
Situation
L'urgence est maintenant
terminée pour les équipes de MSF, mais les causes de
l’épidémie demeurent.
Le 25 avril 2008, MSF a transféré aux autorités sanitaires
congolaises la gestion de ses centres
de traitement du choléra (CTC) à Lubumbashi et à Likasi où le nombre de
patients avait fortement diminué.
Au total, 4 691 patients
ont été pris en charge depuis début janvier, dans les CTC de MSF situés dans la
province du Katanga, dans le sud-est de la République démocratique
du Congo (RDC).
"Lorsque l'épidémie s'est
déclenchée, nous avons mobilisé 20 volontaires MSF en 48 heures",
raconte Bertrand Perrochet, coordinateur du Pool d’Urgence MSF au Congo (PUC).
"Nous avons intensifié la prise en charge des patients dans l'hôpital de
la Kenya à Lubumbashi, ouvert un centre de traitement dans un autre quartier de
la ville, à Katuba, et construit un centre de traitement à Likasi, une ville
située à deux heures de route de Lubumbashi, où le nombre de cas devenait alarmant.
Nous avons aussi travaillé à Bukama, plus au nord."
Maladie du pauvre. "C’était
une situation catastrophique qui, une fois de plus, a touché les habitants les
plus pauvres du Katanga, une province connue pour ses richesses minières", ajoute Bertrand Perrochet. Maladie dite "du pauvre", le choléra se propage là où l'eau potable
se fait rare et où les gens sont
condamnés à vivre dans des conditions d'hygiène désastreuses.
Au cours de cette
épidémie, les populations les plus démunies ont fait les frais des défaillances
des infrastructures sanitaires dans la région. Au moins 150 personnes ont perdu
la vie.
Au
plus fort de l'épidémie début février, 800 personnes ont été traitées contre le
choléra en l’espace d’une semaine. Puis, quand le nombre de patients a
considérablement diminué fin mars, les équipes MSF ont fermé le centre de
traitement de la Katuba à Lubumbashi et, quelque temps après, ceux de Likasi et
de l’hôpital de la Kenya à Lubumbashi.
"Notre équipe, qui répond aux urgences à travers
tout le pays, a passé le relais au personnel du ministère de la Santé, avec
lequel nous avons collaboré tout au long de cette intervention",
précise le coordinateur du PUC. L'intervention d’urgence est terminée pour nos
équipes. Mais ni l'accès à l'eau, ni les conditions d'hygiène ne se sont
améliorées pour les habitants les plus pauvres du Katanga.
Plus d'informations sur nos programmes en République démocratique du Congo.
"J’ai eu très peur, j’étais entre la vie et la mort"
Jean* est un patient du centre de
traitement du choléra de la Katuba, à Lubumbashi. Après cinq jours de
traitement, il va pouvoir quitter la salle de convalescence et retrouver les
siens. Jean a accepté de témoigner, mais a demandé à rester anonyme. Dans la
communauté, le choléra est une maladie honteuse…
Tout a commencé mercredi passé, vers 22 heures. J’ai senti des
bourdonnements au ventre et j’ai eu plusieurs fois des diarrhées très fortes.
Ma femme m’a dit que ça devait être les légumes que j’avais mangés. Ca m’a
tranquillisé.
Mais le lendemain matin, ça s’est agravé. J’ai pris des antibiotiques.
Sans effet. On s’est rendu compte que c’était grave, alors on a cherché un
moyen de transport pour m’amener au centre de traitement du choléra de MSF. J’étais
très abattu, inconscient même.
J’ai été pris en charge rapidement, on m’a mis en salle d’observation.
J’ai pris des liquides de réhydratation pendant une journée et j’ai commencé
à me réanimer lentement. J’allais mieux car je n’avais plus les oreilles et
la gorge bouchées. On m’a mis dans la tente des convalescents.
Le lendemain, vers 19 heures, j’ai fait une rechute. Alors on m’a donné
de nouveaux liquides de réhydratation: six la nuit, six le matin. Jusqu’à ce
que je me rétablisse encore. Je suis arrivé ce matin en salle de
convalescence. Maintenant, je suis en forme, je commence même à sentir
quelques petites quantités de forces arriver…
Dans le quartier de la Katuba, nous consommons l’eau du système public de
distribution, mais il y a souvent des ruptures. Ma femme va alors puiser de
l’eau dans des puits. Mais vous voyez, il y a un problème d’hygiène. Les
routes sont devenues des dépotoirs, pleines de saletés. Dans ma rue, vous ne
pouvez pas passer facilement en voiture. Ce n’est pas une route, c’est là où
on jette les déchets ménagers! Quand il pleut, l’eau emporte tous ces déchets
dans les puits. Autour des puits, vous voyez les gens attendre que la saleté
qui est à la surface coule, avant de puiser l’eau.
Aujourd’hui, je suis guéri. J’ai appelé ma femme et elle va m’apporter
des vêtements pour que je puisse sortir. J’ai eu très peur, j’étais entre la vie
et la mort. Vous ne pouvez pas savoir ce qu’est le choléra sans faire le
choléra. Cette maladie tue. Ma seule peur aujourd’hui, c’est de la contracter
encore.
* Ce prénom a été changé





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