Hôpital pédiatrique MSF, Monrovia, avril 2015
Hôpital pédiatrique MSF, Monrovia, avril 2015 © Yann Libessart/MSF

Alors que le nombre de patients infectés par le virus Ebola a nettement diminué ces dernières semaines, MSF participe à la reconstitution des services médicaux et soutient le système de santé libérien.

Le 20 mars dernier, un nouveau cas confirmé du virus Ebola a été détecté dans l'unité de transit ouverte par MSF - en décembre 2014 - au sein de l'hôpital "Redemption" à Monrovia. La patiente, décédée quelques jours plus tard, était le premier cas dans le pays depuis plus de deux semaines.

« Notre objectif prioritaire reste d'identifier le plus vite possible ceux qui sont infectés par le virus, explique le Dr Hanna Majanen, responsable médicale MSF. Dans leur immense majorité, les patients qui nous sont référés aujourd’hui n’ont pas Ebola, mais ils doivent d’abord être testés avant de recevoir le moindre soin dans une structure de santé ; c’est compréhensible : avec 372 travailleurs de la santé ayant contracté le virus depuis le début de l’épidémie, dont 179 sont morts, le personnel médical a peur. »

Aucun test rapide n’est encore disponible pour Ebola et, pour ceux qui souffrent d’une autre maladie, attendre les résultats du laboratoire implique de perdre un temps précieux. « Nous avons vu des gens mourir simplement parce qu'ils ne pouvaient pas obtenir à temps des soins médicaux, raconte Philippe Le Vaillant, chef de mission MSF au Liberia. Ils étaient en général atteints de pathologies comme le paludisme sévère ou la typhoïde qui peuvent aussi tuer. Des femmes enceintes souffrant de complications obstétricales ont connu le même sort. »

Bien qu’il y ait désormais suffisamment de centres de traitement d'Ebola au Liberia, la population peine à accéder aux services réguliers de santé publique. La plupart des installations médicales a aujourd'hui rouvert avec un niveau d'activité inférieur à celui d’avant l’épidémie et de nombreux patients ont encore du mal à aller consulter.

Après avoir discuté avec le ministre de la Santé libérien, MSF a décidé d'ouvrir un nouvel hôpital pédiatrique à Monrovia, capitale du Liberia, dans le but d'accroître la capacité de prise en charge des urgences médicales non liées à Ebola. Cet hôpital, ouvert 24/7, dispose de 46 lits (avec une capacité d’extension jusqu'à 100 lits) destinés aux enfants âgés de moins de 5 ans. Des protocoles renforcés de prévention et de contrôle des infections ont été mis en œuvre afin de protéger le personnel et les patients du virus Ebola. « Cela inclut, par exemple, un triage plus rigoureux, des équipements de protection supplémentaires, plus d'espace entre les lits, des procédures renforcées de décontamination et de gestion des déchets, détaille le Dr Myriam Deguillen, directrice de l'hôpital pédiatrique MSF. Il est crucial de rétablir la confiance des patients mais aussi des professionnels de santé envers le système médical. Leur sécurité est notre principale préoccupation. »

En parallèle, MSF a aidé l’hôpital James David Junior (JDJ) de Paynesville à mettre à niveau, en tenant compte du risque d’Ebola, les soins de santé materno-infantile. Actuellement, à JDJ, nombre d’admissions concernent des nouveau-nés dont la mère a été contrainte d’accoucher à domicile.

MSF a également soutenu 23 centres de santé situés dans les comtés de Montserrado et Grand Cape Mount avec le même objectif : mettre en place des pratiques médicales plus sûres. « Si Ebola a fait tellement de dégâts au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone c’est aussi parce que leurs systèmes de santé étaient trop faibles pour faire face, ajoute Philippe Le Vaillant. Des améliorations significatives, notamment en matière de contrôle des infections et de surveillance épidémiologique, doivent permettre d'atteindre et de maintenir des standards de qualité plus élevés. »

Pour Béatrice Jlaka, infirmière responsable de l'unité de soins intensifs à l'hôpital de JDJ : « Le virus nous a enseigné une dure leçon à tous. Beaucoup de nos collègues sont morts en luttant contre la maladie sans formation ni équipement approprié. Pour leur rendre hommage, nous devons toujours rester prudents. Je n’ai plus peur de venir travailler ; je me sens prête. »

 

REPERES

MSF gère le centre de traitement Ebola ELWA 3 à Monrovia depuis Août 2014 et une unité de transit pour les cas suspects  à hôpital de la Rédemption depuis Décembre. Le centre de traitement Ebola à Foya a été fermé en décembre dernier après que le comté du Lofa ait été officiellement déclaré "sans Ebola". Depuis le début de l'épidémie, 670 patients ont survécu à Ebola dans un centre de MSF au Liberia.

Des équipes d'intervention rapide MSF ont également été récemment déployées dans les comtés de Grand Bassa, Grand Cape Mount et Margibi afin d'aider les autorités de santé à circonscrire des foyers épidémiques.

En octobre dernier, les équipes MSF ont distribué un traitement préventif contre le paludisme dans la partie ouest de la capitale du Libéria, ciblant environ 600 000 personnes.

Le 21 mars, MSF a ouvert un nouvel hôpital pédiatrique à Monrovia afin d'augmenter la capacité de traiter les urgences médicales non liées à Ebola. Cet hôpital est ouvert 24/7 avec 46 lits pour les enfants de moins de cinq ans, avec la capacité de s’étendre jusqu'à 100 lits.