et ne reprendra qu'en avril après la victoire du camp Ouattara à Abidjan.
Cette offensive provoque à Guiglo des déplacements de populations. MSF ouvre un dispensaire dans le camp installé près de l'église (4000 personnes environ) et donne des consultations externes dans l'hôpital de Nikla. Fin avril, une équipe mobile dispense des soins de santé primaire dans des villages situés près de l'axe Guiglo-Bloléquin, touchés par les violences. Et les malades qui doivent être hospitalisés ou opérés sont transférés à l'hôpital de Duekoué.





