Syrie : après 14 ans de guerre, des milliers de personnes sont encore privées d’eau
Après quatorze années de conflit, de destruction d’infrastructures essentielles et de déplacements, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reste difficile pour des millions de personnes en Syrie. Alors que 15,6 millions de personnes ont encore besoin d’aide humanitaire, Médecins Sans Frontières (MSF) intervient pour améliorer l’accès à cette ressource essentielle.
Depuis décembre 2024, environ 1,7 million de réfugiés et 1,9 million de déplacés sont retournés dans leur communauté. Beaucoup découvrent des infrastructures et services endommagés, perturbant grandement l’approvisionnement en eau. Or, lorsque l’eau potable manque, les conséquences dépassent les difficultés du quotidien. Les maladies hydriques, causées par une eau contaminée ou de mauvaises conditions d’hygiène, se développent plus facilement et les soins médicaux deviennent plus difficiles à dispenser.
« Nous avons besoin d’approvisionnement en eau potable. Une eau peut paraître propre tout en contenant des bactéries et d’autres contaminants dangereux pour la santé. », explique Charlie Hardstone, coordinateur eau et assainissement de MSF.
Cette distinction est importante dans un contexte où les infrastructures endommagées, les conditions de vie surpeuplées et la perturbation des services publics augmentent le risque de contamination.
Dans les établissements de santé, l’accès à l’eau et à l’assainissement est également essentiel pour assurer les soins, prévenir les infections, maintenir l’hygiène et garantir le bon fonctionnement des services médicaux.
Rétablir l’approvisionnement en eau après le retour des populations
Dans les zones rurales d’Alep, certaines familles sont ainsi revenues dans des localités privées d’un réseau d’eau fonctionnel.
Entre mars 2025 et juin 2026, MSF y a mis en œuvre cinq projets d’approvisionnement en eau, bénéficiant à 50 000 personnes. Ces interventions incluent la réhabilitation de stations d’eau, la réparation de puits et l’installation de systèmes d’alimentation solaire.
- À Anjara, MSF a installé deux forages équipés de pompes solaires. Le projet améliore l’accès à l’eau pour environ 21 000 personnes.
- À Kefrin et Hajer Al-Aswad, dans la région rurale de Damas, MSF a réalisé trois forages, installé deux systèmes d’alimentation solaire et remis en état une station d’eau ainsi qu’un château d’eau.
Au nord-est de la Syrie : la réponse d’urgence de MSF aux inondations
Les inondations de mai 2026 ont endommagé environ 50 stations d’eau dans le nord-est de la Syrie. Quatre d’entre elles ont depuis été réhabilité, notamment dans les zones qui avaient connu une épidémie de choléra en 2022. Une deuxième vague d’inondations, en août 2026, a encore fragilisé l’accès à l’eau dans la région.
En réponse, MSF intervient dans plusieurs gouvernorats :
- À Raqqa, une station a déjà été remise en état et les travaux se poursuivent sur onze autres.
- À Deir ez-Zor, les équipes de MSF ont restauré la station de Al Hari, améliorant l’accès à l’eau potable pour environ 11 000 personnes.
- À Hassaké, plus de 3,5 millions de litres d’eau ont été acheminés par camion aux personnes déplacées. MSF a également fait don d’une unité de dessalement capable de produire 800 000 litres d’eau par jour, en collaboration avec la Direction de l’Eau et le ministère de l’Énergie syrien.
Améliorer l’accès à l’eau et aux installations sanitaires dans les camps de déplacés
Khouloud vit avec neuf membres de sa famille dans une tente d’un camp de déplacés dans la province de Daraa, au sud de la Syrie. En juillet 2025, des affrontements ont contraint sa famille, comme des centaines de milliers d’autres personnes, à fuir la province voisine de Soueïda.
Dans ces camps, l’accès aux installations sanitaires peut devenir un défi quotidien. « Avant l’installation des douches et des latrines, nous ne savions pas où aller pour faire nos besoins. Les installations nous ont beaucoup facilité la vie. », témoigne Khouloud.
Dans près de 40 sites de déplacements à Daraa, les équipes MSF ont installé 117 latrines et douches. À l’hôpital de Nawa, qui accueille des patients de la région et de la province voisine de Kuneitra, MSF fournit environ 70 000 litres d’eau par mois, soit près de 50% des besoins mensuels de l’hôpital.
Prévenir les risques liés à la mauvaise gestion des déchets
Une mauvaise gestion des déchets peut contaminer les sols et les sources d’eau et favoriser la prolifération de nuisibles, augmentant ainsi les risques de maladie. Leur collecte, leur traitement et leur élimination dans des conditions saintes sont donc essentiels pour la santé des populations.
À Raqqa, une installation de gestion des déchets médicaux gérée par MSF est désormais opérationnelle. Elle dessert 13 centres de soins. À Alep, une nouvelle structure est en construction et des discussions sont en cours pour des implantations dans les régions rurales de Damas, à Raqqa et Daraa.
Je soutiens MSF au Moyen-Orient
L'action de MSF en Syrie
En Syrie, MSF soutient les hôpitaux et centres de santé fragilisés par le conflit en fournissant des soins d'urgence, de santé maternelle et infantile, et de santé mentale. Nos équipes interviennent également auprès des populations déplacées pour assurer la prise en charge des maladies chroniques, l'accès à l'eau potable et l'assainissement.