Khayelitsha - Afrique du Sud, avril 2004 © Eric Miller

Khayelitsha - Afrique du Sud, avril 2004 © Eric Miller

Le VIH ou virus de l'immunodéficience humaine appartient à la famille des rétrovirus. Deux types de VIH (VIH 1 et VIH 2) ont été isolés chez l'homme. Le VIH s'attaque progressivement à nos défenses en infectant massivement le système immunitaire qu'il finit par détruire.

La caractéristique de cette infection est qu'elle évolue de façon progressive : il peut s'écouler plusieurs années avant que la maladie ne se déclare. Quatre stades cliniques de l'infection VIH ont été définis par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le syndrome d'immunodéficience acquise (sida), le dernier stade de l'infection, survient entre 3 et 15 ans après l'infection (environ 10 ans en moyenne).

Avec 36,7 millions de personnes séropositives estimées dans le monde, le VIH/sida continue de faire des ravages, notamment dans les pays d'Afrique subsaharienne qui concentrent 66% des nouvelles infections à VIH dans le monde.

Au cours des dernières décennies, une mobilisation internationale sans précédent a permis d'obtenir d'importantes avancées dans la lutte contre la maladie : le nombre de décès a chuté de 45% depuis 2005 et les nouvelles infections de 18% depuis 2005. Selon ONUSIDA, 17 millions de personnes ont eu accès à un traitement en 2015, soit 65 fois plus qu'en 2002.

Cependant, beaucoup reste à faire pour atteindre l'objectif ambitieux affiché par l'ONUSIDA de mettre fin à l'épidémie de VIH à l'horizon 2030. En Afrique centrale et de l'Ouest seulement 29% des personnes séropositives ont accès à un traitement (au Nigeria, ce pourcentage est estimé à 23%). Dans le monde, plus d'un million de personnes sont décédées de causes liées au sida en 2015. La même année, près de 35%  des nouvelles infections concernaient une population de jeunes adultes âgés de 15 à 24 ans.

Fin 2015, 340 700 patients séropositifs étaient sous traitement dans les projets MSF à travers le monde.

(Source des statistiques hors MSF : ONUSIDA 2015)


SERIE DOCUMENTAIRE « GRANDES TUEUSES »

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Découvrez la série sur le sida :

 

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Construit autour de sept pathologies, ce webdocumentaire propose à l’internaute une découverte interactive et multimédia de l’antibiorésistance, du virus Ebola, de l’hépatite C, du paludisme, de la rougeole, de la tuberculose et du VIH-Sida. Les modules vidéo sont enrichis par une sélection de liens permettant d’en savoir plus.

Causes

Une évolution lente

Le VIH se transmet via le sang et les fluides corporels - généralement sur une période de trois à dix ans - causant le syndrome d'immunodéficience acquise, ou sida. Dans un premier temps, le virus pénètre dans la cellule et infecte les lymphocytes CD4 entraînant leur destruction accélérée. Le système immunitaire est affaiblit graduellement.

Ensuite, l'évolution de l'infection entraînant l'affaiblissement du système immunitaire, plusieurs infections opportunistes (appelées ainsi parce qu'elles profitent de l'incapacité progressive de l'organisme à se défendre) peuvent se développer. Certaines peuvent être traitées, mais d'autres, telle la tuberculose, sont mortelles.

Les modes de transmission du VIH

La transmission sexuelle est la plus fréquente. La transmission sanguine peut s'effectuer chez les utilisateurs de drogues intraveineuses (partage et réutilisation de seringues contaminées), mais aussi lors de transfusions ou de piqûre accidentelle (chez le personnel médical). La transmission de la mère à l'enfant peut s'effectuer au cours de la grossesse et/ou au cours de l'accouchement et au cours de l'allaitement maternel.

Il a été démontré que lorsqu'une personne séropositive est traitée de façon efficace (soit quand la quantité de virus dans son sang est si faible qu'elle devient indétectable), le risque de transmission devient minime.

Diagnostic

Le diagnostic de l'infection VIH est fondé sur la détection des anticorps anti-VIH dans le sérum. 

Dans le cadre du suivi thérapeutique des patients infectés, le suivi de la charge virale, soit la quantité de virus présente dans le sang, est désormais considéré comme l'outil de choix. Par rapport au comptage des lymphocytes CD4, précédemment recommandé, cette surveillance permet d'avoir une évaluation plus fidèle du stade clinique du patient et d'identifier plus rapidement un échec du traitement ou l'apparition de résistances.

Epidémiologie

Malgré les progrès, des 'hotspots' géographiques et des populations encore très exposées

En 2013, environ 75% des nouvelles infections dans le monde ont eu lieu dans seulement 15 pays. En Afrique sub-saharienne, trois pays (Afrique du Sud, Nigeria, Ouganda) concentrent la moitié des nouvelles infections. Une étude menée en 2012 par MSF et Epicentre dans le district de Ndhiwa, dans l'ouest du Kenya, a montré que 24% de la population y était séropositive, et que deux adultes sur 100 contractaient la maladie chaque année.

L'ONUSIDA estime que le pourcentage de personnes infectées est 28 fois plus élevé chez les toxicodépendants, 12 fois plus élevé parmi les travailleurs/ses du sexe, et 19 fois plus élevé parmi les hommes ayant des rapport sexuels avec des hommes.

Le nombre d'enfants infectés par la maladie a nettement diminué, passant de 550 000 en 2001 à moins de 200 000 en 2014, et ce grâce notamment aux progrès dans la prévention de la transmission mère-enfant (PTME). Cependant, ces avancées ne sont pas homogènes: si au Malawi le nombre de nouvelles infections a diminué de deux-tiers, au Nigeria cette diminution a été de moins de 20%. Dans ce pays, plus de 50 000 enfants continuent d'être infectés chaque année.

Si ces dernières années la réponse internationale a nettement évolué afin de permettre la prise en charge des malades, moins de la moitié des personnes séropositives ne connaissent pas leur statut virologique, et plus de 60% n'ont pas accès à un traitement.

Enfin, malgré une diminution spectaculaire de la mortalité liée au VIH à l'échelle globale (- 35% depuis 2005), le nombre de décès est en augmentation ces dernières années en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Europe de l'Est et en Asie centrale. 

La tuberculose demeure par ailleurs la principale cause de mortalité chez les personnes atteintes du VIH.

 

Traitement

Simplifier la prise en charge pour traiter le plus grand nombre

On ne guérit pas du VIH mais, grâce aux traitements antirétroviraux (ARV), il est possible de stabiliser la maladie et de vivre plus longtemps en meilleure santé. 

Après avoir montré qu'il était possible, début 2000, de donner un accès aux antirétroviraux dans les pays en développement, MSF a progressivement mis au point, dans les zones de forte prévalence de la maladie, des modes de traitement et de suivi qui permettent de prendre en charge le plus de patients possible, et de s'assurer que leur traitement est efficace.

Les stratégies de simplification du traitement ont fait leurs preuves. Le dépistage précoce, la délégation des tâches vers du personnel moins qualifié, l’initiation du traitement par des infirmiers, un suivi des patients plus proche de chez eux, une supervision régulière et la provision de conseil par du personnel non-médical et/ou d’autres patients, permettent le traitement du plus grand nombre sans que la qualité des soins en soit réduite. Une étude menée en 2013 par Epicentre à Chiradzulu, au Malawi, a ainsi montré que dans ce district, où MSF et le ministère de la Santé ont progressivement mis en oeuvre ces stratégies depuis 2001, 66% de la population séropositive avait accès aux ARV, et 91% des patients sous ARV présentaient une charge virale indétectable. Aussi, le taux d'incidence (le nombre de nouveaux cas de VIH pour 100 habitants et par an) était de  0,4, ce qui montre une épidémie en passe d'être contrôlée.

Les programmes de MSF pour le VIH/sida comportent généralement des activités d'éducation et de sensibilisation pour prévenir la propagation du virus, des distributions de préservatifs, des dépistages du VIH, le traitement et la prévention des maladies opportunistes (notamment la tuberculose), la prévention de la transmission mère-enfant, l'accès à des traitements antirétroviraux, et le suivi régulier du patient afin de s'assurer qu'il suit correctement son traitement, et que le virus n'est pas dévenu résistant aux molécules utilisées.