Une clinique mobile à Gudele, Juba, Soudan du Sud, le 13 juillet.
Une clinique mobile à Gudele, Juba, Soudan du Sud, le 13 juillet. © MSF

Dans la semaine qui a suivi les combats à Juba, les équipes de MSF ont traité plus de 2700 patients dans quatre cliniques à travers la capitale du Soudan du Sud. L'organisation fournit également de l’eau potable à Juba tandis qu’une équipe chirurgicale opère les blessés les plus graves.

Mardi 12 Juillet, MSF a ouvert une clinique dans l'église Sainte-Thérèse, à Kator, où des milliers de personnes s’étaient réfugiées. La plupart ont maintenant quitté l’église, et beaucoup sont rentrées chez elles à Gudele, où la fréquentation des deux cliniques ouvertes la semaine dernière par MSF est en hausse. La quatrième clinique est située au niveau de l’église Don Bosco à Gumbo. MSF y fournit des soins médicaux et distribue des moustiquaires, des couvertures et des kits de cuisine.

« La majorité de nos patients sont des femmes et des enfants, a déclaré Maria Guevara, coordinatrice médicale de MSF. Avec un accès réduit à la nourriture, à un abri et à l'eau, ces groupes sont encore plus vulnérables – en particulier les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. Nos équipes ne pourraient pas faire face à l’afflux de patients sans le dévouement de nos personnels Sud Soudanais qui, malgré l'insécurité, sont venus travailler pour venir en aide à leurs communautés. »

Au cours des premiers jours, les urgences médicales concernaient principalement des plaies par balles et des blessures subies en fuyant les combats. Aujourd’hui la malnutrition, le paludisme, les diarrhées, les lésions cutanées et les infections des voies respiratoires, souvent causées par les déplacements incessants et les conditions de vie précaires, sont les raisons pour lesquelles les patients continuent d’affluer dans les centres médicaux de MSF.

Mère de cinq enfants, Cicilia vient d’amener son bébé Hasima à la clinique MSF de Sainte-Thérèsepour un test du paludisme : « nous sommes restées à la maison pendant huit heures lorsque les combats était très violents et puis nous avons fui dès que possible. Nous dormons dehors depuis. Comment vais-je nourrir ma famille, comment allons-nous vivre ? Nous avons tout perdu. »

Des cas suspects de choléra ayant déjà été signalés à Juba et la saison des pluies ayant débuté, l'approvisionnement en eau potable devient d’autant plus vital. MSF transporte de l’eau par camion à Gudele, Sainte-Thérèse et d'autres parties de la ville en fonction des besoins. MSF va également soutenir le ministère de la Santé dans sa réponse au choléra en prenant en charge des patients ainsi qu’un laboratoire dédié.

Cette semaine, MSF a commencé à effectuer des opérations chirurgicales pour les personnes les plus sérieusement blessées. Cinq premiers patients ont été opérés, et plus de 20 autres opérations sont programmées dans les prochains jours.

La violence peut également avoir un impact psychologique à long terme et MSF a déjà pris en charge des centaines de patients atteints de syndrome de stress post-traumatique aigu.

« Certains patients arrivent à la clinique en pleurant,  raconte Christina Dahl, infirmière MSF. D'autres présentent des symptômes plus généraux tels que des douleurs dans le corps et des maux de tête causés par le traumatisme physique et psychologique qu’ils ont enduré. Le sentiment d'incertitude au sujet de ce que réserve l'avenir ne fait qu'ajouter au stress des gens. »


MSF continue de fournir des soins gratuits dans ses projets à travers le Soudan du Sud. L'organisation travaille dans le pays depuis plus de 35 ans et réalise plus de 60 000 consultations chaque mois.