Des logisticiens réaménagent le centre de traitement Ebola de Donka, en Guinée. Octobre 2014
Des logisticiens réaménagent le centre de traitement Ebola de Donka, en Guinée. Octobre 2014 © Julien Rey/MSF

Face à une nouvelle flambée du virus Ebola en capitale,  l’augmentation des capacités d’accueil du centre Ebola de MSF à Conakry arrive à saturation.

INTERVENTIONS DE MSF

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CHIFFRES-CLES

• Plus de 3200 MSF déployés, dont 276 internationaux
• 6 centres de traitement gérés par MSF, un total de près de 600 lits
• 4500 patients pris en charge, dont 2700 cas confirmés et près de 1000 survivants
• Plus de 807 tonnes de matériel médical acheminées
• Budget prévu (jusqu'à fin 2014) : 46,2 millions d'euros

 

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Première grande ville touchée par l’actuelle flambée du virus Ebola, Conakry doit faire face aujourd’hui à une augmentation massive de nouveaux cas. Alors que le mois de juillet laissait présager la fin de l’épidémie en Guinée, on constate aujourd’hui plus de 120 patients, dont 85 confirmés, pris en charges dans les deux centres de gestion des cas Ebola de MSF du pays.

Le centre Ebola de Donka, au cœur de la capitale, est particulièrement touché avec par exemple l’arrivée massive le 6 octobre de 22 patients dont 18 en provenance de la région de Coyah, située à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Conakry. Cela semble donc confirmer les craintes d’une augmentation massive des cas en capitale.

Situé au sein du complexe hospitalier du ministère, le centre Ebola de Donka a su répondre jusqu’à ce jour aux différentes vagues épidémiologiques en adaptant constamment ses capacités d’accueil. Pourtant, avec l’arrivée sans précédent de nouveaux patients, dont de nombreux enfants qui requièrent une attention particulière, le centre d’isolement, déjà affecté par six mois d’exploitation, fait face aujourd’hui aux limites physiques du site sur lequel il est située.

Après le calme, suivant le deuxième pic de l’épidémie du mois de juin, Stéphane Hauser, responsable du projet de Donka, n’a pu que constater une augmentation régulière des cas depuis son arrivée à la fin du mois d’août.

« Il y a trois chaines de contaminations actuellement présentes dans quatre quartiers de Conakry. Avec cette nouvelle chaîne de Coyah dont on ignore l’origine pour l’instant, ainsi que celles de Forécariah et Dalaba que l’on connait mais sur lesquelles nous n’avons pas d’informations, nous risquons d’être débordés. Depuis le début on s’est toujours adapté en réussissant à repousser les limites. Mais aujourd’hui, le centre, initialement prévu pour 3 mois, est confronté à ses limites physiques. Le réaménagement en cours du site afin de maximiser l’espace disponible risque de ne pas suffire. »

Ce sont à ce jour plus de 130 personnes qui travaillent inlassablement à l’ETC de Donka, dont la plupart avec une excellente expertise. Parmi les 220 cas confirmés reçu par le centre depuis le début de l’intervention, 105 sont sorti guéris. Aujourd’hui pourtant, les équipes médicales et sanitaires, éprouvées par plusieurs mois de luttes, doivent être renforcées afin de pouvoir garantir la qualité des soins prodigués. A ce sujet, Stéphane témoigne de l’abnégation de tout le personnel. « Nos équipes font preuve d’un courage incroyable. Face au décès incessants, parfois d’anciens collègues de l’hôpital, et aux horreurs auxquelles ils ont dû faire face depuis six mois dans des conditions de travail inimaginables, on ne constate aucune défection. »

Afin de soulager sa charge opérationnelle, MSF participe activement au transfert des compétences à d’autres acteurs. Ainsi MSF a dispensé ces dernières semaines des formations spécifiques à du personnel médical du ministère de la Santé ainsi qu’à du personnel sanitaire de partenaires locaux dont la Croix-Rouge guinéenne. Ces personnes en phase d’apprentissage étaient destinées à rejoindre de nouvelles structures. Mais face au nombre croissant de patients, ce personnel reste pour l’instant intégré à la structure de Donka.

« J’appréhende le jour où on devra prendre la décision de refuser des patients par manque de places », conclut Hauser.


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