Mercredi soir 27 avril, le bombardement de l’hôpital Al Quds soutenu par MSF et situé à Alep, dans le nord de la Syrie, a fait au moins 14 morts, y compris au moins deux docteurs.

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Pierre Borelle
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Un hôpital du district d'Azaz, dans le gouvernorat d'Alep, le 17 mars 2016. © Mahmoud Abdel-rahman
D’après le personnel soignant sur place, l’hôpital a été détruit par au moins un bombardement aérien qui a directement frappé le bâtiment, le réduisant en ruines. Une autre frappe aérienne dans le quartier a également touché des zones proches de l’hôpital.

La situation dans la ville d’Alep, constamment en première ligne de ce conflit violent, était alarmante avant même cette attaque. Environ 250 000 personnes sont restées y vivre, tandis que les niveaux de bombardements, de combats et de morts ont considérablement augmenté ces dernières semaines. Seule une route reste accessible parmi les zones contrôlées ou non par le gouvernement. En cas de fermeture, la ville deviendra assiégée.

Ces dernières semaines, d’autres structures médicales ont été attaquées et détruites à Alep, et cinq secouristes de l’Organisation syrienne de défense civile ont été tués.

MSF fournissait des équipements médicaux à l’hôpital Al Quds depuis 2012, et avait noué de fortes relations de travail avec le personnel sur place.

Cet hôpital, qui comptait 34 lits, offrait plusieurs services, dont une salle d’urgence, des soins obstétricaux, un service ambulatoire et hospitalier, une unité de soins intensifs et un bloc opératoire. Huit docteurs et 28 infirmières travaillaient à temps plein dans cet hôpital, qui était le principal centre pour les soins pédiatriques à Alep.

MSF gère six structures médicales dans le nord de la Syrie et soutient plus de 150 centres de soins et hôpitaux dans le pays, dont la plupart se trouvent dans des zones assiégées. Plusieurs hôpitaux du nord et du sud de la Syrie ont été bombardés depuis le début de l’année : sept étaient soutenus par MSF, et 42 personnes avaient été tuées dont 16 faisant partie du personnel médical.

Mise à jour au 3 mai 2016 :

  • Les frappes aériennes ont d'abord touché les bâtiments voisins, puis l’hôpital Al Quds, principale structure pédiatrique de référence de la ville d'Alep, où des blessés avaient commencé à être transférés. Ces derniers jours, de nouveaux corps ont été extraits des décombres ; le bilan est désormais de 55 morts ; parmi eux, 6 étaient des membres du personnel de l'hôpital, dont l’un des derniers pédiatres d’Alep, un dentiste, 2 infirmières, un technicien et un gardien.
  • Il faudra au moins deux semaines avant que l'hôpital ne soit en mesure de rouvrir ; les efforts sont portés sur la réparation et la remise en état de ce qui peut l’être. La salle des urgences et le laboratoire, les équipements essentiels et les médicaments, ont été complètement détruits. L'unité pédiatrique a été presque entièrement détruite dont, notamment, 7 incubateurs. Le service des soins intensifs est moins endommagé, mais il faudra d’importants efforts pour que l’activité reprenne. MSF apportera tout le soutien, maintenant et à venir, nécessaire à l'hôpital.
  • Les populations d'Alep sont terrifiées, les écoles sont fermées et les rues sont vides. Après des années de conflit et d’attaques de leur ville, les habitants se cachent dans les sous-sols. La plupart se retrouvent pris au piège, tributaires de l'aide humanitaire pour survivre, sans moyen de partir, obligés de « rester et mourir ».
  • Les frappes aériennes ne touchent pas seulement les hôpitaux ; des entrepôts dans lesquels donations et équipements médicaux sont stockés avant d'être délivrés aux structures de santé, ont aussi été atteints. Cela concerne aussi le système pré hospitalier géré par la Direction de la Santé d'Alep dont MSF est l'un des bailleurs de fonds. Des civils ont été tués dans ces attaques et des matériels essentiels tels que des médicaments et des équipements comme des ambulances ont été détruits.