Médecins Sans Frontières (MSF) a condamné aujourd'hui l'utilisation des infrastructures médicales pour réprimer les manifestants, ce qui empêche les personnes blessées lors des affrontements de venir se faire soigner.

Médecins Sans Frontières (MSF) a condamné aujourd'hui l'utilisation des infrastructures médicales pour réprimer les manifestants, ce qui empêche les personnes blessées lors des affrontements de venir se faire soigner.

Manama/Bruxelles, 8 avril 2011 - Un rapport publié aujourd'hui par MSF indique que les hôpitaux et les centres de santé de Bahreïn ne sont plus des lieux sûrs pour les malades et les blessés, mais sont devenus au contraire des endroits dangereux à éviter.

« Les blessures, et en particulier celles causées par certaines armes utilisées par les forces militaires et la police, sont utilisées pour identifier les manifestants et les arrêter. De plus, les autorités bahreïnies empêchent l'accès aux soins médicaux afin de décourager la population de manifester », explique Latifa Ayada, coordinatrice médicale MSF. « Les infrastructures médicales sont utilisées comme appâts pour identifier et arrêter ceux qui osent aller se faire soigner. »

Des blessés admis à Salmania ont expliqué aux membres de MSF que les militaires leur avaient porté des coups. « J'ai essayé de m'échapper de Salmaniya pendant cinq jours », témoigne un homme, 40 ans. « La nuit, ils nous frappaient. Ils nous appelaient terroristes. Ils ont même arraché ma perfusion et ils m'ont jeté à terre ».

D'autres patients ont été arrêtés au sein même des structures de santé lorsqu'il a été découvert qu'ils avaient été blessés lors des manifestations.
« Si nous allions à l'hôpital, ils verraient nos blessures, nous arrêteraient et nous battraient », explique un autre homme, 28 ans, blessé par un bird shot (tir pour oiseaux), une arme utilisée pour laisser des marques facilement reconnaissables sur les manifestants.
Aussi, dans certains cas le personnel de santé a été empêché de se rendre à l'hôpital après le repos entre deux gardes.

MSF a proposé de lancer des activités médicales d'urgence à Bahreïn afin de garantir un accès sécurisé aux soins de santé pour les patients, mais pour l'instant cela a été refusé.

« En déclarant l'hôpital cible militaire légitime et en utilisant le système de santé comme un instrument de l'appareil sécuritaire, les autorités barheïnies ne tiennent absolument pas compte du fait que tous les patients ont le droit de se faire soigner dans un environnement sûr et que tous les membres du personnel médical ont le devoir fondamental d'administrer un traitement sans discrimination », explique Christopher Stokes, directeur général de MSF.

Toutes les mesures doivent être prises pour que la population puisse recevoir des soins médicaux sans crainte. Les militaires doivent se retirer de l'hôpital de Salmania et les manifestants de l'opposition doivent également s'engager à ne pas utiliser l'hôpital comme point de ralliement des manifestations.

MSF souhaite aussi souligner la nécessité et le devoir des autorités de respecter les règles du droit international humanitaire, notamment celles relatives à la protection et au respect des structures médicales et du personnel médical. Ces règles s'étendent également à la protection des civils, mais aussi des personnes malades ou blessées et des prisonniers. Il appartient aujourd'hui aux autorités de rétablir le bon fonctionnement des services de soins de santé.

 

Contacts presse :
Samuel Hanryon - samuel.hanryon@paris.msf.org - 01 40 21 28 23
Soir et week end : 06 76 22 02 79

 

Rapport Bahrein Télécharger le rapport (en anglais) :
Health Services Paralyzed: Bahrain's Military Crackdown on Patients
An MSF Public Briefing Paper, April 2011