En bref

Présente au Kenya depuis 1987, MSF mène des activités depuis plusieurs années pour lutter contre le VIH/sida et la tuberculose, à travers deux programmes : à Nairobi dans le bidonville de Mathare et à Homa Bay sur les bords du Lac Victoria. MSF intervient également de manière ponctuelle dans des situations d'urgence : violences, épidémies, etc.

Dépenses 2010 : 5 067 000 €
Financements : 98 % privés, 2 % institutionnels
Équipe : 18 internationaux et 192 nationaux
Autres sections MSF présentes: sections belge, espagnole et suisse

Contexte

Avec 1,5 million de personnes atteintes du VIH/sida, dont 400 000 ayant accès à un traitement antirétroviral, le Kenya est l'un des pays les plus touchés par la pandémie du VIH/sida.

Le pays continue de bénéficier largement des financements internationaux via les contributions du Pepfar et dans une moindre mesure du Fonds Mondial, ainsi que de la Fondation Clinton. Mais si le Kenya prévoit un accès universel au traitement anti-VIH répondant aux normes de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il doit d'ores et déjà faire face à des difficultés pour assurer la pérennité et la continuité des programmes de lutte contre la maladie. Des risques de ruptures dans l'approvisionnement de traitements anti-rétroviraux sont régulièrement constatés.

Par ailleurs, le Kenya comptait près de 132 000 nouveaux cas de tuberculose en 2009 (chiffres OMS). Bien que 4% des patients tuberculeux atteints d'une forme résistante de la maladie ont été diagnostiqués, seuls 130 sont actuellement sous traitement, au sein de programmes MSF pour la plupart d'entre eux. Malgré ces obstacles, on note une augmentation du nombre de centres de traitement de la tuberculose multi-résistante, passé de deux à treize sur l'ensemble du pays au cours de ces dernières années.

Projets

Nairobi - Traitement du VIH/sida et de la tuberculose dans le bidonville de Mathare

Depuis 2001, MSF a développé un programme de prise en charge du VIH/sida et de la tuberculose dans la clinique dite de la « Blue House », située dans le bidonville de Mathare à l'est de Nairobi. Environ 3 000 personnes y reçoivent des soins, dont 2 500 par traitement antirétroviral. En 2010, MSF a décidé de changer le traitement de première ligne pour les nouveaux patients (passant du D4T au TdF/AZT) conformément aux normes de l'OMS.

Les conditions de vie du bidonville de Mathare (qui selon le recensement de 2010 compterait une population de 87 000 personnes), constituent un environnement propice à la propagation de la tuberculose, maladie opportuniste du sida. En 2010, MSF a constaté au sein de sa cohorte de patients de nombreux Somaliens vivant dans un quartier proche du bidonville et souffrant de tuberculose résistante. Au cours de l'année, MSF a soigné de la tuberculose plus de 400 personnes et 41 nouveaux patients atteints de la forme résistante aux médicaments ont débuté un traitement.

Depuis 2008, MSF a mis en place un programme de prise en charge des victimes de violences sexuelles dans le bidonville. Au cours de l'année 2010, quand les horaires de consultation du programme ont été élargis (de huit heures à minuit), le nombre de consultations a presque doublé. Chaque mois, près de 70 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants, reçoivent des soins médicaux et un support psychosocial.

Homa Bay - Traitement du VIH/sida et de la tuberculose dans la province de Nyanza

Présente à Homa Bay depuis 1996, MSF fournit des soins à plus de 10 000 personnes atteintes du VIH/sida, dont près de 8 000 par traitement antirétroviral. MSF a commencé à délivrer des médicaments antirétroviraux à partir de 2001. Il s'agissait alors du premier programme gratuit de traitement des patients au Kenya.

Dans cette région à forte prévalence, MSF a peu à peu décentralisé la prise en charge pour atteindre huit centres autour de Homa Bay où les patients peuvent venir chercher régulièrement leurs médicaments.

En 2010, plus de 500 patients ont également été soignés pour la tuberculose. Face à l'augmentation des formes résistantes de cette maladie, MSF s'investit depuis cinq ans dans la prise en charge des patients qui en sont atteints. A la fin de l'année 2010, 31 personnes atteintes de tuberculose multi-résistante ont ainsi débuté un traitement.