Face aux nouveaux cas de choléra observés à Monguno, Dikwa et dans d’autres quartiers de Maiduguri, MSF continue d’étendre son intervention dans l’Etat de Borno, au Nigeria. Depuis le 16 août, au total 2627 cas de choléra, dont 48 décès, ont été déclarés par le ministère de la Santé de l’Etat de Borno. A Maiduguri, la capitale, 1425 cas ont été enregistrés tandis que 600 cas ont été confirmés à Dikwa et 602 à Monguno.

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L'unité de traitement du choléra de MSF à Dala, dans la ville de Maiduguri. Nigeria, août 2017. © Nitin George/MSF

« Un diagnostic précoce et une prise en charge rapide sont des éléments essentiels de la réponse à une épidémie de choléra, note Anna Cillers, coordinatrice médicale à MSF. Comme les cas ont augmenté dans Maiduguri, nous avons rapidement ajouté des lits dans notre centre de traitement du choléra à Dala où nous avons maintenant 100 lits. »

Depuis le début, 491 patients ont été admis et 475 déchargés à Dala. MSF a aussi construit près du camp de Muna Garage situé à la périphérie de Maiduguri un autre centre de traitement du choléra doté de 50 lits mais dont la capacité peut être portée à 100 lits dans les jours prochains, si nécessaire.  

Le camp de Muna Garage camp abrite quelque 20 000 personnes qui ont été déplacées par le conflit entre l’armée nigériane et Boko Haram. Mais le choléra a maintenant commencé à se propager dans d’autres camps dans les quartiers voisins ainsi que dans la ville. A l’intérieur du camp de Muna Garage, MSF dispose d’un point de réhydratation orale où les patients peuvent recevoir une solution permettant de compenser les pertes sévères en sels minéraux et réhydrater. De plus, les patients qui arrivent là dans un état critique sont emmenés directement en ambulance dans un centre de traitement du choléra.

Alors que les autorités et d’autres acteurs humanitaires prennent en charge l’épidémie à Maiduguri, le nombre de cas de choléra est aussi en augmentation à Monguno et Dikwa, des villes situées à l’est de la capitale. A Monguno, il y a environ 200 000 personnes et les deux-tiers d’entre elles sont des personnes qui ont fui d’autres régions de Borno et vivent dans des camps officiels et improvisés. A Dikwa, une enclave contrôlée par l’armée, se trouvent quelque 120 000 personnes, dont 100 000 déplacées. 

« A Monguno, nous avons adapté notre structure médicale de manière à isoler les patients suspectés d’avoir le choléra, et nous avons ainsi un centre de traitement du choléra de 110 lits, observe le Dr Félix Kouassi, coordinateur médical MSF. Nous sommes préoccupés par le fait que le nombre de lits actuellement prévus risque de ne pas suffire avec le nombre de cas qui continue d’augmenter dans Monguno. »

MSF coordonne étroitement son action avec le ministère de la Santé de l’Etat de Borno, l’Organisation mondiale de la Santé et d’autres organisations humanitaires pour la prévention et la prise en charge du choléra, notamment pour assurer la formation de leur personnel de santé.

« Nos structures de santé fonctionnent 24 heures sur 24, tous les jours et fournissent des soins gratuits. Les personnes présentant des symptômes du choléra – diarrhée aqueuse aigue et déshydratation – doivent aller se faire soigner immédiatement, précise le Dr Félix Kouassi. Nous restons en état d’alerte et continuons de suivre avec nos agents de santé communautaires la propagation du choléra dans l’Etat de Borno. »

Outre dans le Borno au Nigeria, MSF répond actuellement à des épidémies de choléra dans l’Est du Tchad près de la frontière avec le Soudan, dans plusieurs endroits en République démocratique du Congo et au Yémen.

MSF fournit des traitements de la malnutrition, des soins de santé primaire et secondaire, une aide médicale pour la prise en charge des épidémies, et intervient dans 11 villes de l’Etat de Borno.