MSF demande l'évacuation médicale immédiate de 18 autres personnes en danger de mort.

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Camp de réfugiés de Zaatari (Jordanie), 2013.

Les médecins soutenus par Médecins Sans Frontières (MSF) dans la ville assiégée de Madaya, en Syrie, font état de cinq autres personnes mortes de faim depuis que le premier convoi humanitaire organisé par les Nations Unies, la Croix-Rouge Internationale et le Croissant-Rouge Syrien est arrivé dans la ville le 11 janvier dans l'après-midi. MSF appelle de la façon la plus ferme à organiser immédiatement l'évacuation médicale des personnes les plus sévèrement atteintes de malnutrition vers des endroits surs, pour qu'elles y reçoivent un traitement adéquat.

Vingt-trois personnes sont mortes de faim à Madaya en décembre, cinq dimanche 10 janvier, et deux autres lundi 11 janvier, alors que le premier convoi humanitaire était en route vers la ville. Les cinq derniers décès portent le total des personnes mortes de faim à 35, selon les médecins soutenus par MSF à Madaya.

C'est choquant que des patients soient encore en train de mourir, malgré l'arrivée de deux importants convois humanitaires internationaux, s'indigne Brice de la Vingne, directeur des opérations de MSF. Certains des patients actuellement soignés sur place pourraient ne pas survivre au-delà de 24 heures. Il faut que l'évacuation médicale des personnes les plus sévèrement atteintes de malnutrtion soit organisée le plus rapidement possible. Nous ne comprenons pas pourquoi ces patients qui sont entre la vie et la mort n'ont pas déjà été transférés. Rien ne devrait empêcher cette évacuation, et les parties au conflit, ainsi que les organisations qui organisent les convois humanitaires, devraient tout mettre en oeuvre pour accélérer ces évacuations, en tant qu'acte humanitaire susceptible de sauver des vies”.

Les médecins auxquels MSF apporte son soutien à Madaya ont identifié 18 patients dont l'état de santé est critique, et qui risquent de décéder très rapidement s'ils ne sont pas évacués. Un nombre plus important de personnes va nécessiter une évacuation, ou des soins nutritionnels spécialisés, dans les jours à venir.

Les soins à fournir à des patients atteints de malnutrition aiguë sévère sont complexes, et fournir des aliments thérapeutiques à ces personnes sans une expérience préalable du traitement de la malnutrition peut provoquer des oedèmes. Les patients les plus sévèrement atteints doivent être pris en charge dans une structure d'hospitalisation, avec du personnel médical qualifié et de l'équipement médical adéquat. MSF estime que les femmes enceintes et allaitantes devraient également être évacuées de Madaya.

Nous voulons alerter de la façon la plus forte au sujet de ces patients: ils ont besoin d'être hospitalisés, et s'ils ne sont pas évacués immédiatement, ils vont mourir, poursuit Brice de la Vingne. L'urgence, ce sont ces patients, et d'autres activités médicales essentielles devront suivre dans les jours à venir”.