
Situation
Au
Darfour, les récoltes s'annoncent mauvaises cette année et les
distributions d'aide alimentaire ont été réduites de moitié depuis le
mois d'avril. Les acteurs de l'aide s'inquiètent de l'évolution de la
situation nutritionnelle. En prévision, MSF a débuté, à Zalingei, dans
l'Ouest Darfour, une distribution de compléments nutritionnels à 11 000
enfants à risque. Un point sur cette distribution avec Claire Beuzelin,
en charge de cette activité.
Pourquoi a-t-on décidé de distribuer un complément nutritionnel à Zalingei ?
A
Zalingei, en dépit de l’aide alimentaire distribuée aux 100 000
personnes déplacées, nos équipes ont vu en 2007 le nombre d’enfants
sévèrement malnutris hospitalisés doubler par rapport à 2006.
Pour
la première fois en trois ans, MSF a dû étendre ses capacités
d’hospitalisation et ouvrir des centres nutritionnels dans deux des
principaux camps de la ville.
Pour prévenir cette situation,
nous avons décidé cette année de distribuer un complément nutritionnel
à tous les enfants à risque, dans la ville de Zalingei et dans les
quatre principaux camps de déplacés.
Cela consiste à
distribuer des pots d’une pâte enrichie contenant les éléments
essentiels à leur croissance absents de leur alimentation quotidienne.
Nous intervenons ainsi en amont afin de traiter de manière précoce la malnutrition sans attendre que ces enfants ne soient dans un état critique pour les prendre en charge.
Comment se déroule concrètement la distribution ?
A
la mi-mai, nous avons d’abord recensé tous les enfants mesurant de 60 à
85 centimètres, ce qui correspond aux enfants âgés de 6 à 36 mois,
tranche d’âge la plus touchée par la malnutrition.
Auparavant,
nous avons effectué un travail important d’information et de
sensibilisation auprès des populations et des différentes communautés
présentes à Zalingei. Il a fallu expliquer à qui ce produit est
destiné, sa composition et sa posologie. Près de 11 000 enfants ont été
recensés et admis dans le programme.
La distribution a lieu une
fois par mois dans 8 différents sites, dont un dans chacun des quatre
camps de personnes déplacées. Trois équipes de cinq personnes sont
ainsi mobilisées jusqu’au mois de septembre.
Pour la première
fois en trois ans, MSF a dû étendre ses capacités d'hospitalisation à
Zalingei et ouvrir des centres nutritionnels dans deux des principaux
camps de déplacés.
Claire Beuzelin
Le
nombre le plus élevé d’enfants malnutris se situe en effet au moment de
la période « de soudure », entre deux récoltes. Pour les personnes
déplacées, qui bénéficient de l’aide alimentaire, nous constatons le
même phénomène.
Quel bilan devons-nous tirer de ces trois premières distributions ?
Le
bilan est positif. Les mères reviennent, à chaque distribution,
chercher des pots pour leurs enfants. De plus, nous avons distribué des
pots dans deux milieux bien différents : les camps de personnes
déplacées et la ville de Zalingei.
Ces produits, conditionnés en
pot et particulièrement adaptés aux besoins nutritionnels des enfants
en bas âge, ne demandent pas de moyens logistiques lourds et peuvent
être facilement distribués.
Au final, même si nous avons dû
faire face à des difficultés liées au contexte dans la mise en place de
l’opération, distribuer quatre pots par enfant est une activité
suffisamment simple qui nous permet de pouvoir espérer que d'autres
acteurs puissent l'étendre à tous les enfants déplacés du Darfour.





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