La Jungle, mars 2016
La Jungle, mars 2016 © Samuel Hanryon/MSF

Jeudi 26 mai, un pic de violence a éclaté dans la « Jungle » de Calais. Un incendie s’est ensuite propagé à travers une grande partie du camp de réfugiés : 3 500 m² du site auraient brûlé et 1 000 personnes seraient désormais sans abri. Des tentes MSF sont actuellement transférées de Grande-Synthe vers Calais, les équipes suivent la situation et évaluent les besoins, essentiellement logistiques et psychologiques. Par ailleurs, une attention particulière va être portée aux mineurs isolés.

Hier, en fin de journée, le calme était revenu mais la tension reste vive dans la Jungle. « Entre 30 et 50 personnes, des migrants, des bénévoles et des policiers français, auraient été blessées lors des affrontements. Suite à la destruction de la moitié du camp, en mars dernier, les conditions de vie se sont nettement détériorées dans le camp surpeuplé de la Jungle. Ces moments de forte tension sont difficilement évitables » constate Franck Esnee, chef de mission MSF pour les projets migrants dans le nord de la France.

Malgré l'expulsion de près de la moitié du camp de réfugiés, ils sont encore environ 5 000 à vivre sur la moitié de la surface du site d'origine et le surpeuplement ne fait qu'accroître les tensions au sein d'une population vulnérable. Les autorités françaises ont installé un Centre d'accueil temporaire de 1 500 places dans des conteneurs d'expédition. Mais ce site, cerné par de hautes clôtures, des scanners d'empreintes digitales et des portes métalliques aux entrées et sorties, est très controversé. Familles et enfants peuvent rejoindre le Centre Jules Ferry ; d'autres peuvent rejoindre des centres d'accueil, ailleurs en France, où ils peuvent demander l'asile.

Via ses activités de sensibilisation et la présence d'un psychologue au sein du centre de santé de la Jungle, MSF accroît son niveau d’assistance pour les populations les plus vulnérables : femmes, mineurs non accompagnés et personnes en souffrance psychologique.

Début mai, plus de 350 mineurs non accompagnés ont été enregistrés dans la Jungle. MSF travaille actuellement sur la mise en place d’un centre qui leur sera dédié ; une structure qui offrira, entre autres, un soutien psychologique, ainsi qu’un accès à l'information et l’aide juridiques.

Lors de la destruction et de l'évacuation de la partie sud du camp, le 29 février dernier, MSF a installé un dispensaire afin de prendre en charge les blessés. Le 1er mars, MSF a transféré ses activités médicales à l'hôpital de Calais. Entre novembre 2015 et février 2016 : 8 416 consultations ont été dispensées (25% pour des infections respiratoires et 20% pour des cas de gale ; beaucoup de nos patients étaient âgés de 15-18 ans). 54 consultations pour des cas de "violence non-accidentelle" ont par ailleurs été assurées.