La Fondation MSF va tout mettre en œuvre pour contribuer à transformer la manière dont MSF accomplit sa mission médico-opérationnelle et faire évoluer radicalement la qualité de ses opérations. Pour cela, elle va développer des projets autour de deux axes prioritaires : soutenir l’innovation ainsi que le développement et la mise en œuvre de nouveaux outils et de nouvelles pratiques susceptibles de faire évoluer en profondeur les actions de MSF. Ces projets, en lien avec le domaine médical, la logistique, les ressources humaines ainsi que les sciences humaines, ont vocation à avoir un impact plus large sur l’ensemble du secteur humanitaire et médical.

 

L’INNOVATION ET LA RECHERCHE

La Fondation MSF est consciente des impacts de l’innovation et de la recherche sur la qualité des opérations de MSF. Pour cela, elle s’est donné comme priorité le soutien à plusieurs projets innovants. Dans ce cadre, on trouve le Mini-Lab, les travaux de recherche d’Epicentre, le centre de recherche affilié à MSF ou encore les innovations dans le domaine de la logistique. 

  • Le projet Mini-Lab : lutter contre l’antibio-résistance

La résistance aux antibiotiques est un problème de santé publique à l’échelle mondiale. Partout dans le monde, cette résistance a été observée. Nous constatons que la situation sur certains de nos terrains et dans de nombreux pays en voie de développement est très grave. Dans un futur proche, les gens pourraient mourir de maladies bénignes comme une bronchite ou une infection urinaire parce que les antibiotiques seront devenus inopérants. Au contact des antibiotiques, les bactéries, en mutant, acquièrent ou se transfèrent des gènes de résistance. C’est pour cela qu’il faut absolument cibler le bon antibiotique, celui qui tuera la bactérie. Si la bactérie résiste à l’antibiotique, elle se propagera. Elaboré en partenariat avec l’Institut de Médecine tropicale d’Anvers en Belgique, le Mini-Lab va permettre d’améliorer la prise en charge des patients, notamment ceux atteints d’une infection bactérienne. « On va installer le Mini-Lab sur des sites où MSF est présente, active et traite des infections graves. Ce laboratoire portable permettra de déterminer quelle bactérie provoque l’infection et quelle est la résistance aux antibiotiques de cette bactérie afin de déterminer le traitement approprié pour un malade » explique le Pr Jan Jacobs, directeur de l’unité de bactériologie de l’Institut de Médecine Tropicale avant d’ajouter que, « L’OMS a identifié quelques domaines d’action dans la lutte contre l’antibio-résistance, le Mini-Lab pourra réellement agir dans ce domaine.»


Jean-Baptiste Ronat, en charge du projet Mini-Lab
 

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  • La Fondation MSF aux côtés d’Epicentre dans le développement de ses projets innovants

Améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement est un défi majeur pour les médecins sur le terrain. Epicentre est une institution de recherche affiliée à MSF ce qui lui permet d’étudier des solutions innovantes dans des situations de soin très diverses. Ses champs d’intervention sont les maladies infectieuses telles que le sida, la tuberculose, le paludisme, les maladies à prévention vaccinale comme le choléra, la rougeole ou la méningite, mais aussi la malnutrition, les soins psychiques. Epicentre intervient également auprès des équipes de MSF pour limiter l’impact des épidémies. Ainsi récemment ses travaux ont contribué au développement d’un vaccin pour les populations touchées par la fièvre Ebola.”.
Emmanuel Baron,
Directeur d’Epicentre

Epicentre en Afrique

HIV department of Arua Regional hospital

Au cœur du centre hospitalo-universitaire de Mbarara en Ouganda, le centre de recherche d’Epicentre conduit des études cliniques depuis plus de 15 ans notamment sur des traitements mieux adaptés du paludisme et de la tuberculose. L’équipe composée de médecins, infirmiers, biologistes et logisticiens travaille en partenariat avec ses homologues de l’hôpital. Au Niger, à Maradi, l’équipe du centre de recherche d’Epicentre conduit des travaux de premier plan sur la malnutrition infantile et sur un nouveau vaccin contre le rotavirus, une cause fréquente de diarrhée sévère de l’enfant. L’expérience et le savoir-faire des équipes d’Epicentre en Ouganda et au Niger sont un atout déterminant pour faire progresser la recherche clinique.

 

LE DÉVELOPPEMENT DES COMPÉTENCES ET L'ÉVALUATION DES MISSIONS MSF

L’ambition de la Fondation MSF est de transformer les actions de l’association, de les rendre plus efficaces et d’optimiser au maximum l’utilisation de ses ressources humaines et financières en soutenant en priorité les projets axés sur la formation et l’évaluation.

  • Une école des cadres pour former les équipes MSF

Les situations de travail dans lesquelles les cadres de MSF sont engagées (conflits, catastrophes naturelles, épidémies, crise sanitaire de grande ampleur) ont pour particularité d’être marquées par un haut degré d’incertitude. C’est pourquoi la Fondation MSF souhaite créer un programme de développement de compétence sur 3 ans en alternance permettant d’acquérir les compétences techniques, organisationnelles et d’adaptabilité aux contextes de leur intervention. Fabrice Weissman, directeur d’études au sein du Centre de Réflexion sur l’Action et les Savoirs Humanitaires, travaille sur la création d'une école des cadres pour le personnel MSF. 


Fabrice Weissman, directeur d’études au sein du Crash

 

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  • Evaluer les missions MSF pour les améliorer

Concernant l’évaluation des projets MSF, la Fondation MSF s’appuie sur les chercheurs qui apportent leurs éclairages et leur expérience dans ce domaine. C’est le cas, par exemple, des directeurs d’études du Centre de Réflexion sur l'Action et les Savoirs Humanitaires qui ont récemment publié un ouvrage sur les positions de MSF concernant la sécurité de ses missions.

« Secourir sans périr », l’évaluation de la relation de MSF avec la sécurité.

Le déploiement d’humanitaires au cœur des zones de conflit, de catastrophes naturelles ou de crises sanitaires a toujours constitué une entreprise périlleuse. Longtemps vécue comme inhérente à l’aventure humanitaire, l’exposition au danger tend aujourd’hui à être encadrée par des normes, des procédures, des indicateurs développés par des professionnels de la gestion des risques. Cette évolution jugée inéluctable par une grande majorité des humanitaires et des experts en sécurité suscite pourtant de nombreuses interrogations, y compris à MSF. L’insécurité est-elle réellement en augmentation comme le prétendent les spécialistes ? Peut-on analyser et prévenir les risques de manière scientifique, grâce au calcul, à la planification et à la standardisation des procédures ? Quel est l’impact de la gestion des risques sur l’équilibre des pouvoirs entre le terrain et le siège, les volontaires et l’institution qui les emploient ? Existe-t’il des alternatives aux modèles dominants inspirés du monde de l’entreprise ? Telles sont les interrogations à l’origine de cet ouvrage, qui réunit chercheurs et praticiens. Retraçant l’histoire des débats sur la sécurité au sein du secteur de l’aide, il analyse le diagnostic et les recommandations des experts avant de les confronter à l’expérience de MSF dans les situations particulièrement dangereuses en Syrie, en République centrafricaine et dans le Caucase.

Pour découvrir l’intégralité de cet ouvrage, rendez-vous sur : www.msf-crash.org

 

 

Pour plus d’informations, contactez votre interlocuteur philanthropie Catherine Béchereau au 01 40 21 56 88 ou par mail : donateurs.fondation@msf.org


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