Sept mois après son ouverture, la Sous-Préfecture de Dunkerque a décidé de ne plus accueillir de nouveaux arrivants au camp de La Linière à Grande-Synthe. L’objectif est de réduire ses capacités d’accueil à 300 personnes d’ici la fin de l’année, et probablement le fermer à court terme. A l’approche de l’hiver, précipiter les démantèlements dans les Hauts de France exposerait des milliers de migrants à l’errance et à des violences.

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Dans une note du 5 octobre 2016 transmise à la société de sécurité intervenant au camp humanitaire de La Linière, la sous-préfecture de Dunkerque exige l’arrêt des nouvelles admissions sur le camp, y compris pour les "mineurs, familles, femmes enceintes, personnes âgées, personnes en difficultés". La mairie ne s’est pas opposée à cette décision. Dans l’urgence, 6 familles ont été provisoirement logées à l’hôtel par l’association UTOPIA 56. Le camp sera clos par de nouvelles barrières et ses capacités d’accueil seront réduites d’ici la fin de l’année à 300 personnes, qui se verraient équipées de bracelets d'identification. Autant de mesures contraires à l’esprit et au fonctionnement initial du camp, où les migrants pouvaient aller et venir librement, et duquel personne ne devait être refoulé tant que des places seraient disponibles.

Le camp de La Linière a été ouvert début mars 2016 pour répondre à la situation intolérable vécue par les migrants du camp du Basroch. Lors du déménagement, 1500 migrants – dont de très jeunes enfants - y vivaient encore sous des tentes, au milieu de la boue, des détritus et des rats. La construction du camp de La Linière, assumée par la mairie et Médecins sans frontières pour un coût de 4 millions d’euros, a montré qu’une alternative était possible à l’enfermement et à l’errance. En juillet, peu après l’annonce de son financement par les services de l’Etat, l’accès du camp avait été fermé à tout nouveau majeur isolé, ce qui avait été dénoncé par l’ONG.

« La fermeture de l'accès au camp de Grande-Synthe est d’autant plus incompréhensible qu'elle intervient à la veille du démantèlement de Calais. Où iront dorénavant les migrants qui se présenteront au camp de la Linière ? Cette décision a été prise précipitamment, sans penser aux conséquences et sans proposer de solutions alternatives. Quant à ceux qui refusent de renoncer à leur projet d'aller en Angleterre, ils devront bien trouver refuge quelque part ! » déplore Franck ESNEE, Chef de mission pour MSF en France.

Il ajoute : « Les politiques annoncées de tout démantèlement, harcèlement, et destruction systématique de nouveaux campements, risquent de conduire à l’impasse. Sans proposition alternative d’accueil pour les migrants en transit, elles ne pourront qu’entraîner davantage de violence et d’errance, en plein hiver, pour des personnes, familles et enfants fuyant dans leur grande majorité la guerre ou les persécutions politiques, et venues en Europe chercher refuge et hospitalité ». MSF demande à l’Etat de ne pas procéder à des expulsions ou à des démantèlements à Grande-Synthe, Calais et les Hauts de France, tant que des solutions alternatives n’auront été trouvées.