Les combats dans le site de protection des civils de Malakal ont fait au moins 18 morts, dont 2 employés de Médecins Sans Frontières. Les équipes de MSF ont traité des dizaines de personnes blessées après les violences de la nuit dernière.

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Article : Soudan du Sud : surpeuplement et conditions de vie déplorables dans le camp de Malakal

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A Malakal, MSF gère un hôpital de 50 lits incluant une salle d'urgence ouverte 24h/24, et travaille aussi dans une autre salle d'urgence à l'intérieur même du site de protection des civils. © Novembre 2015 Anna Surinyach/MSF
18 personnes ont été tuées suite aux combats qui ont éclatés dans le site de protection des civils de Malakal. Deux d'entre-elles étaient des membres du personnel Sud Soudanais de MSF. Elles ont été attaquées dans leurs maisons au moment des combats. Dans la nuit, les équipes de MSF ont reçu 36 blessés à l’hôpital, dont un membre du personnel MSF. Des victimes continuent d’arriver.

Les premiers combats ont duré près de trois heures, forçant environ 600 personnes, surtout des femmes et des enfants, à se réfugier à l'intérieur de l'hôpital de MSF. Les équipes de MSF ont travaillé toute la nuit pour soigner les blessés. Au moins 25 personnes souffraient de blessures par balle. Huit ont nécessité une intervention chirurgicale.

« Cette attaque contre des civils est scandaleuse et nous exigeons que les groupes armés cessent ces actions illégales, a déclaré Marcus Bachmann, coordinateur des projets de MSF au Soudan du Sud. La population est venue dans ce site de protection des civils pour être à l’abri des violences et ce site doit rester un lieu de refuge respecté par toutes les parties au conflit ».

Environ 40 000 personnes vivent actuellement dans le site de protection des civils de Malakal. Beaucoup viennent de zones où aucune aide n’était disponible pendant des mois. La plupart des gens sont arrivés sans aucun bien et complètement démunis.

Les populations se réfugient dans le site de protection des civils de Malakal depuis que le conflit a éclaté dans la région en décembre 2013. Le nombre de personnes déplacées vivant sur ce site a plus que doublé l’an dernier suite à un afflux de 10 000 personnes déplacées en avril et un autre de 16 000 en juillet et en août.

Nos pensées sont avec les familles de nos collègues qui ont perdu la vie.

A Malakal, MSF gère un hôpital de 50 lits incluant une salle d'urgence ouverte 24h/24, et travaille aussi dans une autre salle d'urgence à l'intérieur même du site de protection des civils. MSF travaille dans la région qui constitue aujourd'hui la République du Soudan du Sud depuis 1983. Aujourd'hui, MSF emploie plus de 2 937 personnels Sud Soudanais et 329 personnels internationaux pour répondre à un large éventail d'urgences médicales et fournir gratuitement des soins de santé de qualité dans 18 projets répartis sur 7 des 10  Etats du Soudan du Sud et de la zone administrative spéciale d’Abyei.

Mise à jour au 19 février :

Dans les 18 premières heures de combats à Malakal, MSF a pris en charge 73 blessés au total, dont 46 étaient atteints de blessures par balle.

Les combats se sont considérablement calmés depuis hier soir, malgré quelques coups de feu au cours de la nuit. Après avoir temporairement suspendu ses activités à l'hôpital en raison des combats, l'équipe MSF a pu revenir et reprendre le travail. Deux cliniques dans le camp appartenant à d'autres organisations d'aide ont été détruites.

L'une des principales préoccupations de MSF concerne le sort des 43 000 personnes déplacées qui ont trouvé refuge dans le site de protection des civils et qui ont dû s’entasser dans une zone exigüe. Leur accès à l'eau et leurs conditions d’hygiène sont préoccupants. MSF ne sait pas combien de temps ils seront autorisés à rester sur ce site.

« Après plus de deux ans de conflit, le seul système mis au point par l'ONU pour protéger les populations vulnérables du Soudan du Sud a été la création des zones de protection des civils, a déclaré Johanna Van Peteghem, responsable régionale adjointe des programmes pour MSF. Il est clair que ce système est insuffisant, car il ne protège qu’une faible partie de la population à risque. Nous sommes très préoccupés par les conditions de vie sur le site de protection des civils de Malakal et par le sort de ceux qui ont fui, sans aucune protection réelle. Ces sites sont présentés comme les seules solutions possibles, abandonnant le reste du pays à son sort ».