Réfugiés somaliens dans le camp de Liben, en Ethiopie.
Réfugiés somaliens dans le camp de Liben, en Ethiopie. © Michael Tsegaye

800 témoignages de patients somaliens recueillis par les équipes de Médecins Sans Frontières montrent à quel point  la vulnérabilité demeure intense dans le pays.

Un rapport publié aujourd’hui par MSF rappelle que la violence, les déplacements et les pénuries de nourriture continuent de représenter le quotidien de milliers de personnes en Somalie.

Intitulé « Hear My Voice », le rapport s’appuie sur les témoignages de plus de 800 patients Somaliens se rendant dans les structures médicales de MSF en Somalie et dans les camps de réfugiés éthiopiens. Les patients décrivent la grande précarité à laquelle ils sont constamment confrontés, ainsi que leurs besoins, qui relèvent des nécessités vitales : de la nourriture, des soins et une protection face à la violence.

« Alors que le gouvernement somalien et la communauté internationale se projettent vers un avenir meilleur, en se concentrant sur la stabilité et le développement de la Somalie, il ne faut pas oublier que plusieurs milliers de personnes sont encore exposées à un niveau extrême de violence et ont besoin en urgence  d’une aide vitale », rappelle Joe Belliveau, responsable des opérations à MSF.

Plus de la moitié des personnes interrogées déclarent être déplacées ou réfugiées. La moitié d’entre elles évoque la peur et la violence face aux attaques tandis qu’un autre tiers pointe du doigt les pénuries de nourriture comme raison principale de leur fuite.

« Le manque de sécurité, de nourriture, d’humanité, de liberté, ainsi que la séparation de ma famille sont les choses les plus dures à vivre. J’ai été déplacée plus de 10 fois dans ma vie. Mon mari est mort lors d’une attaque et deux de mes enfants sont morts parce que je n’ai pas pu leur donner de la nourriture », raconte une femme de 25 ans de la région du Lower Juba.

Le rapport souligne que l’aide humanitaire doit rester une priorité dans la plupart du centre et du sud de la Somalie. Cette aide doit demeurer indépendante de tout agenda politique.

MSF travaille en Somalie depuis 1991 et a choisi de ne pas accepter aucun financement institutionnel ou de la part des gouvernements pour ses programmes dans le pays. Malgré une réduction des activités au cours des deux dernières années, due à l’insécurité et aux attaques à l’encontre de ses équipes, MSF continue de fournir une assistance médicale vitale à des centaines de milliers de Somaliens dans dix régions du pays ainsi que dans les pays limitrophes, comme au Kenya et en Ethiopie.

Le 13 cctobre 2011, deux employées de MSF, Montserrat Serra et Blanca Thiebaut, ont été enlevées dans le camp de réfugiés de Dadaab au Kenya. MSF estime que ces deux collègues sont retenues en Somalie et appelle à leur libération inconditionnelle.