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THAILANDE > ACTUALITE

28 décembre 2009

Quand MSF dénonçait le rapatriement forcé des Hmongs vers le Laos

Les 4 000 Hmongs restant dans le camp de Huai Nam Khao dans la province de Petchabun en Thaïlande sont en train d'être expulsés par les autorités thaïlandaises vers le Laos, sans qu'aucune organisation tiers ne soit présente. MSF, qui avait quitté le camp en mai 2009 suite à des pressions militaires, avait dénoncé cette politique de rapatriement forcé. 

>> Ecoutez  l'interview de Marie-Pierre Allié, présidente de Médecins Sans Frontières, publiée sur Lemonde.fr

Les 4 000 Hmongs restant dans le camp de Huai Nam Khao dans la province de Petchabun en Thaïlande sont en train d'être expulsés par les autorités thaïlandaises vers le Laos sans qu'aucune organisation tiers ne soit présente. MSF qui avait quitté le camps en mai 2009 suite à des pressions militaires, avait dénoncé cette politique de rapatriement forcé
Le camp de Huai Nam Khao où MSF a travaillé jusqu'en mai 2009, vidé par les militaires thaïlandais qui expulsent 4000 Hmongs vers le Laos. MSF a, à plusieurs reprises, dénoncé ces renvois forcés.
© Francesca Di Bonito

L'expulsion des 4 000 hmongs, ayant fui le Laos pour trouver refuge dans le camp de Huai Nam Khao en Thaïlande, est la résultante d'un accord bipartite entre le gouvernement laotien et thaïlandais signé en mai 2007.

Ces deux gouvernements avaient réaffirmé leur volonté de rapatrier tous les Hmongs au Laos avant la fin 2009. Le gouvernement thaïlandais refuse de reconnaître les Hmongs du camp de Huai Nam Khao comme réfugiés. Il les considère comme des immigrants illégaux dont le rapatriement ne constitue pas une violation de la législation internationale.

Seule organisation humanitaire internationale présente dans le camp depuis juillet 2005, MSF avait dénoncé à plusieurs reprises cet état de fait, demandant l'arrêt de ce processus de rapatriements forcés qui s'était d'ailleurs accéléré en décembre 2008, à raison de 200 expulsions chaque mois.

Considérant ces populations comme vulnérables, MSF avait demandé au gouvernement thaïlandais d'engager un processus d'examen des cas individuels, sous le contrôle d'un organisme tiers indépendant et reconnu, tel que le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (UNHCR).

 

Cet organisme aurait pu en effet évaluer la légitimité de la crainte des populations hmongs à retourner au Laos, où elles se disent persécutées, et prendre en compte leur demande de statut de réfugié et de protection.

 Force est de constater que ces rapatriements se font sans aucune surveillance. On ne peut donc vérifier le caractère volontaire de ces retours ni la sécurité des rapatriés à plus long terme
Dr Marie-Pierre Allié, Présidente de MSF.  

Selon le droit international, des individus craignant pour leur vie ou leur sécurité ne  peuvent être rapatriés de force. En outre, tout rapatrié doit pouvoir bénéficier de garanties quant à sa sécurité. Aucune de ces deux conditions n'a été remplie pour les réfugiés du camp de Huai Nam Khao.

« Nous souhaitions aussi qu'une organisation tiers internationale puisse évaluer les zones de retour et l'assistance offerte au Laos. Là aussi, force est de constater que ces rapatriements se font sans aucune surveillance. On ne peut donc vérifier le caractère volontaire de ces retours ni la sécurité des rapatriés à plus long terme», constate le Docteur Marie-Pierre Allié, présidente de Médecins Sans Frontières.

Malgré les demandes répétées, y compris de MSF et de l'UNHCR, le gouvernement thaïlandais a toujours refusé qu'un processus d'examen des cas individuels soit engagé sous l'égide d'un organisme indépendant avant tout rapatriement.

Quant au gouvernement laotien, il a toujours interdit l'accès aux organisations non gouvernementales et internationales dans les zones du Laos où sont rapatriés les Hmongs.

Après quatre années de présence dans le camp, MSF avait mis un terme à ses activités en mai 2009, en raison de pressions exercées par l'armée thaïlandaise sur les Hmongs mais aussi d'entraves croissantes aux activités menées par MSF (accès aux soins, accès à la nourriture) ayant pour conséquences d'accentuer les pressions exercées sur les réfugiés pour les pousser au retour.

MSF a apporté une assistance médicale et sanitaire aux réfugiés hmongs du camp de Petchabun entre juillet 2005 et mai 2009. Durant toute cette période, MSF était la seule organisation internationale présente et pouvait potentiellement témoigner  de la situation dans le camp.

Lire notre dossier complet de mai 2009

COMMENTAIRES
silakan
08 janvier 2010 - 17:43- email
Merci à MSF d' avoir officiellement dénoncé ce rapatriement. Qu'en est-il du sort de ces familles ( souvent avec enfants) ? MSF peut-il faire un suivi de ces personnes à l' avenir incertain ? La réintégration avec un travail est-elle possible ? Que font les organismes internationaux ( HCR,Unicef,...) sur ce dossier? On souhaite des infos rapidement ,sinon c' est l'oubli...
Isabelle/MSF
05 janvier 2010 - 10:37
Bonjour Nathalie, nous avons également essayé, à plusieurs reprises depuis mai 2007 (date de signature de l'accord entre le Laos et la Thaïlande sur les rapatriements) de faire pression sur le gouvernement thaïlandais afin qu'il accepte qu'une organisation indépendante telle que le HCR puisse intervenir dans le processus de renvoi. Nous avons également rencontré des diplomates français, américains ou de l'Union européenne. On ne peut pas dire que certains n'aient pas essayé de leur côté de faire entendre également la cause des Hmongs mais ce fut sans succès. Maintenant qu'ils sont au Laos, il est évidemment trop tard et pour ce qui est de notre intervention côté laotien, cela fait plusieurs fois que nous tentons d'obtenir l'autorisation pour intervenir dans la zone de retour. Là encore, c'est pour l'instant sans succès. Isabelle. Chargée de communication
nathalie
29 décembre 2009 - 12:14
J'ai, comme bien d'autres,depuis plusieurs années écrit à nos différents hommes politiques, journaux... pour interpeller le gouvernement français et le parlement européen sur les réfugiers hmongs en thaïlande et ceux toujours coincés dans la jungle du laos. Efficacité = zéro (qq questions écrites au gouvernement vites oubliées par tous...) La cause hmong n'est pas "porteur" auprès du grand public et de nos hommes politiques en terme de retombées immédiates. Donc maintenant qu'ils sont au Laos...? loin de tout organisme international... que les projecteurs de l'actualité vont vite se détourner vers d'autres drames... Est-ce utopique d'envisager une mission MSF auprès de cette population au laos? ??? Nathalie


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