En bref

MSF mène un programme de prise en charge du VIH/sida dans le district rural de Chiradzulu au sud du pays (310 000 habitants), où elle soutient 10 centres de santé ainsi que l'hôpital, et plus particulièrement le service dédié à la tuberculose. Depuis 2008, un programme de prévention de la transmission mère-enfant (PTME) est proposé.

Début 2011, nous suivons plus de 27.000 patients, dont 18.000 sont sous antirétroviraux (ARV). Chaque mois, environ 500 nouveaux patients intègrent notre cohorte dont 340 commencent immédiatement un traitement ARV.

Dépenses 2010 : 6 988 000 €
Financements : 92 % privés, 8 % institutionnels
Équipe : 31 internationaux et 188 nationaux
Autre section présente dans le pays : MSF Belgique dans le district de Thyolo

Contexte

Fin 2010, environ 225 000 Malawites séropositifs sont sous traitement, 396 sites dispensent des traitements antirétroviraux (ARV), mais 58% seulement des malades qui en auraient besoin en bénéficient. De même, seulement 34% des femmes enceintes séropositives sont suivies dans un programme de prévention de la transmission de la mère à l'enfant. 10 sites seulement sont en mesure de proposer des traitements de 2ème ligne. Et uniquement 52 structures disposent de machines de mesure du taux de CD4 dont beaucoup ne sont pas en état de marche (la mesure des CD4 exprime le degré de sévérité de l'infection VIH).

En 2009 et en 2010, la tendance à la baisse des financements des programmes nationaux, cumulée aux problèmes de coordination entre bailleurs et acteurs ont occasionné d'importantes ruptures de stocks en médicaments VIH sur l'ensemble du Malawi. Des dysfonctionnements qui ne sont toujours pas totalement résolus aujourd'hui.

Fin 2009, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a publié de nouvelles recommandations en matière de prise en charge du VIH : mise sous traitement plus précoce des malades et utilisation de nouveaux médicaments. Quelques mois plus tard, le Malawi soumettait un plan (prévoyant l'implantation de l'ensemble de ces nouvelles recommandations vers la mi-2011) à son principal bailleur : le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. En décembre 2010, ce dernier refusait cette proposition, jugée trop ambitieuse, et demandait au gouvernement malawite de la reformuler.

Projets

Prise en charge du VIH/sida à Chiradzulu

  • Dans les 10 centres de santé du district
     

En collaboration étroite avec le ministère de la Santé, MSF décentralise de plus en plus la supervision des soins au niveau des 10 centres de santé du district. Toutes les structures disposent désormais d'un programme de prévention de la transmission mère-enfant. La mise en place d'une nouvelle machine de dépistage de la tuberculose permettra d'améliorer le diagnostic et, en théorie, de prendre en charge davantage de patients co-infectés. Le contenu des messages et le rythme des sessions de conseil psychosocial ont été modifiés. Désormais les séances cesseront après une année de traitement antirétroviral et les informations seront adaptées aux contraintes de chaque patient. Nos conseillers concentreront leurs efforts sur ceux présentant des difficultés sociales, d'adhérence, d'échec de traitement et aussi sur les enfants, grâce à de nouveaux outils développés et la formation de personnel à l'information de cette population.

  • Dans l'hôpital de district
     

Sur demande des autorités sanitaires du district, MSF tente d'améliorer la façon dont les services et le personnel hospitaliers sont organisés et aide également le ministère de la Santé à mettre en place un programme de prévention de la transmission mère-enfant (PTME) au sein des consultations anténatales.

En 2011, MSF continuera à proposer des soins et des traitements de qualité au sein des centres de santé et de l'hôpital du district et de soutenir le ministère de la Santé afin qu'à terme celui-ci soit en mesure de gérer et de maintenir cette offre de soins et de traitements sans le soutien direct de MSF.

L'effort d'intégration de nos activités dans le programme national se poursuit, en harmonie avec les protocoles du ministère de la Santé, ainsi que dans le portefeuille des maladies à charge des établissements sanitaires et dans une approche globale d'offre de soins et de traitement.

Nous avons décidé d'appliquer dès que possible les nouvelles recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), notamment "l'option B +" qui préconise la mise sous ARV à vie des femmes séropositives enceintes intégrant les programmes de PTME. Une nouvelle stratégie doit par ailleurs être mise en place afin de pouvoir donner aux patients déjà sous traitement un régime ayant moins d'effets secondaires. MSF continuera d'élaborer des protocoles médicaux plus simples pour le suivi des patients au sein de projets pilotes, et de capitaliser cette expérience.

Nos relations avec les autorités traditionnelles continuent d'être renforcées. Des réunions sont déjà régulièrement organisées afin de faire passer des informations sur les activités menées par MSF et de pousser encore plus loin la simplification des soins et du suivi des patients. Il est en effet important de mieux connaître les ressources disponibles dans la communauté qui faciliteraient le passage de l'information pour le dépistage et une amélioration globale du soutien des patients. Nous voudrions également évaluer, au niveau communautaire, l'acceptabilité de la circoncision masculine dans le district.

Au total, plus de 26 000 patients sont suivis par MSF, dont plus de 18 000 sous ARV (et dont 13% d'enfants de moins de 15 ans). Chaque mois, environ 500 nouveaux patients intègrent notre cohorte dont 340 commencent immédiatement un traitement ARV. Près de 1 500 femmes séropositives enceintes sont suivies dans notre programme de prévention de la transmission de la mère à l'enfant et 461 malades co-infectés par le VIH/sida et la tuberculose sont pris en charge par nos équipes.

Urgence rougeole

En 2010, malgré une couverture vaccinale rapportée comme étant correcte, le Malawi a connu une importante flambée de rougeole, la pire depuis 1997. En février 2010, les premiers cas sont apparus à Blantyre, la capitale, puis l'épidémie s'est rapidement propagée à travers le pays. Avec un taux d'attaque (bilan de tous les cas apparus dans une population à une date donnée) de 755 cas pour 100 000 personnes (surtout chez les 6-11 mois), début septembre, tous les districts sont en situation épidémique. Au total, 105 000 cas et 251 décès ont été rapportés, surtout chez les 5-14 ans.

Pour aider les autorités à faire face, nos équipes sont intervenues entre avril et août dans l'ensemble du pays et notamment dans la région sud, la plus touchée. En collaboration avec le ministère de la Santé, trois sections MSF (France, Belgique et Espagne) ont vacciné, fin juin, de manière préventive, 3 343 112 enfants âgés de 6 mois à 15 ans. Des baisses significatives du nombre de nouveaux cas ont par la suite été rapportées dans les districts vaccinés. Du matériel médical et 34 344 traitements ont également été distribués pour soigner les malades dans 359 centres de santé et 28 unités d'hospitalisation.