Bangladesh : ouverture du nouvel hôpital MSF pour les réfugiés rohingya

Site de construction de l'hôpital MSF dans le camp de Kutupalong-Balukhali qui accueille quelque 700 000 réfugiés rohingya. Bangladesh. 2018.
Chantier de construction de l’hôpital MSF. L’hôpital de 100 lits que MSF a construit au milieu du camp de Kutupalong-Balukhali où vivent les réfugiés rohingya, est ouvert depuis le 14 avril 2018. ©MSF

Médecins Sans Frontières vient d’ouvrir un nouvel hôpital en plein milieu du grand camp de Kutupalong-Balukhali qui accueille quelque 700 000 réfugiés rohingya au Bangladesh. L’hôpital n’est pas difficile à trouver, il se trouve sur une des nombreuses collines qui dessinent le paysage dans cette région de Cox’s Bazar. Et son nom s’est imposé tout seul : « l’hôpital sur la colline ».

Des travaux de terrassement ont dû être réalisés pour aplanir la colline et niveler le terrain où l’hôpital MSF et ses dépendances allaient être construits.
 © MSF
Des travaux de terrassement ont dû être réalisés pour aplanir la colline et niveler le terrain où l’hôpital MSF et ses dépendances allaient être construits. © MSF

Les travaux de construction ont commencé début février et duré deux mois. Car il a fallu faire vite. Cet hôpital qui a une capacité d’accueil de 100 patients a été conçu pour répondre à une situation d’urgence, l’arrivée massive de Rohingya qui ont fui les violences au Myanmar depuis le 25 août dernier. 

De plus, la période de la mousson va bientôt commencer et grandement compliquer l’accès aux soins dans les camps. Il s’agit donc d’une construction semi-temporaire : chaque bâtiment est une structure métallique montée sur une dalle en béton.

Construction de l’hôpital MSF : la charpente métallique a été montée sur les plots en béton. Une dalle en béton doit ensuite être coulée. 
 © MSF
Construction de l’hôpital MSF : la charpente métallique a été montée sur les plots en béton. Une dalle en béton doit ensuite être coulée.  © MSF

L’hôpital comprend une salle d’urgence, une unité des soins intensifs, un laboratoire d’analyses médicales, des salles d’hospitalisation pour adultes et pour enfants, une maternité avec une unité de soins pour les nouveau-nés, une unité d’isolement pour les malades souffrant de maladies infectieuses ainsi qu’un centre de nutrition thérapeutique intensive pour les enfants sévèrement malnutris qui sont peu nombreux mais dont le nombre pourrait augmenter pendant la mousson.

La salle qui accueillera le centre de traitement nutritionnel intensif. 

Travaux de terrassement pour aplanir la colline et niveler le terrain où l’hôpital MSF allait être construit.

Un drain a été creusé pour évacuer les eaux de pluie et un mur de soutènement construit pour stabiliser le terrain.

Chantier de l’hôpital MSF : un revêtement en briques est posé sur les voies d’accès pour consolider le terrain sablonneux qui risque de devenir très instable pendant la saison des pluies. 

Chantier de l’hôpital MSF : préparation de la dalle en béton pour le bâtiment qui abritera les générateurs. 

Ouvriers transportant des matériaux sur le chantier de construction de l’hôpital MSF. 

Construction du bâtiment en bambou où seront installés les bureaux de l’hôpital MSF. 

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La salle qui accueillera le centre de traitement nutritionnel intensif. 

Travaux de terrassement pour aplanir la colline et niveler le terrain où l’hôpital MSF allait être construit.

Un drain a été creusé pour évacuer les eaux de pluie et un mur de soutènement construit pour stabiliser le terrain.

Chantier de l’hôpital MSF : un revêtement en briques est posé sur les voies d’accès pour consolider le terrain sablonneux qui risque de devenir très instable pendant la saison des pluies. 

Chantier de l’hôpital MSF : préparation de la dalle en béton pour le bâtiment qui abritera les générateurs. 

Ouvriers transportant des matériaux sur le chantier de construction de l’hôpital MSF. 

Construction du bâtiment en bambou où seront installés les bureaux de l’hôpital MSF. 

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L’équipe MSF dans cet hôpital va ainsi pouvoir traiter les problèmes de santé qui sont classiques dans les camps de réfugiés, notamment les infections respiratoires ou les diarrhées. Par ailleurs, l’équipe prendra en charge les urgences. Cela peut être des victimes de violences sexuelles, des patients souffrant de trauma, de détresse respiratoire. 

© MSF - Mars 2018

Une fois leur état stabilisé, ceux nécessitant une intervention chirurgicale seront transférés dans un hôpital disposant d’un bloc opératoire. La panoplie des soins proposés est large. Les femmes peuvent, par exemple, avoir accès à des consultations de planning familial et des interruptions volontaires de grossesse.

Traitement des maladies chroniques

« Nous pourrons aussi traiter les maladies chroniques, comme le diabète, l’hypertension, la bronchopneumopathie obstructive ou l’asthme qui constituent ici la première cause de mortalité chez les adultes, relève Francesco Segoni, coordinateur d’urgence MSF à Cox’s Bazar. Il était important, souligne-t-il, que les patients souffrant de maladies chroniques puissent avoir accès à des soins de santé secondaire, autrement dit qu’ils puissent être hospitalisés lorsque cela s’impose. »

Enfin, cet hôpital MSF, qui vient s’ajouter à deux autres structures que MSF a ouvertes fin mars et début avril dans le district de Cox ‘s Bazar pour offrir un plus large accès aux soins de santé secondaire, sera prêt pour faire face aux épidémies liées à la saison des pluies, telles que les épidémies de choléra ou d’hépatite E.

« Avec les inondations et l’accumulation d’eaux stagnantes, les maladies transmises par l’eau et les moustiques risquent de se propager d’autant plus facilement que les Rohingya vivent dans une grande promiscuité et que les conditions sanitaires sont très précaires », observe Francesco Segoni. Car beaucoup de latrines ont été installées dans des zones inondables et bon nombre de puits sont peu profonds, ce qui provoque une contamination des eaux de surface. Et les forages que MSF a creusés à plus de 150 mètres de profondeur, comme celui assurant l’alimentation en eau de « l’hôpital sur la colline », ne peuvent répondre à tous les besoins en eau propre dans le camp.

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