Afflux de réfugiés mozambicains au Malawi
Réfugiés à Kapise, janvier 2016 © MSF

En juillet dernier, près de 700 personnes fuyant les violences au Mozambique voisin sont arrivées au Malawi. Depuis novembre, il y a un nouvel afflux d’arrivées. Aujourd’hui, près de 3 000 personnes, essentiellement des femmes et des enfants, dont des mineurs isolés, sont regroupées dans le village malawite de Kapise.

Bote Zamadenga est responsable des activités médicales MSF pour les réfugiés mozambicains au Malawi. Il témoigne de leur parcours et de leur situation précaire.

Qu’ont fui ces réfugiés ?

Les réfugiés nous expliquent qu’ils ont dû fuir les représailles des forces armées mozambicaines qui les accusaient de soutenir le groupe d’opposition « Résistance nationale du Mozambique ». Mais, à vrai dire, on ne sait pas vraiment qui exerçait des violences.

Au cours de nos consultations médicales, nous n’avons d’ailleurs pas constaté de signes physiques d’abus ou de stress post-traumatique. La plupart des réfugiés racontent que la violence à laquelle ils ont été confrontés ne leur a pas été directement infligée, mais qu’ils en ont été témoins, sur des membres de leurs familles ou leurs voisins.

Nous avons par contre pris en charge beaucoup de douleurs physiques dues au long voyage à pied, souvent sur deux ou trois jours, ce qui a été particulièrement difficile pour le grand nombre d’enfants qui se trouvent maintenant à Kapise.

Justement, quelle est la situation sur place ?

Il n’y a pas, pour l’instant, assez d’abris ; les conditions de vie sont donc rudes, d’autant que nous sommes en pleine saison des pluies. L’eau potable reste une denrée rare et l’assainissement est insuffisant. Les réfugiés doivent couper des arbres pour essayer de se construire un abri basique.

Le paludisme est particulièrement préoccupant : Kapise est situé entre deux grands marais et la plupart des réfugiés ont fui sans rien, et notamment sans prendre de moustiquaire. Depuis novembre, 70% des cas de paludisme détectés par nos équipes concernent des enfants âgés de moins de cinq ans.

Nous espérons que le Haut Comissariat aux Réfugiés mettra rapidement sur pied un camp de réfugiés ailleurs et que de meilleurs services (eau, sanitaires, abris et filets anti-moustiques) y seront mis en place afin que les conditions de vie des réfugiés s’améliorent.

MSF travaille dans le district de Nsanje, au sud du Malawi (près du district de Mwanza où Kapise est situé), où nos équipes soutiennent le ministère de la Santé dans la prise en charge du VIH/sida. MSF gère également deux autres projets VIH/sida dans les environs de la province de Tete et dans le district de Chiradzulu. MSF répond également aux urgences à travers le pays.