L'équipe MSF de réponse rapide est intervenue en décembre dernier contre des cas d'Ebola à Quewein, dans le comté de Grand Bassa, au Liberia.
L'équipe MSF de réponse rapide est intervenue en décembre dernier contre des cas d'Ebola à Quewein, dans le comté de Grand Bassa, au Liberia. © Yann Libessart/MSF

Tandis que de nombreux centres de prise en charge d’Ebola ont vu le jour à travers l’Afrique de l’Ouest, Médecins sans Frontières adapte sa réponse avec des équipes mobile et réactives afin de stopper au plus vite les nouvelles chaines de contamination.

INTERVENTIONS DE MSF

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CHIFFRES-CLES

• Plus de 4400 MSF déployés, dont 325 internationaux
• 8 centres de traitement gérés par MSF avec un total de près de 650 lits ainsi qu'un centre de transit
• Plus de 8100 patients pris en charge, dont 4960 cas confirmés et près de 2300 survivants
• Plus de 1 400 tonnes de matériel médical acheminées

 

EN SAVOIR PLUS

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Il y a quelques semaines, la plupart des Centres de Traitement Ebola (CTE) de MSF en Afrique de l’Ouest atteignaient les limites de leurs capacités. Depuis, le nombre de patients n’a cessé de diminuer. Au cours de la première semaine de février, 10 nouveaux cas confirmés ont été admis dans les 8 CTE gérés par MSF, dont aucun au Liberia.

Beaucoup d’inconnues subsistent cependant quant à ce soudain déclin de l’épidémie. « Au mois de mai, nos centres en Guinée s’étaient déjà vidés. Il a suffi d’un seul cas pour relancer l’épidémie, note Claudia Evers, coordinatrice des programmes d’urgence Ebola pour MSF en Guinée. Il est crucial de rechercher activement les cas suspects, en particulier dans les zones urbaines denses et les provinces les plus éloignées, avant que de nouvelles chaînes de contamination ne se créent. »

L’objectif clé est d’identifier et suivre ceux qui ont été en contact direct avec des personnes infectées avant qu’ils ne développent la maladie à leur tour et propagent le virus. Les réticences locales restent parfois très fortes, des malades meurent d’Ebola en dehors du système de soins, des funérailles sont réalisées en secret, et de nouveaux cas sont détectés dans des zones jusqu’à maintenant épargnées.

La stratégie mise en place par MSF consiste à considérer chaque nouveau cas comme une épidémie à part entière et de déclencher les différents éléments de la réponse en simultané : renforcement des capacités locales, sensibilisation des populations, contrôle de l’infection dans les habitations et les structures médicales, transfert rapide des cas vers un centre de prise en charge et surveillance épidémiologique.

« Avec la baisse du nombre de cas et l’arrivée de nouveaux acteurs, nous avons désormais l’opportunité de détecter et de circonscrire précocement les nouveaux foyers », ajoute Maria Teresa Cacciapuoti, chef de mission MSF au Liberia.

En Guinée, MSF s’est déployée dans la région de Faranah, après que de nouveaux cas y aient été signalés depuis le centre de Guéckédou. D’autres investigations sont en cours dans la préfecture de Kissidougou.

Au Liberia, les équipes MSF de réponse rapide travaillent dans le comté de Grand Cape Mount après avoir terminé une première intervention dans celui de Grand Bassa. Une femme âgée avait ramené le virus depuis Monrovia dans un village reculé, à Quewein, où elle décéda peu de temps après son arrivée. « Quand nous sommes arrivés, il y avait déjà 8 personnes malades et deux morts, raconte Rob D’Hondt, chargé du contrôle sanitaire. C’était impossible à gérer pour un village d’à peine 400 habitants. »

Début février, un homme est retourné depuis Monrovia dans la province de Margibi, puis y est mort d’Ebola. Plusieurs personnes ayant été sérieusement exposées au virus en prenant soin de lui ont ensuite été identifiées. « Il est malheureusement possible que certaines d’entre elles tombent malades dans les jours qui viennent. Il est maintenant impératif de leur apporter de l’aide et un suivi médical, dit Maria Teresa Cacciapuoti. Nous devons nous montrer flexibles pour s’adapter en permanence au caractère imprévisible de cette épidémie. Nous courons derrière Ebola depuis le début ; aujourd’hui il semble enfin possible de le rattraper. Ce n’est surtout pas le moment de se relâcher. »