Kadia, 20 ans, a été diagnostiquée positive à Ebola. Elle a participé à l'essai clinique du Favipiravir à Guéckédou et deux semaines plus tard, elle était guérie et pouvait rentrer chez elle.
Kadia, 20 ans, a été diagnostiquée positive à Ebola. Elle a participé à l'essai clinique du Favipiravir à Guéckédou et deux semaines plus tard, elle était guérie et pouvait rentrer chez elle. © Peter Casaer

L’étude montre une diminution de la mortalité chez les patients ayant une faible charge virale. En revanche, le médicament semble ne pas avoir d’effet sur les patients ayant une charge virale élevée. C’est ce que révèlent les premiers résultats d’un essai clinique toujours en cours.

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L’essai clinique du Favipiravir, un médicament antiviral produit par le laboratoire japonais Toyama, a démarré le 17 décembre dans le Centre de Traitement Ebola (CTE) de Médecins Sans Frontières à Guéckédou, en Guinée, sous la direction de l’INSERM (Institut national de la Santé et de la recherche médicale), un institut de recherche français. Par la suite, des patients des CTE de N’Zérékoré (géré par ALIMA) et Macenta (Croix-Rouge Française) ont été intégrés à l’étude, également en Guinée.

« Les patients admis dans l’étude ont reçu des explications complètes sur le médicament et l’essai avant de choisir d’y participer ou non, indique le Dr Annick Antierens, référente pour cet essai clinique à MSF.  Pendant la durée de l’essai, ils ont continué de bénéficier de tous les autres soins de soutien ». 

Jusqu’à présent, aucun patient du CTE de MSF à Guéckédou n’a refusé de participer à l’essai : « Certains patients affichent même une certaine fierté. Le monde entier attend un remède contre Ebola et ils sont fiers de pouvoir participer aux recherches, explique Julien Demeuldre, un infirmier de MSF travaillant au CTE de Guéckédou. Mais il n’y a pas d’optimisme exagéré et les malades n’ont pas de faux espoir. Ils connaissent la maladie et savent qu’il y a un risque important qu’ils n’y survivent pas, avec ou sans traitement expérimental. »

Le personnel soignant du centre de traitement MSF reste lui aussi réaliste : « Nous avons constaté que le traitement avait de l’effet sur certains patients, mais pas sur d’autres, déplore Julien Demeuldre. Mais nous n’avons encore que peu d’éléments pour expliquer cette différence ».

Selon une analyse préliminaire des résultats effectuée par l’INSERM, le Favipiravir peut apporter un bénéfice chez les patients qui ont une charge virale faible. Le risque de mortalité dans cette catégorie est passé de 30% à 15%. Mais chez les patients ayant une charge virale importante, ainsi que chez les enfants en bas âge, le médicament est inefficace.

« Davantage de recherches sont nécessaires, affirme le Dr Annick Antierens. Ce sont des résultats préliminaires qui doivent être confirmés, et l’étude est toujours en cours. Et pour l’instant, il n’y a pas de résultats encourageants pour un groupe important de patients, ceux dont l’état est le plus critique. Le Favipiravir n’est clairement pas un remède miracle. »

Les essais du Favipiravir se poursuivent en Guinée. En parallèle, d’autres pistes sont explorées, un essai clinique sur le traitement par plasma de volontaires adultes guéris, qui contient des anticorps contre le virus, a démarré dans le CTE géré par MSF à Conakry, la capitale guinéenne. Fin février, MSF entend participer à un autre essai clinique portant sur un vaccin expérimental contre Ebola, toujours en Guinée.

Les essais cliniques de traitements contre Ebola