Après dix ans d'une mobilisation internationale sans précédent ayant permis la mise sous traitement de plus de 5 millions de personnes (ONUSISA 2010), la lutte contre le VIH/sida a semblé marquer le pas en 2009. Les principaux financeurs ont stoppé l'accroissement des financements alloués.
Parallèlement, les chiffres de la pandémie de sida ne décroissent pas : 33 millions de personnes infectées dans le monde. Et les traitements sont encore loin d'être disponibles pour l'ensemble des malades qui en ont besoin. Dans les pays en développement, 7 millions de personnes n'ont toujours pas accès à un traitement antirétroviral (ARV).
Le VIH ou virus de l'immunodéficience humaine appartient à la famille des rétrovirus. Deux types de VIH (VIH 1 et VIH2) ont été isolés chez l'homme. Le VIH s'attaque progressivement à nos défenses en infectant massivement le système immunitaire qu'il finit par détruire.
La caractéristique de cette infection est qu'elle évolue de façon progressive : il peut s'écouler plusieurs années avant que la maladie ne se déclare. Quatre stades cliniques de l'infection VIH ont été définis par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le syndrome d'immunodéficience acquise (sida) étant le dernier stade de l'infection.
En 2010, MSF a traité plus de 160 000 patients atteints du VIH/sida dans une vingtaine de pays.
Causes
Une évolution lente
Le VIH se transmet via le sang et les fluides corporels - généralement sur une période de trois à dix ans - causant le syndrome d'immunodéficience acquise, ou sida. Dans un premier temps, le virus pénètre dans la cellule et infecte les lymphocytes CD4 entraînant leur destruction accélérée. Le système immunitaire est affaiblit graduellement.
Ensuite, l'évolution de l'infection entraînant l'affaiblissement du système immunitaire, plusieurs infections opportunistes (appelées ainsi parce qu'elles profitent de l'incapacité progressive de l'organisme à se défendre) peuvent se développer. Certaines peuvent être traitées, mais d'autres, telle la tuberculose, sont mortelles.
Les modes de transmission du VIH
La transmission sexuelle est la plus fréquente. La transmission sanguine peut s'effectuer chez les utilisateurs de drogues intraveineuses (partage et réutilisation de seringues contaminées), mais aussi lors de transfusions ou de piqûre accidentelle (chez le personnel médical). La transmission de la mère à l'enfant peut s'effectuer au cours de la grossesse et/ou au cours de l'accouchement et au cours de l'allaitement maternel.
Diagnostic
Le diagnostic de l'infection VIH est fondé sur la détection des anticorps anti-VIH dans le sérum. Cette approche diagnostique est considérée dans la plupart des cas comme la plus appropriée.
Dans le cadre du suivi thérapeutique des patients infectés, il s'agit de surveiller régulièrement la capacité du patient atteint à se défendre en évaluant, par des tests, les cellules infectées (les lymphocytes CD4). Cette surveillance permet de déterminer le stade clinique du patient et de déterminer ou non de la nécessité d'entamer un traitement.
Epidémiologie
33 millions de personnes séropositives dans le monde
Avec 33 millions de personnes séropositives estimées dans le monde, le VIH/sida continue de faire des ravages, particulièrement dans les pays d'Afrique subsaharienne qui concentrent une très large majorité de décès et des nouvelles infections.
Si ces dernières années la réponse internationale a nettement évolué afin de permettre la prise en charge des malades, les traitements sont encore loin d’être disponibles pour l’ensemble des malades qui en ont besoin.
Chaque jour, le VIH infecte plus de 6 800 personnes dans le monde et plus de 5 700 personnes meurent du sida, essentiellement parce qu’elles n’ont pas un accès correct aux services de prévention et de traitement de l’infection VIH.
Traitement
Prendre en charge le plus de patients possible
Aujourd'hui, on ne guérit pas du sida mais, grâce aux traitements antirétroviraux actuels, il est possible de stabiliser la maladie et de vivre plus longtemps en meilleure santé. A un certain stade de la maladie, lorsque les CD4 diminuent sensiblement et que la charge virale augmente, l'équipe médicale propose au patient séropositif un traitement antirétroviral.
Après avoir montré qu'il était possible, début 2000, de mettre en œuvre les antirétroviraux (ARV) dans les pays en développement, MSF a développé, dans les zones de forte prévalence, des modes de traitement et de suivi qui permettent de prendre en charge le plus de patients possible.
Les programmes de MSF pour le VIH/sida comportent généralement des activités d'éducation et de sensibilisation pour prévenir la propagation du virus, des distributions de préservatifs, des dépistages du VIH encadrés par un entretien avant et après le test, le traitement et la prévention des maladies opportunistes (notamment la tuberculose), la prévention de la transmission mère-enfant et des traitements antirétroviraux pour les patients à un stade avancé de la maladie.
Les tentatives de simplification du traitement des patients sont plus que jamais d'actualité. Il s'agit de décentraliser et simplifier les protocoles de soins, transférer des compétences, débuter le traitement plus tôt, utiliser de nouveaux outils de suivi biologique, avoir accès à de nouvelles molécules provoquant moins d'effets secondaires...

