Médecins Sans Frontières (MSF) va mettre un terme à ses activités médicales au sein du centre de premier secours et d'accueil à Pozzallo, en Italie, ainsi qu'à son projet de soutien psychologique dans la province de Raguse, en Sicile.

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Pozzallo, mai 2015 © Alessandro Penso
Le minimum de conditions n'est plus rempli pour que la collaboration avec les autorités soit efficace. MSF réitère sa demande pour une réponse concrète aux besoins humanitaires des migrants vulnérables, dse réfugiés et demandeurs d'asile ayant survécu à des conditions extrêmement difficiles dans leur pays d'origine et lors de leur voyage vers l'Europe.

MSF a, à plusieurs reprises, mis en évidence les lacunes du système du centre d'accueil en Italie. Cependant, les autorités locales et nationales n'ont, jusqu'à présent, montré aucun signe concret d'amélioration ou volonté politique de répondre à ces préoccupations.

Stefane Di Carlo, chef de mission pour MSF en Italie déclare : « dans les circonstances actuelles, notre capacité à répondre efficacement aux besoins médicaux et psychologiques des personnes vulnérables - dont des femmes enceintes, des mineurs et des victimes de torture - à Pozzallo et dans les centres secondaires de la province de Raguse, est extrêmement limitée ». La santé et le bien être psychologique et social des arrivants doit être prioritaire.

En 2015, plus de 150 000 personnes ont rejoint l'Italie par la mer ; parmi elles, 15 000 ont abouti à Pozzallo. L'équipe de MSF y a soutenu l'agence de santé provinciale de Raguse. Depuis février, plus de 3 000 consultations médicales ont été réalisées. Dans les autres centres d'accueil, MSF a effectué plus de 800 consultations pour des personnes nécessitant un soutien psychologique, notamment celles ayant subi des évènements traumatisants.

« On accorde de moins en moins d'attention à la protection des personnes vulnérables qui arrivent après un long séjour en mer. Dans les premières phases de l'accueil des nouveaux arrivants à Pozzallo, leur santé et leur bien être psychologique et social doivent être prioritaires, ajoute le Dr Federica Zamatto, coordinatrice médicale de MSF pour les programmes dédiés aux migrations. Le centre de Pozzallo doit devenir un "hotspot". Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que ce dispositif, que nous estimons inapproprié, devienne un modèle de premier accueil en Italie. »

MSF appelle les autorités italiennes à garantir des conditions d'accueil adéquates et faire en sorte que les besoins des réfugiés les plus vulnérables soient prioriraires.

Si MSF quitte Pozzallo, l'organisation continue néanmoins ses activités d'assistance aux migrants et aux réfugiés ailleurs en Italie et en Sicile à Trapani, Catane, Rome et Gorizia.