La "Jungle" de Calais, février 2016
La "Jungle" de Calais, février 2016 © Mohammad Ghannam/MSF

Plus de 4 000 migrants vivraient encore dans le bidonville de Calais, cette fameuse « Jungle » que l’Etat français souhaite résorber. MSF maintient une présence médicale et suit l'évolution de la situation.

A (moyen) terme, les autorités françaises souhaiteraient que les migrants rejoignent les structures temporaires de Calais (le Centre d’Accueil Provisoire et ses conteneurs ou le Centre Jules Ferry pour les familles et les enfants), ou en province où les migrants peuvent déposer une demande d’asile.

La destruction annoncée de la zone Sud de la Jungle a débuté le 29 février et était quasiment achevée le 16 mars. Ce démantèlement a été émaillé de violences. MSF a aménagé une antenne médicale afin de pouvoir prendre en charge les migrants blessés lors des heurts avec les forces de police.

Les autorités souhaitent désormais démanteler la zone Nord de la Jungle, où 75% des migrants évacués de force de la zone Sud seraient désormais retranchés. MSF a aménagé une nouvelle antenne dans la zone Nord : sous deux abris en bois, nos équipes dispensent des soins infirmiers et psychologiques et délivrent des certificats médicaux aux victimes de violences, notamment policières.

Le 1er mars, MSF a transféré son dispensaire de Calais aux services de l’hôpital de la ville. MSF continuera néanmoins à être présente sur la Jungle (permanences de soins psychologiques qui seront étendus, notamment aux mineurs isolés, et de kinésithérapie). MSF continuera aussi d’attester des violences subies par les migrants.

Les activités logistiques - encore très importantes il y a quelques semaines (installation de latrines et de points d’eau, collecte des ordures, construction de plus de 200 abris en bois) - sont en phase finale.

La situation des 4 000 migrants encore présents sur la Jungle est explosive. Seules 1 900 places sont disponibles dans les centres d’Etat du Centre d’Accueil Provisoire de Calais et elles sont déjà occupées. MSF suit de près les mouvements de migrants, consécutifs aux expulsions de la Jungle, sur toute la région Nord, où plusieurs autres camps, plus petits (de quelques dizaines à quelques centaines de personnes), existent.