En bref
Après avoir quitté l'Afghanistan en juin 2004, suite à l'assassinat de cinq membres de son personnel, Médecins Sans Frontières est de retour à Kaboul à l'hôpital de Ahmed Shah Baba.
MSF travaille actuellement à l'hôpital de Ahmed Shah Baba, situé à l'est de Kaboul. Le projet de sa réhabilitation permettra de le convertir en hôpital de district et de prodiguer ainsi un large éventail de services médicaux, incluant des soins d'urgence.
En 2004, suite à l'assassinat de cinq de nos volontaires, toutes les sections de MSF s'étaient retirées d'Afghanistan. Avec près de 80 volontaires expatriés et 1 400 employés afghans, MSF était présente dans 16 des 32 provinces afghanes.
Les activités allaient du soutien aux réfugiés afghans - de retour après la guerre - à l'accès aux soins, notamment dans les zones les plus isolées - vaccination, soutien d'hôpitaux régionaux et provinciaux, approvisionnement en eau, hygiène - ainsi que des programmes spécialisés dans la nutrition, la santé materno-infantile, le traitement de la tuberculose et la santé mentale.
Contexte
En Afghanistan les indicateurs de santé restent parmi les plus mauvais du monde : la mortalité infantile est de 250 pour mille et la mortalité en couches de 1,6 % en moyenne.
MSF venait en aide en priorité aux personnes les plus vulnérables, celles privées de services médicaux, pour des raisons géographiques ou politiques, ou du fait d'une absence de programme spécifique (comme la lutte contre la tuberculose).
Les Talibans, qui ont perdu le pouvoir en novembre 2001, font, pour la plupart, toujours partie du paysage politique afghan et essaient de saper l'autorité du gouvernement d'Hamid Karzaï.
D'autre part, les chefs de guerre du Nord - qui n'ont pas déposé les armes - reconstituent leurs réseaux et importent de nouvelles armes. L'insécurité qui en résulte empêche les ONG d'intervenir dans une grande partie du pays et les incidents se multiplient.
Déjà, en mai 2003, MSF avait été obligée de retirer ses équipes expatriées de Ghazni, au sud du pays, laissant le personnel afghan diriger seul le programme de lutte contre la tuberculose.
Projets
Le 2 juin 2004, cinq de nos collègues étaient assassinés, cible d'une attaque préméditée, alors qu'ils circulaient à bord d'une voiture clairement identifiée, sur une route de la province de Bagdhis, au Nord-Ouest du pays. Ce tragique événement a eu pour conséquence immédiate la suspension, puis la fermeture de tous nos programmes, sur tout le territoire afghan.
Cette décision faisait bien sûr suite au meurtre, mais aussi au manque de réaction des autorités afghanes (aucune arrestation ni aucune poursuite engagée).
Le gouvernement afghan n'assumait donc pas sa responsabilité de protection des travailleurs humanitaires présents sur son territoire. En outre, peu après le drame, un porte-parole taliban revendiquait cette attaque et lançait un appel au meurtre contre MSF et d'autres organisations, accusées d'être au service de la coalition. Ces charges mensongères étaient et restent particulièrement outrageantes pour MSF, dont l'un des principes fondateurs est d'aider les populations en détresse, indépendamment de toutes considérations politiques.
La poursuite de nos activités était impossible, nous ne pouvions continuer à mettre nos volontaires en danger alors qu'ils étaient délibérément pris pour cible par des groupes armés et nous avons dû nous résoudre à transmettre nos programmes au ministère de la Santé, ainsi qu'à d'autres organisations.
En mai 2005, le principal suspect du meurtre a finalement été arrêté. En dépit de cette nouvelle positive, le contexte sécuritaire (attaques ciblées contre les ONG, confusion entre interventions militaires et humanitaires) ne permet toujours pas la conduite des secours indépendants dont la population afghane, toujours très vulnérable, a pourtant encore tant besoin. Les conditions préalables à notre retour ne sont toujours pas réunies.
Nos activités allaient du soutien aux réfugiés afghans - de retour après la guerre - à l'accès aux soins, notamment dans les zones les plus isolées - vaccination, soutien d'hôpitaux régionaux et provinciaux, approvisionnement en eau, hygiène - ainsi que des programmes spécialisés dans la nutrition, la santé materno-infantile, le traitement de la tuberculose et la santé mentale.





