Photo prise le 3 août, montrant quelques unes des 10 000 personnes réfugiées dans l'enceinte de l'hôpital MSF à Batangafo.
Photo prise le 3 août, montrant quelques unes des 10 000 personnes réfugiées dans l'enceinte de l'hôpital MSF à Batangafo. © MSF

Le 9 août, environ dix mille personnes étaient toujours réfugiées dans l'enceinte de l'hôpital de Batangafo, au nord de la République centrafricaine, plus d'une semaine après la fin des affrontements entre les membres de l'ancienne coalition Séléka et des groupes d’autodéfense autoproclamés. Ces combats ont provoqué 24 morts et 17 blessés.

Au cours des événements qui ont à nouveau plongé la ville dans le chaos le samedi 29 juillet et le mardi 1er août, une grande partie du camp de déplacés, établi depuis 3 ans dans la ville, a également été pillée et incendiée.

« Les personnes réfugiées à l'hôpital ne peuvent toujours pas reconstruire leurs abris dans le camp dont elles ont dû s'enfuir. Nous renforçons donc le système d'approvisionnement en eau et installons des latrines pour améliorer l'hygiène dans l'enceinte de l'hôpital, explique Carlos Francisco, chef de mission MSF en RCA. La communauté réfugiée à l'hôpital et dans de rares endroits de Batangafo doit pouvoir reconstruire ses abris le plus tôt possible et retourner au camp dans des conditions de sécurité acceptables. »

« La population considère que le seul endroit sûr qu'il leur reste est un hôpital. Et dans certains cas, même les hôpitaux ne sont pas respectés », explique Carlos Francisco. Les équipes de MSF à Bangassou et à Zemio ont dénoncé l'intrusion d'hommes armés dans les hôpitaux des deux villes afin d'emmener deux patients (à Bangassou, où ils furent finalement retrouvés morts) ou de les exécuter sur place (à Zemio, où un bébé d'un peu plus d'un an est mort). « La détresse de la plupart de la population est absolue. », ajoute le chef de mission.

Les 17 blessés provoqués par les combats du 29 juillet et du 1er août ont été soignés à l'hôpital et incluaient des combattants des deux camps. Lors des affrontements, les consultations générales ont été interrompues et le service des urgences renforcé. Les services de l'hôpital ont été complètement rétablis les jours suivants.

Batangafo demeure plongée dans un calme précaire, alors que les dirigeants des groupes en conflit affirment qu'ils sont arrivés à un accord afin d'éviter une résurgence des affrontements.

Depuis le mois de novembre dernier, la République centrafricaine a connu une recrudescence du conflit sanglant qui a démarré en 2013/14 et, au cours des dernier mois, plus de 180 000 personnes ont été contraintes d’abandonner leurs foyers. Le nombre de personnes déplacées en RCA s'élève à 500 000, tandis que près d'un demi-million d’autres personnes sont toujours réfugiées dans les pays voisins, sur une population totale estimée à un peu plus de quatre millions de personnes.

Photo prise le 3 août, montrant quelques unes des 10 000 personnes réfugiées dans l'enceinte de l'hôpital MSF à Batangafo.

Photo prise le 3 août, montrant quelques unes des 10 000 personnes réfugiées dans l'enceinte de l'hôpital MSF à Batangafo.