MSF maintient ses activités en RCA, comme ici à Bouca - Septembre 2013
MSF maintient ses activités en RCA, comme ici à Bouca - Septembre 2013 © MSF

Les 8 et 9 septembre, des groupes armés ont mené des attaques dans le nord-ouest de la République centrafricaine (RCA) et se sont confrontés aux forces de la Séléka (coalition qui avait elle-même pris le pouvoir par la force il y a six mois). MSF travaille dans la zone concernée par ces évènements. A Bouca, nos équipes ont pris en charge 26 patients dont les blessures étaient consécutives à la violence. Parmi eux : des femmes et des enfants.

Depuis mai dernier, des rumeurs faisaient part de la constitution de nouveaux groupes armés présents et circulant dans plusieurs localités du pays, et notamment dans les environs de Bossangoa et Paoua où MSF est présente. Certains de ces groupes se déclarent être pro-Bozizé, ancien président de la RCA ayant pris la fuite après le coup d’Etat mené en mars dernier par la Séléka.  

Le 8 septembre, ces nouveaux groupes armés ont mené des attaques sur plusieurs villages du nord-ouest du pays, autour de Bossangoa. Le lendemain, 9 septembre, des hommes armés sont entrés dans le village de Bouca, situé à 325 km au nord de Bangui et où MSF travaille depuis août dernier. Les affrontements qui les ont opposés aux forces de la Séléka ont fait des victimes parmi les civils. Ainsi, nos équipes de Bouca ont pris en charge 26 blessés (par machette et par balle), dont huit femmes et six enfants. Cinq patients dont l’état était critique ont dû être transférés à l'hôpital de Batangafo où MSF travaille aussi.

Lors de l’attaque de Bouca, la population s’est réfugiée en brousse. 300 habitants des environs ont quant à eux fui la mise à sac de leurs villages et l’incendie de leurs maisons pour trouver asile dans l’enceinte d’une église de Bouca. Au moment du pic annuel de paludisme, alors que nombre des patients que nous recevons actuellement sur l’ensemble de nos projets sont des jeunes enfants, souffrant de cette maladie et alors que se profile une possible dégradation nutritionnelle (le tout dans un contexte sanitaire très dégradé avant, mais encore plus après les événements de mars dernier), MSF est inquiète pour ces familles (re)venues se réfugier en brousse, sans abri, sans eau potable, sans accès aux soins, à la merci des intempéries, du froid et des moustiques... En conséquence, nos équipes s’attendent à recevoir davantage de malades, notamment du paludisme. A Bouca, des dispensaires mobiles MSF vont suivre la situation et porter assistance aux personnes déplacées et / ou cachées en brousse.

Cette vague de violence éprouve des populations déjà durement touchées par des années de conflits – dont les derniers remontent à six mois à peine -  et des déplacements répétés. Au cours du dernier mois, les structures de santé où MSF travaille à Bossangoa, Paoua et Batangafo ont fait face à une augmentation du nombre de cas de  blessures liées à la violence. 

Pour l'instant, MSF maintient ses activités médicales sur l’ensemble du pays – et ce quelle que soit la force armée contrôlant la zone où l’on travaille. Actuellement, MSF mène 7 programmes réguliers en RCA et a récemment lancé des activités d'urgence dans 4 autres localités afin de répondre au manque d’accès aux soins généré par l’effondrement du système de santé centrafricain - déjà exsangue après des décennies de crise – au pic de paludisme et autres besoins médicaux laissés sans réponse.