En bref

Présente au Kenya depuis 1987, MSF mène des activités de lutte contre le VIH/sida et la tuberculose depuis plusieurs années, à travers deux programmes : à Nairobi, dans le bidonville de Mathare et à Homa Bay, sur les bords du Lac Victoria. A Mathare, MSF assure également la prise en charge des violences sexuelles. Nos équipes interviennent aussi de manière ponctuelle dans des situations d’urgence : violences, épidémies, etc.

Dépenses 2011 : 5 227 791 €
Financements : 98 % privés, 2% institutionnels
Équipe : 19 internationaux et 220 nationaux
Autres sections présentes: sections belge, espagnole et suisse de MSF

Contexte

Avec 1,5 million de personnes atteintes du VIH/sida, dont 400 000 ayant accès à un traitement antirétroviral, le Kenya est l’un des pays les plus touchés par la pandémie de sida.

Le pays continue de bénéficier largement des financements internationaux via les contributions du Pepfar et, dans une moindre mesure, du Fonds Mondial ainsi que de la Fondation Clinton. Mais si le Kenya prévoit un accès universel au traitement anti-VIH répondant aux normes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il fait face à des difficultés pour assurer la pérennité et la continuité des programmes de lutte contre la maladie. 

Par ailleurs, le Kenya comptait près de 106 083 nouveaux cas de tuberculose régulière et 112 nouveaux cas de tuberculose résistante, en 2010*. A la fin de la même année, 180 patients atteints de tuberculose multi-résistante étaient mis sous traitement ; dont un tiers d’entre eux, au sein de programmes MSF. A noter également, une augmentation du nombre de centres de traitement de la tuberculose multi-résistante, passé de 8 en 2009 à 26 en 2010.

En 2011, l’apparition de médicaments anti-VIH falsifiés (Zidolam-N) dans la chaîne d’approvisionnement du pays a été relevée par nos équipes. Des membres du personnel médical de MSF ainsi que des patients avaient constaté des anomalies sur ces médicaments, caractérisées notamment par une décoloration. MSF a immédiatement alerté les autorités kenyanes, placé les médicaments en quarantaine et investigué sur la provenance de ces médicaments. Les patients ont été immédiatement rappelés afin de recevoir de nouveaux traitements et un examen de leur charge virale leur a été proposé. Trois lots de Zidolam-N falsifiés ont été identifiés : les ingrédients étant corrects mais périmés, les boites avaient été reconditionnées de façon à prolonger leur date de validité. 

MSF accorde une grande importance à la qualité des médicaments distribués aux patients dans ses projets.

*Source : ministère de la Santé

Projets

Nairobi : traitement du VIH/sida et de la tuberculose dans le bidonville de Mathare

Depuis 2001, MSF a développé un programme de prise en charge du VIH/sida et de la tuberculose dans la clinique dite de la « Blue House », située dans le bidonville de Mathare à l'est de Nairobi. Environ 3 000 personnes y reçoivent des soins, dont 2 500 par traitement antirétroviral. En 2010, MSF a décidé de changer le traitement de première ligne pour les nouveaux patients (passant du D4T au TdF/AZT) conformément aux normes de l'OMS.

Les conditions de vie du bidonville de Mathare (qui, selon le recensement de 2010, compterait une population de 87 000 personnes) constituent un environnement propice à la propagation de la tuberculose, maladie opportuniste du sida. En 2010, MSF a constaté au sein de sa cohorte de patients de nombreux Somaliens vivant dans un quartier proche du bidonville (Eastleigh) et souffrant de tuberculose résistante. L’inclusion de ces nouveaux patients ainsi que l’introduction d’un nouveau test diagnostique dans notre clinique a engendré une augmentation du nombre de cas de tuberculose simple et résistante. Au cours de l’année 2011, 541 patients atteints de tuberculose simple et 29 atteints de la forme résistante aux médicaments ont débuté un traitement.

Nairobi : prise en charge des victimes de violences sexuelles dans le bidonville de Mathare

Depuis 2008, MSF a mis en place un programme de prise en charge des victimes de violences sexuelles dans le bidonville. En 2011, l’élargissement des horaires de consultation du programme (24h/24 et 7 j/7) a permis d’augmenter considérablement le nombre de consultations. Chaque mois, près de 100 personnes victimes de violences sexuelles, dont plus de la moitié sont des enfants, reçoivent des soins médicaux et un support psychosocial.

Homa Bay : traitement du VIH/sida et de la tuberculose dans la province de Nyanza

Présente à Homa Bay depuis 1996, MSF fournit des soins à plus de 10 000 personnes atteintes du VIH/sida, dont près de 9 000 par traitement antirétroviral. En 2011, MSF commence à délivrer des médicaments antirétroviraux ; il s’agit alors du premier programme gratuit de traitement des patients au Kenya. Dans cette région à forte prévalence, MSF a peu à peu décentralisé la prise en charge pour atteindre huit postes de santé autour de Homa Bay où les patients peuvent venir chercher régulièrement leurs médicaments.

Face à l’augmentation des formes résistantes de cette maladie, MSF s’investit depuis cinq ans dans la prise en charge des patients qui en sont atteints. En 2011, plus de 500 patients ont également été soignés pour la tuberculose. Et à la fin de l’année, 27 personnes atteintes de tuberculose multi-résistante ont débuté un traitement.