Un jeune homme en provenance de Gambie prie dans le camp de transit de Augusta en Italie, quelqeus heures après avoir été repêché en mer. Septembre 2014.
Un jeune homme en provenance de Gambie prie dans le camp de transit de Augusta en Italie, quelqeus heures après avoir été repêché en mer. Septembre 2014. © Ikram N'gadi/MSF

L'organisation médicale internationale Médecins Sans Frontières (MSF) et le Migrant Offshore Aid Station (MOAS) ont annoncé le lancement d'une opération commune de recherche, de sauvetage et d'aide médicale en Méditerranée centrale, entre l'Afrique et l'Europe. L'opération se déroulera de mai à octobre, où il est attendu que des milliers de migrants risquent leur vie pour trouver refuge en Europe.

L'année dernière a été la plus meurtrière, avec plus de 3 400 décès en mer. Cette année, le bilan devrait s'alourdir puisque l'assistance aux bateaux en détresse a été réduite. L'opération de recherche et de sauvetage Mare Nostrum de la marine italienne a pris fin en novembre 2014 à cause du manque de financement de la part des gouvernements européens. Elle n'a pas été remplacée.

« L'Europe a tourné le dos aux personnes qui fuient certaines des pires crises humanitaires de notre époque », déclare Arjan Hehenkamp, directeur général de MSF. « La décision de fermer les frontières et de construire des clôtures oblige des hommes, des femmes et des enfants à risquer leur vie en tentant d'atteindre l'Europe par la mer. Ignorer la situation n'est pas la solution. L'Europe a la responsabilité d'éviter davantage de morts à ses portes et possède les ressources nécessaires pour agir. »

Ces prochains mois, MSF et le MOAS sillonneront ensemble la Méditerranée à bord du MY Phoenix, un bateau de sauvetage de 40 mètres de long. Équipé de bateaux semi-rigides à grande vitesse, de drones de surveillance et d'un équipage de 20 personnes, le MY Phoenix portera secours aux migrants en détresse.

« Notre motivation est simple », affirme le directeur du MOAS Martin Xuereb. « Personne ne mérite de mourir et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour nous assurer que ceux qui se sentent contraints de traverser cette mer sournoise dans des vaisseaux de fortune ne coulent pas. Quand nous avons lancé nos opérations l'an dernier, nous avons sauvé 3 000 personnes en 60 jours. Nous espérons en sauver encore plus cette année pendant cette opération de six mois aux côtés de MSF. »

Une équipe médicale MSF composée de deux médecins et d'une infirmière sera à bord. Ils seront équipés de matériel d'urgence et délivreront des traitements contre la déshydratation, les brulures causées par le carburant, les coups de soleil graves et l'hypothermie, les problèmes les plus susceptibles d'affecter des personnes ayant passé plusieurs jours en mer.

 « Nous ne pouvons pas mettre un terme aux guerres et à la pauvreté qui obligent les populations à quitter leur pays natal, mais nous avons la possibilité de réduire le nombre de morts et d'apporter une aide vitale aux milliers d'êtres humains qui traverseront la Méditerranée cet été », poursuit Hehenkamp. « Les gouvernements européens ont choisi d'accorder la priorité à la surveillance et à la protection aux frontières plutôt qu'au sauvetage de vies humaines. Sans changement de politique, la réticence collective de l'Europe à proposer des alternatives sûres pour les migrants qui tentent d'atteindre nos côtes continuera à coûter des vies. »

 

Médecins Sans Frontières (MSF) est une organisation humanitaire médicale internationale indépendante. Elle délivre des soins d'urgence aux personnes qui en ont besoin indépendamment de leur origine, religion, sexe ou appartenance politique. En 2014, MSF travaillait dans 63 pays dans le monde. Le MOAS est une organisation non gouvernementale qui a sauvé environ 3 000 migrants en mer Méditerranée lors d'une mission de 60 jours en 2014.