En bref

Dépenses 2014 : 210 000 €
Financement : 100 % fonds privés
Equipe : 2 internationaux
Autres sections MSF présentes : section belge au travers de la représentation de MSF Hong Kong (non opérationnel), Campagne d'Accès Aux Médicaments Essentiels

Contexte

Même si la Chine a instauré en décembre 2003 une politique de gratuité des traitements contre le VIH/sida (antirétroviraux gratuits, dépistage et traitement gratuits pour la prévention de la transmission mère-enfant, tests et conseils gratuits et enfin scolarité gratuite pour les orphelins victimes du SIDA), le travail effectué dans le pays reste difficile et complexe. Selon le Ministère de la Santé, certaines régions ou départements ne sont pas suffisamment couverts par cette approche, et la discrimination comme la stigmatisation restent toujours très marquées. Malgré une prévalence encore faible (0,058%), on estime à 780 000 (chiffres OMS, 2011) le nombre de personnes vivant avec le VIH/SIDA (entre 620 000 et 940 000) et environ 70 000 cas nouveaux ont été signalés pour les premiers mois de 2013.

La Chine représente jusqu’à 30% du fardeau global de l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC), ce qui correspond à 40 à 50 millions d’individus environ. Le taux de prévalence est à 3,7% pour le pays, ce qui place la Chine en 2ème position juste derrière le Pakistan. La distribution géographique de l’infection VHC varie grandement en fonction du mode de transmission. La consommation de drogues par voie injectable est plus fréquente dans le sud, alors que les donneurs de sang rémunérés se retrouvent dans les autres régions. La prévalence du VHC chez les consommateurs de drogues par injections est extrêmement élevée, avec un taux de 66,9%. On estime que la Chine est le pays au monde qui compte le plus grand nombre de consommateurs de drogues injectables vivant avec le VHC, à savoir 1,6 million d’individus environ.

Projets

Afin d’influencer la réforme nécessaire des achats publics, des prescriptions et des modalités de qualification, Aids Care China (ACC) qui est une ONG chinoise nationale, a souhaité apporter la preuve dans ses propres dispensaires qu’il est possible d’utiliser au mieux les ressources disponibles en offrant de meilleurs soins et de meilleurs traitements à un plus grand nombre de patients tout en utilisant de meilleurs médicaments. Pour ce faire, ACC a installé un de ses dispensaires à Jiegao sur la frontière sino-birmane (dans la région du Yunnan) où on trouve le plus grand nombre de consommateurs de drogues injectables, tant Chinois que Birmans, qui sont infectés par le VIH, ou co-infectés VIH/tuberculose et VIH/VHC. ACC a fait appel à MSF pour améliorer le savoir-faire de son personnel médical et pour la fourniture de combinaisons d’antirétroviraux génériques à dose fixe (FDC) destinée à une cohorte de patients birmans. Un accord (MoU) a été signé pour un an ; il a pris effet en septembre 2013.

Vers la fin de l’année 2013, le gouvernement chinois a autorisé l’accès aux traitements VIH en Chine pour les Birmans afin de mieux contrôler l’infection VIH. La collaboration entre les autorités birmanes et chinoises devrait s’en trouver renforcée. Qui plus est, en raison de difficultés opérationnelles, ACC a dû fermer certains de ses dispensaires en 2014. Bien que la nécessité d’améliorer la prise en charge des patients VIH soit toujours présente, ACC et MSF ont décidé de mettre fin à leur partenariat en raison de la diminution radicale des effectifs de la cohorte active mais aussi en raison d’une révision totale de la réglementation imposée par le gouvernement chinois.

De ce fait, le projet de soutien à Aids Care China a été clôturé en avril 2014.