En bref

Depuis 2005, Médecins Sans Frontières travaille avec les autorités sanitaires arméniennes pour dépister et traiter les patients atteints de tuberculose résistante. Le programme a débuté dans deux districts de la capitale Erevan, puis s'est étendu à ses cinq districts, ainsi qu'à deux provinces rurales.

Les patients sont d'abord diagnostiqués dans des polycliniques locales, puis référés au centre national de prise en charge de la tuberculose. Lorsqu'ils ne sont plus contagieux, ils rentrent chez eux où ils sont suivis dans des dispensaires locaux.

Depuis 2005, 559 personnes au total ont été placées sous traitement et 246 reçoivent actuellement des soins.

Dépenses 2010 : 1 848 000 €
Financements : 100 % privés
Équipe : 10 internationaux et 55 nationaux

 

Contexte

Les réseaux de santé en place au moment de l'Union Soviétique se sont effondrés lorsque l'Arménie s'est séparée du bloc communiste en 1991. Depuis, le système de santé s'est amélioré, mais éprouve encore des difficultés à répondre aux besoins de ses 3 millions d'habitants.

Comme dans de nombreux pays ayant appartenu à l'Union Soviétique, la tuberculose résistante constitue un problème de santé publique majeur. MSF a donc ouvert un programme pour aider le système de santé du pays à lutter contre la maladie.

Projets

Médecins Sans Frontières a mobilisé des médecins expatriés pour aider leurs homologues arméniens à dépister et à soigner la tuberculose, ainsi qu'à prendre en charge les effets secondaires qui accompagnent souvent le traitement. Les activités incluent également d'autres formes de soutien aux patients, comme l'accompagnement psychologique individuel ou de groupe, la distribution de coupons alimentaires et, dans certains cas, l'aide à la rénovation des habitations des patients.

Pendant toute la durée du programme, les équipes ont été confrontées à un problème majeur, celui de l'impossibilité ou de la réticence des patients à aller jusqu'au bout de leur traitement, très difficile. Sur le total des patients admis entre 2005 et 2007, près de 23 % ont interrompu leur traitement, principalement à cause de la sévérité des effets secondaires des médicaments. D'autres patients ont arrêté car ils ont commencé à se sentir mieux et ont donc pensé qu'il n'était plus nécessaire de
continuer à se soigner.

Afin de réduire ces arrêts prématurés, l'équipe a reçu une formation intensive visant à mieux informer les patients et les accompagner psychologiquement. De nouveaux protocoles ont également été élaborés.

En 2010, le projet conjoint de MSF et du programme arménien de lutte contre la tuberculose a permis d'étendre les activités à deux provinces rurales au nord du pays. Ce travail en milieu rural soulève des problèmes supplémentaires : certains patients habitent très loin des cliniques auxquelles ils doivent se rendre régulièrement. L'équipe a ainsi développé de nouvelles approches, comme la collaboration avec les travailleurs médicaux locaux dans les villages.

Certaines activités du programme MSF ont également été remises aux autorités nationales. La Croix-Rouge arménienne a repris le programme d'aide sociale dans certains districts de la capitale et le programme national de lutte contre la tuberculose est maintenant responsable de la fourniture des médicaments aux patients d'Erevan.

En mars 2011, une nouvelle méthode développée en Sibérie par l'ONG Partners in Health a été ajoutée au programme. Ce concept appelé « Spoutnik » consiste à faire travailler deux infirmières pour suivre étroitement certains patients souffrant de graves désordres psychologiques ou sociaux et considérés comme présentant un risque élevé d'interruption du traitement. Les infirmières se relaient en permanence pour se rendre au domicile de ces patients plusieurs fois par jour, et ainsi surveiller de plus près leur traitement.