Mogadiscio.
Mogadiscio. © Brigitte Rossotti / MSF

Pour MSF, l’intégration de l’aide dans la stratégie politique et militaire de l’ONU et de l’Union africaine risque de ruiner les efforts des acteurs humanitaires.

Situation

Dossier : Urgence Somalie

Retrouvez notre dossier consacré aux activités de MSF dans le Corne de l'Afrique.


DANS LA PRESSE

TF1


JT de TF1, 26 décembre 2012 : "Somalie : mission périlleuse pour Médecins Sans Frontières"


MINI SITE : UN JOUR A DADAAB

Quatre réfugiés somaliens témoignent de leur situation et racontent comment se déroule une journée dans le camp de Dadaab, au Kenya.

 

Mini site : Un jour à Dadaab

 

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Médecins Sans Frontières exprime son inquiétude à propos de la possible intégration de l’aide humanitaire à la campagne militaire internationale en cours en Somalie, actuellement à l’étude au sein de l’ONU. Pour MSF, cette intégration menacerait l’impartialité et l’indépendance de l’aide fournie aux Somaliens, qui luttent pour leur survie dans un contexte de violence persistante.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies discute actuellement de la forme que prendra la mission de l’ONU en Somalie. L’une des possibilités envisagée concerne l’inclusion de l’assistance humanitaire dans l’agenda politique et militaire des Nations Unies pour la Somalie. Alors que la capacité à apporter des secours est déjà gravement compromise dans le pays, une telle approche pourrait créer un sentiment de méfiance envers les organisations humanitaires.

« De nombreux Somaliens peinent à faire face à leurs besoins de base, comme la nourriture, les soins de santé et la protection contre la violence. L’assistance humanitaire doit rester indépendante de tout agenda politique, explique Jérôme Oberreit, secrétaire général de MSF. L’aide humanitaire ne doit pas être utilisée comme un auxiliaire des plans de contre-insurrection ou de stabilisation en Somalie. »

L’aide humanitaire doit conserver son indépendance et son impartialité pour que les organisations humanitaires puissent négocier l’accès aux populations avec toutes les parties au conflit, ainsi que pour réduire les risques liés à la sécurité. Pour MSF,  toute tentative visant à politiser davantage l’aide humanitaire mettra les patients et les travailleurs humanitaires encore plus en danger.

« Nous l’avons déjà vu en Somalie et dans d’autres pays, comme l’Afghanistan, l’Irak, la Sierra Leone et l’Angola : quand les stratégies de stabilisation militaire ou de maintien de la paix se servent de l’aide humanitaire pour atteindre des objectifs politiques et sécuritaires, les acteurs humanitaires, y compris les personnels de santé, perdent leur légitimité et se voient refuser l’accès aux populations, explique Jérôme Oberreit. Dans des cas extrêmes, l’acheminement de l’aide pour certaines populations a été empêché pour servir des intérêts politiques.  L’assistance humanitaire doit se baser uniquement sur les besoins réels d’une population, et elle ne doit pas être dictée par d’autres considérations. »

Les besoins d’assistance humanitaires restent immenses, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. De nombreux Somaliens ont besoin d’une aide humanitaire de base, en particulier dans les zones de conflit et les régions contrôlées par des groupes armés, comme dans le centre-sud du pays. Ceci confirme le besoin d’une aide humanitaire impartiale et indépendante. L’accès à la nourriture et aux soins médicaux demeure très limité.

Plus de 730 000 Somaliens ont trouvé refuge dans des camps au Kenya et en Éthiopie. Le niveau d’assistance qui leur est fourni à Dadaab, un camp au Kenya où vivent des centaines de milliers de réfugiés somaliens, demeure également insuffisant. Et chaque jour, plus d’une centaine de Somaliens traversent la frontière éthiopienne pour échapper au manque de biens de première nécessité. L’insécurité et les pénuries de denrées alimentaires sont les principales motivations de leur départ.

En Somalie, MSF a déjà dû réduire ses activités en raison des risques liés à la sécurité. En octobre 2011, deux employées de MSF, Montserrat Serra et Blanca Thiebaut, ont été enlevées dans le camp de réfugiés de Dadaab, au Kenya, et emmenées en Somalie, où MSF estime qu’elles sont toujours détenues. Suite à cet enlèvement et jusqu’à la libération de ses deux employées, MSF a choisi de limiter ses activités en Somalie aux urgences médicales vitales.

MSF travaille sans interruption en Somalie depuis 1991. Elle offre des soins médicaux à des centaines de milliers de Somaliens dans 10 régions du pays ainsi qu‘au Kenya et en Éthiopie.

Plus de 1 400 employés, épaulés par une centaine de personnes à Nairobi, offrent différents soinsgratuits : soins de santé primaire, traitements contre la malnutrition, chirurgie, réponses aux épidémies, campagnes de vaccination, ainsi que distributions d’eau et de biens de première nécessité.

Au cours de la première moitié de 2012, MSF a traité près de 30 000 enfants sévèrement malnutris et en a vacciné 75 000 contre des maladies infectieuses. Les équipes MSF ont aussi réalisé plus de 7 300 accouchements et près de 500 000 consultations médicales.