Le camp de Grande-Synthe, au 22 décembre 2015.
Le camp de Grande-Synthe, au 22 décembre 2015. © Mohammad Ghannam/MSF

Médecins Sans Frontières est prête à faire ce que l’Etat n’a pas fait : offrir des conditions de vie décentes aux 2500 réfugiés de Grande-Synthe. Il y a urgence. L’hiver est là, il pleut. Et les réfugiés continuent de vivre dans la boue, sur un terrain inondable à Grande-Synthe, tout près de Dunkerque.

Le maire de Grande-Synthe a sollicité l’aide de Médecins Sans Frontières pour mettre au sec et au chaud les migrants car l’Etat ne répondait pas à ses demandes. Dans cette perspective, MSF a identifié, il y a un mois, un site d’une superficie de 25 000 m2.

« Nous sommes prêts à louer le terrain, signer le bail avec le propriétaire et la mairie et commencer les travaux d’aménagement », indique Laurent Sury, responsable des programmes d’urgence à MSF. Seulement les choses traînent, de réunion en réunion avec les services de l’Etat, des obstacles techniques surgissent. « Des contraintes de sécurité sont mises en avant, constate Laurent Sury, mais il faut bien voir que la sécurité des migrants est mise en danger sur le site actuel. Nous espérons cependant avoir une réponse positive pour le site que nous avons identifié. »

L’objectif pour MSF est d’installer sur ce nouveau site 500 tentes, pouvant accueillir chacune cinq personnes. MSF a le savoir-faire et les ressources nécessaires. Les tentes sont déjà disponibles, c’est un modèle qui a été utilisé dans des pays où il peut faire froid, comme en Syrie et au Pakistan. La priorité est aussi d’offrir des conditions d’hygiène convenables en installant un nombre suffisant de blocs sanitaires, de douches, et de latrines. A titre d’exemple, alors qu’il y a 32 latrines pour 2500 personnes dans le camp actuel de Grande-Synthe, il est prévu d’avoir sur le nouveau site un ratio d’une latrine pour 20 personnes.

Une fois que le camp sera prêt, il est impératif que les réfugiés s’y installent de leur plein gré et qu’ils puissent y rentrer et en sortir librement. « Pour nous, ce sont des conditions essentielles, nous n’allons pas construire un camp où les réfugiés seront enfermés », déclare Laurent Sury.

Si le camp que nous avons retenu n’est pas validé par la préfecture, MSF cherchera une autre solution pour loger au moins les enfants et les familles. Car il y aurait 200 enfants, selon le mairie. « Notre préoccupation est d’aller vite », insiste Laurent  Sury.  Il faut absolument mettre à l’abri les enfants avec leurs familles.


ALLER PLUS LOIN

Interview de Laurent Sury dans Le Monde du 5 janvier :
MSF à Grande-Synthe : « Nous ne construirons pas un camp où les migrants seront enfermés »


 

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