Le programme de santé maternelle et infantile MSF d'Irbid, au nord de la Jordanie, a été lancé en octobre 2013.
Le programme de santé maternelle et infantile MSF d'Irbid, au nord de la Jordanie, a été lancé en octobre 2013. © MSF

Le programme de santé maternelle et infantile MSF d'Irbid, au nord de la Jordanie, a été renforcé dans le but d'améliorer les soins néonatals et de gérer les complications à l'accouchement, telles que les césariennes. Ces efforts ont également permis d'étoffer le programme de soutien psychologique, qui s'adresse aux mères et enfants syriens des communautés de réfugiés au nord de la Jordanie.

Même si les chiffres officieux sont bien plus élevés, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) enregistrait, à la date du 6 mai, 627 287 réfugiés syriens, dont 163 156 (26 %) à Irbid, Jerash, Mafraq et Ajloun. Les réfugiés basés dans ces régions se rendent à l'hôpital MSF d'Irbid afin d'obtenir des soins pour eux-mêmes et leurs enfants. Depuis le lancement du programme en octobre 2013, les équipes ont effectué plus de 20 991 consultations obstétriques et gynécologiques, 18 082 consultations pédiatriques, 3 089 accouchements et 389 admissions en néonatalogie.

Le programme prend en charge un nombre croissant de patients à cause de la pression accrue sur le système de santé jordanien et à la suite de l'annonce par les autorités jordaniennes en novembre 2014 de l'obligation pour les réfugiés syriens, immatriculés ou non, de payer les soins délivrés par les établissements du ministère de la Santé.

MSF a récemment développé ses activités médicales à Irbid en adoptant des standards plus élevés en matière de soins maternels et néonatals. Le programme peut désormais gérer les complications à l'accouchement et une équipe chirurgicale a été mise en place pour pratiquer des césariennes dans un bloc opératoire MSF.

« MSF a dû renforcer ses activités à Irbid pour répondre à l'évolution des besoins, qu'il s'agisse de l'augmentation du nombre de réfugiés nécessitant des soins ou des types de cas rencontrés, affirme Jean-Baptiste Marion, coordinateur du programme MSF à Irbid. Nous voyons de plus en plus d'accouchements difficiles et de cas compliqués nécessitant des soins néonatals, c'est pourquoi nous avons dû nous adapter pour répondre à ces besoins, notamment en transférant le programme dans un nouvel hôpital. »

Une unité de soins intensifs pour les nouveau-nés est également en cours de développement afin de fournir un traitement par ventilation en pression positive continue, qui utilise une faible pression d'air pour maintenir les voies respiratoires ouvertes. Ce traitement sera administré aux nourrissons souffrant de troubles respiratoires, notamment d'apnée du sommeil ou d'affectations liées à des poumons insuffisamment développés.  

La situation dans la région a également mis les Syriens réfugiés en Jordanie face à d'autres difficultés économiques et sociales. Un programme de soutien psychologique pour les enfants syriens a été lancé en octobre 2014. Il comprend désormais des activités de proximité pour offrir des soins aux communautés de réfugiés établies au nord de la Jordanie. 

Om Mahmoud, Syrienne réfugiée en Jordanie et mère d'un enfant traité à l'hôpital MSF, déclare : « Même si nous sommes en Jordanie, un pays sûr, nous entendons parfois le bruit des bombardements et des tirs d'artillerie à Dara, à côté de la frontière jordanienne. Cela fait rappeler des scènes d'horreurs et de panique à mes enfants. »

Marc Schakal, chef de mission MSF en Jordanie, ajoute : « Plus de la moitié des enfants suivis par l'équipe de santé mentale MSF à Irbid ont été témoin d'un ou plusieurs facteurs de détresse : mort d'un proche, destruction d'une maison, mauvais traitements ou violences psychologiques. Les mères de ces enfants reçoivent également un soutien de la part de MSF. Ces femmes qui se battent pour s'occuper de leurs enfants sont souvent seules, le père étant absent ou décédé. Nous leur offrons toute une gamme de services, comme la thérapie individuelle, la thérapie de groupe, la thérapie dyadique, les groupes de soutien et l'accompagnement parental. »

« L'accès aux soins maternels et infantiles, ainsi qu'aux soins de santé mentale, est très limité pour les Syriens réfugiés en Jordanie. Nous essayons de combler certaines de ces lacunes, mais beaucoup reste à faire », conclut Marc Schakal.