Portrait de Gala, logisticienne en République démocratique du Congo

Gala Colin est logisticienne. Elle revient de sa première mission avec MSF à Likasi, dans le Katanga, en République démocratique du Congo. Elle nous raconte sa mission d'urgence sur une épidémie de choléra.

Comment as-tu été amenée à travailler avec MSF ?

J'ai toujours été intéressée par la logistique comme appui au médical et c'est tout naturellement que je me suis intéressée à MSF, en tant qu'organisation médicale.
Après une formation en logistique à Bioforce, je suis retournée à Paris pour travailler avec Emmaüs dans un centre d'hébergement d'urgence.
C'est à ce moment là que j'ai pu assister à une réunion d'information au siège de MSF. Puis j'ai postulé via le site web et quinze jours plus tard, on m'a contactée par mail pour un entretien.

En quoi consistait ton travail sur le terrain ?

Une grande partie de ma mission consistait à réhabiliter le CTC (centre de traitement du choléra). Je supervisais une équipe d'une quinzaine de travailleurs journaliers. Je suivais de près les travaux mais je m'occupais aussi des commandes et de la réception du matériel. J'étais également en charge de l'équipe d'hygiénistes qui comptait 70 employés nationaux.

70% du travail d'hygiène - essentiel dans la gestion d'une épidémie comme le choléra - est assuré par les logisticiens. Ainsi, à mon arrivée sur le terrain, une grande partie de ma tâche a été d'établir les normes propres à MSF (augmenter le nombre de points d'eau, par exemple) et de m'assurer de l'efficacité du circuit de décontamination entre les différents espaces que comprend le CTC.
Il a fallu mettre en place un système de désinfection des sas de passage entre les différentes zones en vaporisant systématiquement de chlore les mains et les pieds du personnel, mais aussi des visiteurs, et ce, à chaque passage. Il fallait également désinfecter systématiquement les seaux utilisés par les patients.

Pour une épidémie comme le choléra, la gestion de la morgue est aussi un point crucial. Le corps des personnes décédées des suites du choléra est une source de contamination qu'il faut aussi prendre en charge. Je devais par conséquent m'assurer que les corps quittent le CTC le plus vite possible et m'assurer de leur transport.
Lors d'une épidémie de choléra, on ne peut pas faire de cérémonie ce qui peut être difficile à comprendre pour les proches des personnes décédées. Mais les infirmiers ont effectué un gros travail de sensibilisation et tout s'est bien passé.
En raison de l'urgence, j'ai été étonnée du peu d'effet qu'a eu sur moi la présence de corps sans vie. Dès le premier jour, j'ai vu quatre cadavres et cela m'a finalement fait peu d'effet. Trop absorbée par mon travail, j'ai probablement occulté cet aspect de la réalité.

Tu viens tout juste de rentrer. Peux-tu déjà nous dire ce que tu retiens de ton expérience?

J'ai trouvé passionnant le fait de travailler dans l'urgence. Cela a été une véritable découverte pour moi qui, au départ, voulais travailler dans le développement. Et travailler à fond pendant deux mois a été très excitant.
J'ai eu beaucoup de chance de pouvoir partir sur une telle mission car la logistique tient une place prépondérante dans la gestion d'une épidémie de choléra.

L'aspect médical du programme a été pour moi une découverte très enrichissante. J'ai suivi de près l'évolution des malades et de l'épidémie. Lorsque je suis partie, l'épidémie était contenue et il n'y avait plus que 8 patients dans le CTC !

Et la vie en équipe ?

J'avais déjà une expérience de vie en collectivité, donc je suis partie confiante. Mais je crois que j'ai eu beaucoup de chance car, pour tout le monde, cette mission s'est particulièrement bien passée de ce point de vue là. A aucun moment nous n'avons vécu de gêne ou de tension.

Par ailleurs, j'ai dû très vite gérer une équipe d'une quinzaine d'employés nationaux. Et si je devais retenir une seule chose de cette mission, ce serait notre bonne collaboration. Dans un contexte d'urgence tel que le nôtre, je n'ai pas eu le temps de réfléchir et tout s'est passé très naturellement.

Des projets d'avenir?

J'aimerais beaucoup repartir avec MSF. Mais avant ça, je vais avoir besoin d'un peu de vacances : sur le terrain on ne se rend pas compte du temps qui passe ni de la fatigue accumulée.