MSF soutient l'hôpital de Batangafo hôpital (170 lits) - Juin 2013
Juin 2013 - MSF à l'hôpital de Batangafo (170 lits) © Ton Koene

Trois mois après le coup d’état en République centrafricaine (RCA), MSF continue d’accroître ses activités pour répondre aux besoins de milliers de personnes actuellement privées de soins médicaux de base.

A Bossangoa, au nord de Bangui – la capitale – MSF a ouvert un nouveau projet d’urgence pour environ 150 000 personnes privées d'accès aux soins depuis que les personnels de santé ont fui et abandonné leur poste. Plus de 300 consultations sont menées chaque jour par nos équipes. Des dispensaires mobiles sont aussi organisés dans un certain nombre de zones où, du fait de la présence d'hommes en armes, la population est encore cachée en brousse. L’objectif : prendre en charge le paludisme (qui touche 53% des patients âgés de moins de 5 ans et 50% des femmes enceintes reçues en consultation antenatale), les maladies diarrhéiques, la malnutrition et les victimes de violence sexuelle.  

Pendant deux mois, MSF va également fournir des médicaments antirétroviraux (ARV) aux patients vivant avec le VIH/sida et ayant dû interrompre leur traitement à cause de la crise politico-militaire. « Sur tout le pays, près de 11 000 personnes ont été privées d'ARV après que les stocks de médicaments aient été pillés », explique Chury Baysa, coordonnatrice médicale MSF. Selon le ministère de la Santé, avant le coup d'Etat, près de 310 patients étaient suivis dans le programme VIH de l’hôpital de Bossangoa ; parmi eux, 170 prenaient des antirétroviraux et environ 140 devaient en recevoir. « Notre initiative traduit l’engagement constant de MSF envers ses patients afin d'améliorer leur état de santé et réduire les souffrances et la mortalité causées par le VIH », conclut Chury Baysa.

Dans le projet MSF de Batangafo, au nord-ouest du pays, les équipes évaluent les besoins de près de 8 000 personnes déplacées arrivées au mois d’avril après que leurs villages aient été détruits lors d’affrontements entre la population locale et un groupe nomade venant du Tchad. Des dispensaires mobiles vont être mis en place dans les zones de regroupement et assureront des distributions de biens de première nécessité (dont des moustiquaires, des couvertures et du savon).

Un calme relatif est revenu à Bangui où MSF vient de mettre un terme à son intervention d’urgence à l’Hôpital Communautaire. En trois mois d’activité, l’équipe MSF a pris en charge aux urgences 1 072 blessés, parmi eux 36% souffraient de blessures par balle, et 149 patients ont été opérés. L’hôpital a repris son fonctionnement habituel, le personnel qui avait fui au moment du coup d’Etat est revenu. Le bloc opératoire est maintenant aménagé, de même que l’unité de stérilisation. « Nous avons eu une très bonne collaboration avec le personnel de l’hôpital. Malgré les difficultés de départ, nous avons réussi à bien travailler ensemble, pendant la crise. Du matériel et des médicaments sont restés sur place, nous sommes prêts à y retourner rapidement en cas de nouveau pic de violence et de besoins », explique Nancy Vaudan, coordinatrice médicale MSF.

Alors que s’amorce la saison du paludisme et que le système sanitaire est effondré, MSF craint que le taux de mortalité – déjà important – continue de grimper. « Les obstacles médicaux sont énormes en RCA, surtout en dehors de la capitale. Le système médical est en berne depuis déjà de nombreuses années . Nous avons affaire à une crise à l’intérieur de la crise. Les besoins les plus importants concernent l’accès aux soins de base et les établissements de santé ont du mal à recevoir un approvisionnement adéquat en médicaments. Les importations dans le pays et la distribution nationale sont deux enjeux critiques, explique Ellen van der Velden, chef de mission MSF. Nous exhortons les autres organisations non gouvernementales, les bailleurs de fonds et les Nations Unies à venir dans le pays pour aider la population! »
 

Depuis 1996, MSF travaille en RCA. L’ensemble des équipes y mènent 7 projets dans 5 des 7 districts sanitaires du pays. MSF soutient 7 hôpitaux et environ 38 centres de santé. En 2012, au total, 600 000 consultations ont été dispensées et plus de 260 000 cas de paludisme ont été pris en charge. Plus de 1 600 personnes sont sous traitement antirétroviral.