Distribution des kits aux habitants du bidonville de West Point, à Monrovia, capitale du Liberia. Octobre 2014
Distribution des kits aux habitants du bidonville de West Point, à Monrovia, capitale du Liberia. Octobre 2014 © Agus Morales/MSF

Il est cinq heures du matin. Deux véhicules Médecins Sans Frontières (MSF) roulent dans les rues de Monrovia, capitale du Liberia. Ce pays est le plus touché par l’épidémie de fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest. Noley Smart et Emmanuel Tokpa, deux membres libériens de l’équipe MSF, enfilent leurs gants dans l’obscurité. Ce matin, ils distribueront environ 1 000 kits de protection familiale et de désinfection à domicile à West Point, un des bidonvilles de la capitale libérienne.

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CHIFFRES-CLES

• Plus de 3300 MSF déployés, dont 263 internationaux
• 6 centres de traitement gérés par MSF, un total de près de 600 lits
• Plus de 5200 patients pris en charge, dont 3200 cas confirmés et plus de 1200 survivants
• Plus de 1000 tonnes de matériel médical acheminées
• Budget prévu (jusqu'à fin 2014) : 51 millions d'euros

 

EN SAVOIR PLUS

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« Nous effectuons ces distributions très tôt le matin pour éviter les foules, où les gens transpirent et sont au contact les uns des autres, déclare Noley. Tous les matins, avant de commencer, nous nettoyons nos mains et nos bottes, puis nous faisons en sorte que les gens n’aient pas de contact physique. »

Les deux véhicules se garent à côté d’un entrepôt sans lumière. À l’intérieur se trouvent des piles de kits de protection familiale et de désinfection à domicile, qui seront distribués à des centaines de foyers. Depuis le mois de septembre, plus de 50 000 kits ont été distribués. MSF a pour objectif d’en distribuer 70 000 dans les prochaines semaines pour couvrir une population cible de 245 000 personnes. Les kits, qui contiennent notamment du savon, un équipement de protection et du chlore, permettent aux populations de se protéger au cas où des membres de leur famille tomberaient malades et ne pourraient être soignés dans un centre de traitement.

Les seaux sont placés sur une table et les habitants viennent les récupérer par groupes de dix. Noley, Emmanuel et le reste de l’équipe ont mis en place un circuit : les gens entrent par un terrain de football, forment une file, récupèrent leur kit et sortent par une issue donnant sur la rue. « C’est un travail très physique, raconte Emmanuel. Vous devez tout faire à la fois : donner les kits, communiquer avec les gens, leur demander d’aller vite. »

Le premier contact de MSF avec la communauté a eu lieu bien avant. Deux jours avant une distribution planifiée, le personnel visite la région et projette une vidéo qui montre comment la distribution sera effectuée et dans quel but. Les équipes expliquent aux habitants que les kits ne constituent pas un traitement. Il s’agit d’une solution d’urgence pour les familles dont certains membres présentent des symptômes et pour celles qui doivent désinfecter leur domicile après la mort d’un parent.

« Les ambulances doivent pouvoir aller chercher toute personne appelant le numéro d’urgence, mais le service ne fonctionne pas bien, affirme Anna Halford, coordinatrice des distributions. Personne ne devrait désinfecter sa maison sans aide, mais malheureusement, c’est ce qui se passe. C’est une solution imparfaite dans une situation loin d’être idéale. »

Jusqu’ici, la faiblesse de la réponse internationale à l’épidémie a donné lieu à des lacunes dans plusieurs domaines clés de cette urgence complexe. Il ne s’agit pas seulement de lits. À Monrovia, le système d’ambulance et de référence ne parvient pas à faire face à la situation et les chauffeurs de taxi refusent souvent de transporter des passagers présentant des symptômes. La recherche des contacts doit systématiquement avoir lieu. Cependant, la gestion des corps reste problématique.

Les principaux sites de transmission d’Ebola sont les endroits où se déroulent les enterrements, les centres de santé qui ne sont pas préparés et les maisons dont les habitants sont malades ou présentent des symptômes. Le virus peut détruire une famille entière. La distribution de ces kits est donc un moyen de ralentir la transmission au sein du foyer.

« Je m’entendais bien avec l’une de mes voisines, raconte Emmanuel après la distribution. Elle a contracté Ebola. Son petit-ami, son père et sa mère ont tous été infectés à son contact. Quand on m’a dit qu’elle était morte, je n’arrivais pas à y croire. Seul son père a survécu. C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis ici. »

Le soleil se lève. Les équipes quittent West Point, laissant derrière elles 1 000 kits. Les véhicules se frayent un chemin parmi les foules du marché, bondé depuis très tôt le matin.

« Si vous travaillez pour MSF, certaines personnes dans la rue vous montrent du doigt, comme si vous aviez Ebola, nous confie Emmanuel en regardant par la fenêtre. Ils ont peur. Nous sommes stigmatisés. Mais je n’ai pas honte. Au contraire, je suis très fier. Je suis fier de participer à la lutte contre Ebola. »

 

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