Kenya, avril 2006. Village de Ouargadud - © Frederic Sautereau / Oeil Public

Le manque d'eau oblige la population à puiser dans les rares mares d'eau boueuses issues des quelques pluies datant du début de la saison ce qui provoque des diarrhées et des risques de choléra. 
© Frederic Sautereau / Oeil Public

Le choléra est une infection intestinale aiguë très contagieuse, transmise par l’ingestion d’eau contaminée par le bacille du choléra. Les jeunes enfants et les personnes âgées y sont les plus vulnérable.La contamination est orale, d'origine fécale, et peut se faire par l'ingestion d'eau ou d'aliments souillés.

Les principaux symptômes sont les diarrhées liquides et les vomissements, provoquant une déshydratation sévère et rapide pouvant entrainer la mort.

Chez la personne atteinte, le développement de la maladie est très rapide, voire fulgurant. Néanmoins, il s'agit d'une maladie facile à traiter.

 

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Causes

Le choléra se transmet par l’ingestion d’eau contaminée par le bacille du choléra, le Vibrio cholerae.

La force du vibrion réside dans la rapidité de sa multiplication et non dans sa résistance. Le vibrion cholérique s'attaque très rapidement au système digestif. Au lieu de jouer son rôle d'absorption, l'intestin expulse l'eau contenue dans le corps sous forme de violentes diarrhées et de vomissements représentant un volume allant jusqu'à 20 litres par jour. En fonction de l'évolution de la maladie, l'état de déshydratation peut être majeur ou modéré.

Le diagnostic est essentiellement clinique. Une analyse en laboratoire peut en apporter la confirmation et mettre en évidence la bactérie responsable du choléra.

Epidémiologie

Les épidémies de choléra se développent le long des voies d’eau mais aussi des axes de déplacement humains et de transports de marchandises.

Le vibrion n’a pas besoin de beaucoup d’eau pour résister dans la nature, la sueur suffit. Une seule goutte d’eau peut contenir des millions de germes. Cette transmission de proche en proche peut durer des années et l’épidémie faire le tour du monde.

Chaque année, on compte entre 3 et 5 millions de cas de choléra, à l'origine de 100 000 à 120 000 décès. Cette année, MSF a répondu à des épidémies de choléra au Cameroun, au Tchad, au Niger, au Nigeria, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Zambie et en Haïti.

Traitement

Le choléra est une maladie facile à traiter, si elle est prise en charge assez tôt. Le traitement consiste en effet à compenser les pertes d'eau et des principaux oligo-éléments pour éviter toute déshydratation.

En cas de déshydratation modérée, on utilise des sels de réhydratation que l'on administre au malade par voie orale. Il s'agit d'un mélange de glucose et d'électrolytes (tels que du potassium et du sodium). La plupart des cas peuvent être pris en charge grâce à cette solution.
Dans les cas graves (déshydratation majeure), il est parfois nécessaire de perfuser 8 à 12 litres de solutés par personne et par jour et l'hospitalisation devient dans certains cas indispensable. L'utilisation d'antibiotique peut également être nécessaire.

Malgré la rapidité d'apparition des symptômes et leur gravité, le rétablissement du patient est spectaculaire : après quelques jours de traitement, la bactérie a disparu et le patient est rétabli.

Il existe actuellement un vaccin pré qualifié par l'Organisation Mondiale de la Santé. Il est inoculé en deux doses (deux semaines entre les deux injections) et sa protection immunologique n'est opérante qu'après trois semaines. Son efficacité diminue après deux ans.
En matière de santé publique, la lutte contre le choléra nécessite donc la mise à disposition d'une grande quantité d'eau non contaminée ou de liquides de perfusions.

Au-delà du traitement médical, la lutte contre cette maladie très contagieuse exige l'application de mesures d'hygiène très strictes, dans les structures d'hospitalisation mais aussi en dehors. Il est indispensable d'isoler les cas contaminés, mais également de désinfecter (sprayage de chlore) les maisons dont les habitants sont tombés malades, en particulier les récipients et les jerrycans leur servant à transporter l'eau. En outre, il est nécessaire de mettre des latrines disposition des communautés : en cas d'urgence, le minimum est d'une latrine pour 20 personnes.