Une escalade des combats va déclencher de nouveaux déplacements massifs de population et aggraver la crise humanitaire.

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Pierre Borelle
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Le camp de Bab Al Noor, dans le nord de la Syrie, photographié le 8 février 2016. © MSF
Les combats intenses dans le district d’Azaz, ville située au nord de la Syrie, forcent des dizaines de milliers de personnes à fuir vers la Turquie. Le système de santé, déjà dévasté, est proche de l'effondrement et toute escalade des combats va contribuer à aggraver la crise humanitaire dans la région.

D’après les dernières estimations disponibles, on compte environ 30 000 nouveaux arrivants en quête de sécurité dans les zones frontalières avec la Turquie. La majorité vivent en dehors des camps de déplacés existants, qui accueillent déjà des dizaines de milliers de personnes précédemment déplacées à cause du conflit.

Les combats continuent de mettre à mal le système de santé déjà dévasté. Plusieurs hôpitaux et centres de santé de santé à Azaz et dans les zones rurales autour de la ville d'Alep ont été touchés par des frappes aériennes durant les deux dernières semaines, dont  trois hôpitaux soutenus par MSF.

« Le district d’Azaz a payé un lourd tribut à cause de cette guerre brutale, et une fois de plus, les services de santé sont en état de siège, déclare Muskilda Zancada, chef de mission des programmes MSF en Syrie. Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation dans le sud d’Azaz où les personnels médicaux, craignant pour leur vie, ont été contraints de fuir et où les hôpitaux ont soit tout simplement été fermés, soit ne peuvent plus offrir que des services d'urgence très limités. »

MSF demande à toutes les parties au conflit de prendre les mesures nécessaires pour prévenir de nouveaux déplacements massifs de population et une aggravation de la crise humanitaire. Les attaques sur les quelques centres médicaux encore fonctionnels doivent immédiatement cesser. Les combats et les bombardements dans les zones fortement peuplées doivent être arrêtés, au moins jusqu'à ce que les civils aient pu fuir et rejoindre des zones sécurisées avec un accès aux services de base.

MSF avertit également que les organisations de secours débordées, qui luttent déjà pour répondre aux besoins de logement, de nourriture, d'eau et d'assainissement, ne seront pas en mesure de faire face à de nouveaux afflux de personnes déplacées. « Les camps actuels n’ont pas la capacité d'accueillir de nouveaux arrivants, poursuit Zancada. Il y a un risque que les personnes déplacées, y compris les jeunes enfants et les personnes âgées, soient contraintes de vivre sans abris, exposées au froid et au gel, pendant plusieurs jours au moins. Cela pourrait provoquer de graves effets sur leur santé, notamment des cas de pneumonie. »

Les équipes de MSF dans le district d’Azaz distribuent des kits de secours essentiels tels que des tentes et des couvertures aux déplacés. 800 familles à ce jour ont pu en bénéficier. Les personnes les plus vulnérables sont celles qui vivent en dehors des camps et qui n’ont reçu pratiquement aucune aide.

Depuis samedi dernier,  les équipes de l'hôpital MSF situé dans le district nord d’Azaz ont constaté une augmentation d'environ 50% des consultations externes, et réalisent actuellement environ 160 consultations par jour; la plupart pour des cas d’infections respiratoires. MSF a également augmenté le nombre de lits de l'hôpital de 28 à 36, et se prépare à accroitre la capacité d’accueil de l’hôpital si nécessaire.