L’hôpital de traumatologie de MSF à Kunduz, Afghanistan, a été bombardé au cours d’une série de raids aériens menés samedi 3 octobre 2015.

L’hôpital de traumatologie de MSF à Kunduz, Afghanistan, a été bombardé au cours d’une série de raids aériens menés samedi 3 octobre 2015. Quand l’attaque a eu lieu, 105 patients et plus de 80 personnels nationaux et internationaux de MSF étaient à l’hôpital. 22 personnes au total ont été tuées par l’attaque, dont 12 personnels MSF et 10 patients. 37 personnes ont été blessées, dont 19 membres de l’équipe MSF.

L’attaque a eu lieu malgré le fait que MSF ait fourni les coordonnées GPS de l’hôpital à la Coalition et aux autorités militaires et civiles afghanes, pas plus tard que le jeudi 29 septembre. L’attaque s’est poursuivie plus de 30 minutes après que nous avons alerté les autorités militaires américaines et afghanes à Kaboul et à Washington que l’hôpital était frappé.

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Contexte

Théâtre de guerre depuis près de 35 ans, l’Afghanistan est embourbé dans une crise complexe et aux prises avec des problèmes économiques, politiques et sociaux énormes. Malgré quelques évolutions positives ces 14 dernières années, cet Etat encore fortement dépendant de l’aide internationale se caractérise par une pauvreté généralisée, des taux élevés d’analphabétisme et de chômage, la faiblesse de son économie formelle et certains des pires indicateurs de santé dans le monde.

L’année 2014 a marqué un tournant pour le pays, avec l’organisation d’élections présidentielles et le retrait du gros des forces internationales. L’attention du monde s’est ainsi focalisée sur des questions militaires et politiques, négligeant le combat quotidien pour la survie de centaines de milliers de personnes trop souvent absentes des gros titres.

Et pourtant, les Afghans subissent au quotidien les conséquences désastreuses de décennies de guerre et continuent de payer un lourd tribut à la violence. L’année 2014 a été de loin la plus meurtrière depuis 2011, avec une hausse brutale et alarmante des victimes civiles, à mesure que le conflit s’intensifiait.

Outre les morts et les blessés dus au conflit, les Afghans doivent surmonter la pauvreté, les déplacements et de mauvaises conditions sanitaires. L’accès à des services médicaux de qualité est extrêmement limité dans l’ensemble du pays, notamment dans les zones rurales et reculées. Les hôpitaux publics manquent souvent de personnel ou sont surchargés de patients. De nombreux centres de santé en zones rurales sont dysfonctionnels ou trop difficiles à atteindre pour les patients. Les cliniques privées sont inabordables pour beaucoup de gens, et toutes n’offrent pas une qualité de soins satisfaisante. L’insécurité et les dangers de la route rendent encore plus difficile l’accès aux traitements pour les patients.

Les femmes en particulier se heurtent à des obstacles spécifiques, comme le manque cruel de personnel médical féminin qualifié : la majorité des femmes sont ainsi privées d’accès à des soins obstétriques essentiels.

Projets

PROJET DE DASHT-E-BARCHI

En novembre 2014, MSF a commencé à soutenir l’hôpital public de district de Dasht-e-Barchi, dans l’ouest de Kaboul, et a ouvert un service de maternité spécialisé en soins obstétriques et néonataux d’urgence.

Reflet de l’explosion démographique et de l’urbanisation anarchique de la capitale, Dasht-e-Barchi compte aujourd’hui plus d’un million d’habitants. Aujourd’hui, l’hôpital de Dasht-e-Barchi représente l’une des rares offres du district en matière de soins de santé publique.

Dans le quartier, le coût d’un accouchement normal dans une clinique privée s’élève à 90 $, tandis qu’une césarienne peut atteindre 700 $: une charge financière insoutenable pour la plupart des femmes et leur famille. Pour réduire le risque de mortalité maternelle et néonatale, MSF a créé un service d’urgences obstétriques complètement équipé, avec soins 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour les accouchements les plus compliqués.

Ce service de maternité de 45 lits comprend une unité de soins intensifs pour les femmes et les nouveau-nés, un service d’hospitalisation et un bloc opératoire parfaitement équipé pour les césariennes et autres accouchements difficiles. Des services supplémentaires sont également fournis par MSF : vaccination, laboratoire, banque du sang et unité de stérilisation. Enfin, une unité Kangourou a été aménagée dans le service néonatal, où les mères tiennent leur nouveau-né contre leur poitrine, peau contre peau, ce qui permet de réguler la température du bébé.

Deux ou trois mois à peine après son ouverture, la maternité de Dasht-e-Barchi fonctionnait déjà au maximum de sa capacité, avec une moyenne de 740 accouchements par mois, dont un tiers avec complications. Avec le bouche-à-oreille, ce chiffre devrait encore augmenter.